Dernière heure, volume 1

Notre avis : Le Japon est en guerre contre des ennemis inconnus. Tous les vendredis, deux lycéens d’une île isolée doivent partir combattre. Les éditions Akata dévoilent le premier volume de Dernière heure – signé –  qui met en scène le quotidien de ses adolescents ayant cette épée de Damoclès au-dessus de leur tête.

Depuis 5 ans, le Japon est en guerre. Une guerre très lointaine pour l’île isolée où vit Saku Futami, Aoshima. Comme tous les matins d’école, il se lève, mange la même chose, part sur le même sentier pour rejoindre le collège. Aujourd’hui, ce grand sportif entre en troisième année.

Dans le hall, il découvre les disciplines (mathématiques, sport, histoire-géo) mais une nouvelle est apparue : guerre ! Pourquoi cela ? Il ne saisit pas trop cette notification. Il croise alors Reina Shinokawa, une nouvelle élève qui arrive de Tokyo pour fuir les combats. Dans cet établissement, elle dépareille : blessée au visage, elle ose dire qu’elle n’aime pas ce collège.

Dans le cours de Monsieur Kuma, l’ambiance est lourde. Il leur apprend une mauvaise nouvelle : chaque vendredi, pendant la cinquième heure de cours, deux élèves seront envoyés à la guerre ! C’est à ce moment-là qu’une bombe pourtant lointaine tombe sur Tokyo et fait voler les vitres de la classe. Le professeur indique Reina comme combattante. Saku n’est pas d’accord et se désigne à sa place. Etonnament, Kuma explique que Miyako et lui sont épargnés par les désignations. Pourquoi ? Personne ne le sait…

Prépublié dans la revue Young Ace des éditions Kadokawa Shoten au Japon depuis 2014, Dernière heure est un excellent manga mêlant le fantastique et le drame. Le récit de est fort et accrocheur. Il faut peu de temps à la mangaka pour faire basculer son histoire dans l’irréel et la guerre. Dès les premières pages, l’auteur de Les Enfants Loups  – qui sera adapté en film d’animation par Mamoru Hosoda – imprime du mystère autour de l’ennemi du Japon mais aussi autour des deux élèves qui sont épargnés par cette épée de Damoclès. Les questions se posent mais pour l’instant dans ce premier volume, les réponses sont en suspend.

En choisissant ce ressort narratif (la désignation de futurs guerriers), elle revisite le mythe de la Grèce Antique : Thésée et le minotaure. Le Roi Midas sacrifiait 7 jeunes femmes et 7 jeunes hommes tous les ans pour expier le crime de son fils en les envoyant dans le fameux labyrinthe de Dédale où se cachait la bête fabuleuse. Dans Dernière heure, pas de Minotaure mais la Guerre contre un ennemi invisible et des désignations iniques. Comme Thésée, Saku tentera de prendre la place de Reina, en vain.

Le rythme est lent et permet de faire monter la tension au maximum avant le départ pour Tokyo. Les relations entre les élèves apportent aussi une dose de suspense. Prévue en 4 volumes, la série bénéficie de tout le talent de dessinatrice de . Son trait est aéré et d’une belle sensibilité, ce qui tranche avec la propos du récit.

  • Dernière heure, volume 1/4
  • Auteure :
  • Editeur : Akata, collection L
  • Prix : 7.95€
  • Parution : 22 juin 2017
  • ISBN : 9782369742050

Résumé de l’éditeur : Cela fait cinq années que le Japon est en guerre. Mais Saku, jeune collégien, ne le réalise pas vraiment. Vivant sur une petite île isolée, son quotidien n’est synonyme que d’ennui, entre les cours et la frustration de repas trop sommaires. Pourtant, tandis que les affrontements semblent s’intensifier, une terrible nouvelle vient bouleverser sa vie et celle de ses camarades : désormais, chaque vendredi, certains d’entre eux seront appelés à aller se battre sur le front. Tous, sauf Saku et Miyako, son amie d’enfance, exemptés sans savoir pourquoi de partir à la guerre…

Streamliner #1 – Bye-bye Lisa Dora –

Notre avis : Propriétaire d’une station essence dans une zone désertique autant par la population que par le climat, Evel O’Neil y vit avec sa fille, Cristal. Sur cette route 666 perdue au cœur de l’Amérique, le paternel cuve quotidiennement son whisky dans son bombardier vieux de 15 ans, témoin de son parcours à la guerre. Nous sommes en 1963, et O’Neil n’est pas de ceux qui ruminent cette traumatisante période en la noyant dans l’alcool. Le mal est tout autre pour cet ancien champion de course automobile version Streamliner. Victime d’un grave accident avec sa voiture, la black widow, alors qu’il venait d’avoisiner les 500 km/h, c’est bel et bien là que son existence a pris un véritable tournant et qu’il ne s’en est jamais remis.

Une aubaine se présente à lui quand débarque dans sa station Billy Joe. Un chef de bande qui vient remettre son titre en jeu en Streamliner, ce défi sur route qui ne contient qu’une unique règle, aller plus vite que son adversaire. O’Neil comprend vite que ses terres vont devenir un endroit idéal pour faire revivre cette course mythique et chère à tous ceux dont les moteurs puissants, la vitesse, et leur nom gravé sur la Winchester en guise de trophée, sont de véritables obsessions.

Cristal, quant à elle, ne voit pas d’un bon œil l’arrivée massive de cette communauté transpirant la sueur, la violence, et dont la vie ne dépend que de la bonne tenue d’un véhicule ultra-trafiqué. Elle, qui « maintient » son père en vie, sent qu’il va lui échapper. Sa seule alternative pour le protéger est de lui donner elle-même ce qui lui a échappé il y a quelques années.

Billy Joe reste le personnage principal de ce premier opus. On comprend peu à peu qu’il ne s’est pas retrouvé sur cette route désaffectée par hasard. Lui qui, gamin, était fan d’O’Neil, donne l’impression qu’il n’a jamais cru tous ceux qui le déclaraient mort. Billy est l’instigateur de cette course, et tout ce qu’elle implique : des acteurs secondaires hauts en couleur, l’intervention soudaine des médias pour couvrir ce qui va être un événement, et bien évidemment, les autorités.

Si l’on n’est pas adeptes de voitures, de courses extrêmes, ou de protagonistes sans aucune morale, il ne faut surtout pas passer son chemin pour autant ! Tant vous serez surpris par ce qu’a produit ‘Fane avec Streamliner. Ce féru de motos qui lui a permis de reprendre le célèbre Joe Bar Team, retrouve un univers qu’il maîtrise parfaitement.

Sa justesse graphique est impressionnante au fur et à mesure que défilent les pages. Chapitré et découpé tel un comics, le premier tome de ce diptyque est un vrai régal visuel. Il faut y ajouter la parfaite colorisation d’Isabelle Rabarot. Que ce soit pour les scènes de flashback, d’essais de piste voire d’interviews télévisées, chacune d’entre elles est si bien différenciée qu’on s’y retrouve en un clin d’œil.

Pour ce qui est du scénario ‘Fane est tout autant inspiré. Dans la même lignée que Petites Éclipses (One shot écrit à quatre mains avec Jim, que la rédaction avait placé à la première place lors d’un Top consacré à l’auteur d’Une nuit à Rome), tout est à sa place. L’ossature du récit donne corps à plusieurs protagonistes qui ont tous un réel intérêt. La dynamique de l’histoire ne s’essouffle jamais tant subsiste cette folle énergie jusqu’à la dernière image. Sans oublier l’humour qui le caractérise avec certaines cases quasi identiques où seul un geste change et suffit à provoquer le rire du lecteur  (pour preuve, aux pages 31 et 32). Ainsi, maintenant que le décor est bien planté, la suite peut démarrer sur les chapeaux de roues.

Comixtrip avait présenté antérieurement à la sortie de cette nouvelle série de ‘Fane, les quinze meilleures bandes dessinées consacrées à l’automobile. Avec le deuxième tome qui devrait passer la vitesse supérieure, Streamliner pourra incontestablement figurer dans ce top !

  • Streamliner, tome 1 : Bye-bye Lisa Dora
  • Scénariste : ‘Fane
  • Dessinateur : ‘Fane
  • Coloriste : Isabelle Rabarot
  • Éditeur : Rue de Sèvres
  • Prix : 22,50 €
  • Parution : 19 avril 2017
  • ISBN : 978-2-369-81555-6

Résumé de l’éditeur : Une route désaffectée en plein désert, une vieille station service, et de la poussière au loin… Lorsque Billy Joe poussera la porte de chez les O Neil, plus rien ne sera comme avant. Cuir, santiags, carabine et Ford V8, le chef des Red Noses attend du monde. Ce qui va devenir la plus grande course sauvage de tous les temps aura lieu ici. Une course, jusqu’à la mort… À l’appel du plus éminent gang du pays, des dizaines de « voyous » du volant et autres fous de vitesse se retrouvent en plein désert pour une gigantesque course clandestine dont le vainqueur se verra traditionnellement élu « chef de meute » pour un an. Billy Joe, ténébreux leader des Red Noses, a jeté son dévolu sur une petite station-service en léthargie pour remettre son titre en jeu. Ses cuves pleines de carburant, ses quelques aménagements de « confort », les hectares de pistes arides qui l’entourent, propriété du vieux O Neil et de sa fille, en font l’endroit idéal… Malheureusement, ce site perdu, jusque-là négligé de tous, sera bientôt dans le collimateur des autorités et des médias……et la Station « LISA DORA » deviendra le théâtre des pires dérapages…

Tenjin, le dieu du ciel, volume 1

Notre avis : Qui n’a jamais rêvé de piloter un avion ? Riku aimerait marcher dans les pas de son père disparu dans Tenjin le dieu du ciel, un manga agréable et sympathique de Yoichi Komori et Tasuku Sugie.

Japon, il y a plus de 10 ans. Sugisaki, apprenti pilote de chasse, ne répond plus. Il s’est évanoui. Son avion tombe dangereusement vers la ville. Sakagami, pilote instructeur, vole à côté de lui pour tenter de le réveiller. En vain. Après cet échec, le pilote aguerri disparait.

Riku, le fils de Sakagami le sait : il veut marcher dans les pas de son père. Il faut souligner qu’il a été formaté depuis sa plus tendre enfance par ce père qu’il considérait comme un héros. L’homme lui raconta même la fameuse légende de Tenjin, divinité; celui qui règne en maître sur le ciel mais que personne n’a jamais vu sauf les pilotes décédés.

C’est le grand jour pour l’adolescent : il est accepté dans les Forces d’auto-défense aériennes japonaises pour devenir pilote. Agé de 19 ans, il fait rapidement la connaissance des sergents Kôjirô et Nao mais aussi des lieutenants Ichirô et Takayuki…

Prépublié au Japon depuis 2013 dans la revue Jump Live des éditions Shûeisha, Tenjin est une série qui plaira aux adolescents férus ou non d’aviation. En effet, si le domaine des pilotes de chasse est prégnant, il n’est qu’un prétexte pour conter un récit initiatique fort.  Yoichi Komori imagine l’histoire de Riku à la destiné toute tracée : suivre les pas de son père disparu (mort ?  on ne le sait pas vraiment) mettant sur sa route des obstacles qu’il doit franchir : des camarades voire des instructeurs parfois désagréables. La valeur essentielle de ce manga somme toute classique reste l’élévation dans la hiérarchie militaire et sociale par le mérite.

En plus de cela, le scénariste met en scène un oncle Kong et sa petite amie Nozomi, un brin décalé et à la marge. Vivant en caravane pour présenter leur show aérien, ils laissent planer le doute dans la tête de Riku concernant son père.

L’histoire est donc efficace sans révolutionner le genre comme la partie graphique signée Tasuku Sugie. C’est propre, c’est rythmé et cela fonctionne bien.

  • Tenjin, le dieu du ciel, volume
  • Scénariste : Yoichi Komori
  • Dessinateur : Tasuku Sugie
  • Editeur : Kana
  • Prix : 5.45 €
  • Parution : 16 juin 2017
  • IBAN : 9782505069225

Résumé de l’éditeur : Riku Sakagami est fils et petit-fils de pilotes militaires. Il rêve, lui aussi, de manoeuvrer un avion de chasse ! A l’école de formation, dès le premier vol, Riku fait la preuve d’aptitudes innées exceptionnelles. Ce qui n’échappera pas à ses instructeurs mais également à Hayari, la meilleure recrue de l’école, qui pourrait bien voir en lui un rival !

Venemum, la grande histoire du poison

Notre avis : En guise de catalogue d’exposition, le Musée des Confluences de Lyon propose Venenum, la grande histoire du poison signé Fabien Toulmé.

A Lyon, dans le Musée des confluences, se tient l’exposition Venenum, un monde empoisonné (du 15/04 au 13/04/18). « Le poison évoque une double ambiguïté : il est à la fois une substance originellement présente dans le milieu naturel mais également une mixture préparée à des fins criminelles, qui en fonction de la dose, pourra être mortelle ou salvatrice. »

Pour accompagner l’événement, l’établissement privé a fait appel à Fabien Toulmé pour mettre en image l’exposition. L’auteur des merveilleux albums coups de poing Ce n’est pas toi que j’attendais et Les deux vies de Baudoin (Delcourt) s’attèle à cette tache qui n’est pourtant pas des plus simples : raconter l’histoire du poison à travers les âges.

Pour cela, il n’hésite pas à mettre en scène sa famille (sa femme Patricia et ses deux filles Louisa et Julia) autour d’une table pour le repas. Il compose son album de courts chapitres :

  • Les empoisonneurs à travers les âges… Le poison étant considéré comme « l’arme des sans armes » c’est à dire des religieux et des femmes, par oppositions aux hommes qui combattent. De Circée la magicienne à Agrippine, en passant par les Borgia, Valentine Visconti ou encore Marie Besnard, les femmes sont au cœur des grandes affaires d’empoisonnement.
  • Les poisons dans la nature. Fabien Toulmé revient sur les notions de vénéneux et venimeux. Il parle des champignons, des plantes  et des animaux.
  • Le poison et ses usages. Quoique l’on en pense, des codes ont été souvent établis autour des poisons. Des chasseurs indiens, des hommes de la Préhistoire au gaz moutarde, tout n’était pas possible. Il revient aussi sur les affaires Litvinenko (agent secret russe), Ianoukovitch (président ukrainien) ou Markov (dissident bulgare).
  • Dans le poison, le remède… Fabien Toulmé explique que le poison à faible dose est aussi un remède pour guérir.

Venenum la grande histoire du poison : si l’album est didactique – il est très documenté – il n’en est pas du tout rébarbatif grâce à un humour distillé par Fabien Toulmé. A toutes les pages, dans chaque vignette, il apporte une touche par son dessin ou un dialogue très décalé, un peu comme Pénélope Bagieu a pu le faire dans ses deux volumes de Culottées : cela fonctionne, c’est très drôle. Cet angle devrait être plus souvent utilisé dans les formes de transmission du savoir, cela serait plus efficace qu’il simple livre enchainant dates et anecdotes.

  • Venenum la grande histoire du poison
  • Auteur : Fabien Toulmé
  • Editeur : Musée des confluences / Lyon BD
  • Prix : 15.95€
  • Parution : 22 juin 2017
  • ISBN : 9782954714899

Résumé de l’éditeur : Le mot latin venenum désigne aussi bien les poisons élaborés par l’homme que les substances vénéneuses des plantes et des champignons ou encore le venin du serpent mais également une « drogue » qui peut tuer ou guérir. Saviez-vous que le poison était utilisé pour la médecine, la chasse, la pêche, la guerre, pour des rituels … et même en politique? Que Circé avait commencé sa « carrière » d’empoisonneuse en tuant son mari, épaulée de loups et de lions eux aussi ensorcelés ? Que la purée de brocolis, contre toute attente, n’était PAS un poison ? Connaissez-vous la différence entre venimeux et vénéneux ? Après une visite au Musée des Confluences de Lyon, Fabien Toulmé sait dorénavant tout sur les poisons, leur histoire, leurs formes et leurs usages, et le raconte dans cet album, un condensé d’humour et de vulgarisation scientifique !

L’une pour l’autre

Notre avis : Après Ce qui se passe dans la forêt qui nous avait laissé une forte impression, Hilding Sandgren poursuit les aventures des trois adolescentes dans L’une pour l’autre, un roman graphique subtil aux éditions çà et là.

Le lecteur retrouve donc Aïda, Tess et Marlène, les trois amies de l’ouvrage précédent. Elles ont grandi, sont maintenant de vraies adolescentes de 16 ans, plus enfants mais pas encore adultes. Comme à son habitude, Marlène prend sa petite moto pour aller chez Tess où arrive aussi Aïda. Daniel et sa femme – les parents de Marlène – aiment retrouver les amies d’enfance de leur fille, c’est toujours une joie pour eux.

Ces moments entre elles sont du domaine de tous les possibles : amitié, tensions et même amour. Il y a aussi les garçons, la cigarette et les relations avec les parents.

Comme pour son précédent album, Hilding Sandgren nous enchante avec des histoires simples mais d’une grande justesse d’observation. L’auteure suédoise transcende dans L’une pour l’autre ces moments touchants, forts parfois sans intérêt mais qui font l’adolescence. Sa narration lente se fonde sur une grande connaissance de cette période si délicate de l’adolescence. Pays plus ouvert, la Suède fait valser les préjugés et Sandgren le restitue très bien dans son ouvrage.

Si certains pourront penser que cela est futile, trop lent et sans intérêt, c’est qu’ils n’ont pas compris le sens qu’a voulu donner Sandgren à son album : décrire à un instant T des émotions d’adolescentes suédoises.

L’auteure, qui participa aux Concerts de dessin en janvier dernier (Hommage à Hermann), est d’une grande discrétion et timidité et c’est aussi ce qui transparait dans ses ouvrages : de la simplicité, de la fraîcheur, de la douceur malgré les obstacles.

L’une pour l’autre est donc un album important dans le catalogue çà et là. On attendra avec impatience le prochain récit de Hilding Sandgren, une auteure à part mais majeure de la bande dessinée suédoise au même titre de Anneli Furmark. Décidément, la Suède est une terre riche et originale dans le monde du 9e art.

  • L’une pour l’autre
  • Auteure : Hilding Sandgren
  • Editeur : çà et là
  • Prix : 20€
  • Parution : 12 juin 2017
  • ISBN : 9782369902393

Résumé de l’éditeur : Aïda, Marlène et Tess forment un trio inséparable depuis des années. L’été de leurs seize ans s’installe, les trois amies vont à des fêtes, donnent un coup de main dans une écurie et rêvent de pouvoir rouler à toute allure sur les routes cabossées de leur petit village suédois. L’amitié suit son cours, faite de regards silencieux, sans questions ni réponses… Dans cette suite de Ce qui se passe dans la forêt, Hilding Sandgren décrit les émotions qui forgent l’amitié, les défis qui la mettent à l’épreuve et les événements qui ébranlent parfois un univers. C’est l’histoire d’une résistance qu’on ne choisit pas, mais qui s’impose. Ce moment douloureux où, jeté hors de l’enfance, on n’est pas encore autorisé à entrer dans le monde des adultes. Lorsqu’on croit déjà savoir qui l’on est, sans en avoir le coeur net.

Panthers in the hole

Notre avis : En février 2016, Albert Woodfox fut enfin libéré des geôles américaines après avoir passé 44 ans de sa vie enfermé. Pour célébrer cette événement, les éditions La Boîte à Bulles rééditent Panthers in the hole, un album de Bruno et David Cénou, paru initialement en 2014.

En 2014, cela faisait donc 42 ans que Albert Woodfox et Herman Wallace étaient placés en isolement dans la prison américaine d’Angola. Cette incarcération arbitraire est contée dans Panthers in the hole. Les 3 d’Angola n’en n’étaient pas au même stade à cette date.

Robert King a été relaché en 2001 mais lui aussi a subi les mêmes humiliations que ses camarades encore enfermés. Il a passé son enfance à la Nouvelle-Orléans dans les années 40. Issu d’une famille pauvre, ayant des difficultés pour se nourrir, il sera pris, malgré lui, dans une première histoire le menant en prison en 1961. Voulant venir en aide à un homme ivre, ses amis et lui-même sont arrêtés injustement par des policiers blancs. Ces derniers n’ayant pas de suspect dans une de leurs affaires, en fabriquent un de toute pièce en arrêtant de jeunes noirs. L’homme et les témoins étaient complices pour « nettoyer les archives » policières.

Robert sera libéré sur parole en 1965. Cette incarcération sera la première d’une longue série, passant la majeure partie de sa vie en prison. Marié et futur père, il est de nouveau en prison jusqu’en 1969. L’année suivante, les policiers trouvèrent, comme par magie, l’arme qui servit à un vol à main armée dans la maison du jeune noir. Il fut encore accusé et atterrit de nouveau dans la prison d’Angola.

Herman Wallace et ses complices attaquèrent la National Bank of Commerce. Pour 60 000 dollars, ils furent condamnés à 50 ans de travaux forcés. Après une cavale de 3 ans à Pensacola, il fut incarcéré à Angola. Là, il y rencontrera un premier groupe de Black Panthers, dont la conscience politique les menaient à prendre les armes contre l’oppresseur blanc.

Albert Woodfox s’évada d’une prison de Thibodaux mais il fut rattrapé. Lors de son procès, il faussa compagnie à ses geôliers. A Harlem, il commença à tracter pour les Black Panthers. C’est à cause de cette orientation politique qu’il sera arrêté et jeté en prison.

En 1972, lors d’une émeute à la prison, un gardien de 23 ans, Brent Miller fut poignardé sauvagement. 4 suspects furent condamnés sans preuve…

Le récit bouleversant de Bruno Cenou, dont c’est le premier scénario, met admirablement en scène la vie des 3 détenus les plus célèbres d’Angola. Utilisant Robert King comme narrateur, il permet au lecteur de bien ressentir les émotions du prisonnier. Choisissant cette histoire extraordinaire, tel un polar, l’auteur livre la vérité de l’homme libéré en 2001. Pourtant le dossier semblera avoir été monté de toutes pièces et fondé sur des témoignages fantaisistes. Le jury composé uniquement de blancs condamna alors facilement les 3 pour le meurtre du jeune maton. Sans preuve, l’enquête ne sera abandonnée qu’à la libération de King. Wallace, Woodfox et King seront placés en isolement uniquement pour leur militantisme en prison. En effet, Burl Cain, le directeur passera outre la décision de justice dans ce domaine.

Si King est libéré en 2001, il faudra attendre 2013 pour que Wallace sorte, uniquement pour raisons médicales. Trois jours après sa libération, il meurt des suites d’un cancer du foie. Woodfox, quant à lui, a été libéré il y a un an. Malgré un comité de soutien important et la voix de Teenie Rodgers, la veuve du gardien de prison, les reconnaissant innocents, il en resta toujours en prison plus longtemps que ses deux camarades. Cet album fait donc œuvre de plaidoyer pour faire reconnaître l’innocence des 3 d’Angola. Le trait en noir et blanc teinté de gris, de David Cenou est parfaitement juste pour décrire le quotidien d’enfermement des personnages principaux. L’auteur du sublime Mirador tête de mort et de Un juste rend leur condition un peu plus humaine.

Un dossier préparé par Amnesty International est adossé à la fin de l’album afin de comprendre au mieux cette affaire.

  • Panthers in the hole
  • Scénariste : Bruno Cénou
  • Dessinateur : David Cénou
  • Editeur : La Boîte à Bulles, collection Contre-Coeur
  • Prix : 17€
  • Parution : 28 juin 2017
  • IBAN : 9782849532850

Résumé de l’éditeur : Activistes et membres des Black Panthers, Robert Hillary King, Albert Woodfox et Herman Wallace se sont engagés pour la défense des droits humains au sein même de leur centre de détention, en Louisiane. Ils furent tous les trois placés à l’isolement en 1972 après avoir été – a priori – injustement accusés du meurtre d’un gardien ; le plus « chanceux » des trois, Robert King a été libéré en 2001. Herman Wallace aura, lui, peu profité de sa liberté puisqu’il est décédé le 4 octobre 2013, soit 3 jours à peine après sa remise en liberté. Albert Woodfox, après plusieurs révisions de son procès, a enfin été libéré, le 19 février 2016 après 43 années passées à l’isolement.

Lulu et son dragon, tome 1 : L’île de Zygo

Notre avis : Une nuit, la petite Lulu réalise son rêve : rencontrer et voler avec un dragon qui l’emmènerait sur son île. Ingrid Chabbert et Cédrik Le Bihan dévoilent le premier volume de Lulu et son dragon, une série jeunesse fantastique éditée par Jungle.

Lulu n’est pas une petite fille comme les autres : elle aime les dragons – sous toutes leurs formes – et rêve de voler avec eux. Tous les jours, elle parle d’eux à ses parents ou à ses camarades à l’école, mais ils n’en peuvent plus : les dragons ça suffit !

Un après-midi dans son jardin, elle dessine l’un d’entre eux : vert, moustaches bleues, toutes petites ailes rouges et tacheté de couleurs. Mais un orage éclate, elle se réfugie chez elle, laissant derrière elle son dessin. Comme par magie, son image prend vie !

La nuit suivante, la créature fabuleuse frappe à la fenêtre de sa chambre. Étonnamment Lulu n’a pas peur. Après les présentations d’usage – il s’appelle Zygo – ils partent tous les deux. Accompagnés de sa sœur Styl, ils survolent la ville, l’océan et arrivent sur une île fabuleuse…

Après le premier tome de L’étrange boutique de Miss Potimary (avec Séverine Lefèbvre) mais aussi Tine & Junior (avec Brice Follet), Ingrid Chabbert plonge le jeune lecteur dans une histoire fantastique. Et encore une fois, c’est réussit ! Pour Lulu et le dragon, elle imagine une petite fille férue de dragon rencontrant une de ses idoles. Quand le rêve devient réalité, cela donne un récit agréable où tout est possible.

Animal fantastique par excellence et vénéré en Asie, il attire les jeunes enfants comme un aimant. Il est gros, il vole, il crache du feu et il est très fort. Tout pour plaire aux petits garçons comme aux petites filles.

Tel les films L’histoire sans fin (réalisé par Wolfgang Petersen en 1984) ou Peter et Eliott le dragon (réalisé par Don Chaffey en 1977), la scénariste de Ecumes imagine une très belle amitié entre ses deux protagonistes. Dans son récit initiatique (un beau voyage), il y a de la douceur et de l’optimisme (pas de bagarre pour régler les problèmes) et peu d’obstacle hormis un dragon ronchon qui ne veut pas d’humain sur son île.

Ingrid Chabbert sait s’entourer de très bons dessinateurs et de dessinatrices (Carole Maurel, Severine Lefèbvre, Brice Follet ou Cécile). Encore une fois, elle fait équipe avec un auteur de talent. Cédrick Le Bihan n’a publié que 3 albums pour l’instant. Tout jeune dans le monde du 9e art, il a mis en image Le tueur du Bois Mesdames (avec Sébastien Viozat chez Même pas mal) et a participé à un collectif Contes et légendes des régions de France : Nord-Pas-de-Calais en 2013 chez Soleil.

Pour Lulu et son dragon, il réalise des planches d’une grande chaleur et douceur. Son trait à la palette numérique tout en rondeur est agrémenté de couleurs pétillantes. Ses dragons sympathiques très colorés semblent venir tout droit de L’île aux enfants (la série jeunesse de Christophe Izar).

Cédrick Le Bihan est un dessinateur à suivre ! Les premières indiscrétions sur sa future série Mulo avec Olivier Pog sont alléchantes (parution en août chez Dargaud). Comixtrip en reparlera.

  • Lulu et son dragon, tome 1 : L’île de Zygo
  • Scénariste : Ingrid Chabbert
  • Dessinateur : Cédrick Le Bihan
  • Editeur : Jungle
  • Prix : 9.95€
  • Parution : 21 juin 2017
  • IBAN : 9782822215817

Résumé de l’éditeur : Lulu est une petite fille qui a une seule et grande passion : les dragons ! Elle aime plus que tout les histoires de dragons, les peluches en forme de dragons, les imprimés dragons et surtout… dessiner des dragons. Un jour, un orage éclate alors que Lulu est en train de réaliser son plus beau dessin. L’encre et les couleurs coulent au sol : quel gâchis ! La nuit-même quelque chose toque à la fenêtre de Lulu. Elle manque de tomber à la renverse : le dragon de son dessin a pris vie, grandeur nature ! Il s’appelle Zygo et il est très sympa. Pris d’amitié pour la petite fille, il l’emmène à la découverte de l’île des dragons.

 

Silencieuse(s)

Notre avis : Elles sont nombreuses, ces femmes, a avoir été harcelées dans la rue, dans une boutique, au travail ou dans les transports en commun. Sibylline Meynet adapte avec justesse le texte de Salomé Joly, Silencieuse(s).

Jeune étudiante de 21 ans, Salomé Joly a décidé de consacrer son travail de maturité (son mémoire) au harcèlement des femmes qu’elles subissent au quotidien. La Genevoise en 2e année de Droit à l’Université explique son attirance pour ce sujet brûlant et encore trop tabou, parce qu’elle s’est intéressée au féminisme en Suisse et que dès qu’elle a parlé de ce sujet du harcèlement aux femmes autour d’elle, les langues se sont déliées. Questionnaire distribué et dépouillé, elle découvre que ce phénomène dégradant est très fréquent. A partir de ces écrits, elle a décidé d’imaginer un journal intime fictif.

Par la suite c’est Sybilline Meynet qui s’est intéressé à son travail et a surtout voulu l’adapter en bande dessinée. Les deux jeunes femmes se comprennent vite – elles ont à peu près le même âge – et la collaboration est efficace. Il ne restait plus qu’à trouver un éditeur; ce sera Perspective Art9 (association qui a notamment publié Le galop du silence de Derib ou Le cercle des rois de Daniel Koller). Le trait de l’auteure est doux et tranche avec les moments sombres subis par ces jeunes femmes.

Entre Mahé qui prend un café en terrasse et est interpellée par un conducteur de voiture pour montrer ses jambes, Zoé qui est harcelée par la main d’un inconnu sur son genou dans le métro ou Julie dont des ouvriers de chantier lui demandent de passer la nuit avec eux, tout est là, simple, sourd mais très désagréable. Si ces hommes sont balourds, misogynes, souvent en mal être, voulant se faire voir par les autres, rien ne justifie leurs actes odieux !

Après Les crocodiles de Mathieu Thomas (un projet développé par Le Lombard), Silencieuse(s) poursuit ce combat hautement important (pas que symbolique) pour la dignité des femmes.

Et si on mettait Silencieuse(s) entre les mains des hommes ? En tout cas, on peut le faire chez les adolescents, c’est à ce moment-là que tout se joue. Cet album est idéal pour cela !

Silencieuse(s) aurait pu faire partie de notre Top 10 des bandes dessinées sur le féminisme.

  • Silencieuse(s)
  • Auteure : Sibylline Meynet d’après le texte de Salomé Joly
  • Éditeur : Perspective 9art
  • Prix : 14,95€
  • Parution : 01 juin 2017
  • ISBN : 9782372450331

Résumé de l’éditeur : Chatte à talon! Des mots crachés comme ça. A son passage. Mais elle a fait semblant de ne rien entendre. Comme toujours. Avec le recul, ce n’est pas grand-chose… Elle pourrait même trouver la formule assez drôle. Sauf qu' »Elle », c’est Anaïs, Mahé, Zoé, Julie. C’est la copine, la fille, la soeur, la petite amie. C’est vous. C’est moi. Et surtout, c’est banal. Au point qu’elle troquera sa jupe contre un pantalon. Pour ne plus être résumée à un sexe offert à qui veut. Salomé Joly, l’auteur de l’histoire distillée dans ces pages, sait de quoi elle parle. Même si ce n’est pas son histoire. Issue d’un travail de maturité rendu sous forme de journal intime afin de mieux retranscrire le mal-être de celles qui l’ont vraiment vécu, cet ouvrage répond juste à un rêve: que l’on arrête de trouver normal ce qui ne l’est pas.

Croquemitaines tome 2

Notre avis : La tension est à son comble dans ce deuxième tome de Croquemitaines et l’on s’en délecte jusqu’à la dernière page.

Vous vous souvenez surement de notre article sur le premier tome. Non ? c’est une erreur que vous pouvez corriger ici. Mais on vous pardonne et on vous offre une petite séance de rattrapage.

Les croquemitaines sont des personnages que seuls les enfants ou les âmes simples peuvent voir. Ils se nourrissent de vos peurs et de vos cauchemars pour devenir plus puissants, et peuvent murmurer à vos oreilles pour que vous commettiez les pires atrocités. L’un d’eux pourtant, le Père-La-Mort, à décidé de ne plus être ainsi et de veiller sur un petit garçon, Elliott, dont les parents viennent d’être assassinés par un des pantins des croquemitaines, qui sont en traque des anciens pour une « purge ».

Ce tome 2 reprend à un moment critique de la fuite du Père-La-Mort pour protéger Elliott qui se retrouve dans une guerre terrifiante et fascinante avec les pires créatures de la nuit et cette aventure va le changer à jamais.

Mathieu Salvia et Djet signent ce second tome chez Glénat Comics et nous font passer un message : les monstres, ça n’existe pas que dans la tête des enfants…

  • Croquemitaines, livre 2
  • Auteurs : Mathieu Salvia et Djet
  • Éditeur : Glénat Comics
  • Prix : 17,95€
  • Parution : 31 mai 2017
  • ISBN : 9782344018736

Résumé de l’éditeur :
Passionné de lecture, Elliott a toujours eu une préférence pour les histoires de Croquemitaines, ces créatures monstrueuses qui, la nuit, se cachent dans l’ombre ou sous le lit pour effrayer les petits enfants. Il n’imagine pas à quel point elles vont changer sa vie… Témoin du meurtre sanglant de ses parents, il va découvrir qu’en réalité, les Croquemitaines existent bel et bien et que des codes très précis régissent leur existence. Lorsque l’un des plus puissants d’entre eux, le « Père-la-mort », se met en tête de le protéger, Elliott va se retrouver plongé dans un terrible conflit au cœur d’un univers aussi terrifiant que fascinant et dont il devient l’enjeu principal. Par une sombre nuit orageuse, le destin d’Elliott va s’accomplir…

Ani no senaka

Notre avis : Keiichirô a perdu sa femme. Il vit maintenant avec Yuki, le frère de la défunte, qui éprouve de nombreux sentiments pour lui. Waka Sagami imagine cette relation tabou dans Ani no senaka, un manga pour un lectorat averti.

Depuis que sa sœur est décédée il y maintenant trois ans, Yuki continue de vivre sous le même toit que Keiichirô son beau-frère. Le jeune lycéen est vraiment dévoué à cet homme qu’il adore. A la maison, il s’occupe de tout : linge, repas et nettoyage. Il faut souligner qu’il est redevable envers sa sœur qui l’a élevé à la mort de leurs parents.

Malgré les cours – il est bon élève – il arrive toujours à faire de la maison un endroit chaleureux. Mais, au fond de lui, il reste chez eux parce qu’il est attiré par Chirô, il l’aime…

D’une grande originalité dans la thématique – tabou pour le moins – Ani no senaka est un one-shot yaoi très agréable à la lecture. Prépublié par Chara Selection des éditions Tokuma Shoten au Japon en 2013, le récit de Waka Sagami est d’une grande douceur, sans heur et d’une grande justesse de ton.

Si la relation ambigüe se dévoile devant les yeux des lecteurs, la mangaka parle aussi d’absence, de mort et de deuil. Elle ose même une transmission de Yuki vers Chirô voulue par la défunte. Se comportant comme une seconde épouse, l’adolescent n’est pas pour autant une femme (malgré ses traits fins). Il est avant tout redevable, mais ses sentiments pour son beau-frère, le troublent. Malgré la lourdeur du passé et de la mort, l’amour peut triompher.

Ce manga d’une belle lenteur (voulue par son auteure) et la bienveillance des deux personnages principaux en font un récit attachant et accrocheur.

  • Ani no senaka
  • Auteur : Waka Sagami
  • Editeur : Taifu Comics
  • Prix : 8.99€
  • Parution : 26 mai 2017
  • ISBN : 9782375060520

Résumé de l’éditeur : Dans ce monde, il y a des amours qui ne peuvent être vécus… Yuki vit avec Keiichirou, le mari de sa soeur décédée. Il est tombé amoureux de ce dernier la première fois que leur regard se sont croisés, mais a toujours pris grand soin de cacher ses sentiments. Depuis la mort de sa soeur, Keiichirou semble ressentir une profonde tristesse. Un jour, il prend Yuki dans ses bras et lui demande de ne pas le laisser. Ce tragique événement risque-t-il de changer la relation qui s’était instaurée entre les deux hommes ?

Wonder Woman Rebirth Année Un

Notre avis : Les origines de Wonder Woman par Greg Rucka et Nicola Scott sont un véritable chef d’oeuvre qui s’inscrit dans la continuité de la saga DC Rebirth, publié par Urban Comics.

Wonder Woman Rebirth fait donc partie de la nouvelle saga de DC Comics Rebirth, dont l’article se trouve ici. Pour vous en faire un rapide résumé, sachez que depuis le mois dernier, nous sommes dans l’ère de Rebirth, c’est-à-dire dans l’ère d’une Renaissance chez DC Comics. Les univers de beaucoup de personnages vont être chamboulés, à commencer par notre amazone favorite.

Superman et elle formait le couple le plus glamour de toute la sphère super-héroique. L’Homme d’Acier et la Princesse de Themyscira vivaient leur idylle heureux, jusqu’à ce que Superman perdent ses pouvoirs, s’éloigne peu à peu de Diana, (attention pour ceux qui n’ont pas lu Rebirth : Spoiler Alert) et qu’il meurt récemment sous les yeux de sa belle.

Vous l’aurez compris, c’est donc une période importante et troublante pour notre héroïne préférée, et vous pouvez suivre ses aventures dans les nouveaux épisodes de la saga Rebirth, qui commence par ses origines (oui même si on vous en a déjà parler ici ou encore ) qui sont toujours bien à rappeler et qui va vous assurer une bonne compréhension dès le départ pour suivre avec attention la belle Wonder Woman !

Enfin sachez que le film est sorti très récemment (et fait un carton au box-office) et que vous pouvez dès maintenant pré-commander la version DVD ou Blu-Ray du film ou encore sa version collector avec une splendide figurine de la plus belle de toutes les guerrières.

  • Wonder Woman Rebirth
  • Auteurs : Greg Rucka et Nicola Scott
  • Editeur : Urban Comics
  • Prix : 15,00 €
  • Parution : 9 juin 2017
  • ISBN : 9791026811336

Résumé de l’éditeur :
Il y a cinq ans, le monde a découvert les premiers super-héros avec Batman et Superman, mais rien ne les préparait à l’arrivée de Diana, la princesse amazone de Themyscira ! Ayant accompagné l’agent de l’A.R.G.U.S. Steve Trevor dans ce qu’elle appelle « le monde des hommes », elle se voit attribuée le pseudonyme de Wonder Woman et rencontre ses premiers ennemis !

Street fighting cat, volume 1

Notre avis : Les éditions Doki Doki ne savaient pas comment remplacer Sun-Ken Rock qui prenait fin. Elles ont enfin trouvé : Street fighting cat, les chats les plus badass de la bande dessinée imaginés par SP Nakatema.

Toutes les nuits, lorsque les humains s’endorment, dehors, la guerre des chats fait rage. Gagner du terrain pour régner en maître ! Hige et Torao sont de ceux-là. Ils le savent, un jour, ils seront les rois du monde…

Pourtant, un an plus tard, Hige n’est plus rien. Surnommé le Tocard, il se retrouve parmi les moins que rien, tout en bas de la hiérarchie féline. En revanche, tout va pour le mieux pour Torao : il est le chef d’une bande de chats dévoués. Il se permet même de souvent frapper son ancien camarade. Il faut souligner qu’encore une fois, il a perdu tous ses combats contre 5 adversaires coriaces qu’il avait défié.

Il le sait, il n’a pas respecté le Code d’honneur des chats et donc ne peut plus faire partie de la bande…

Au Japon, les chats sont de véritables divinités. Il était donc normal que les mangakas s’intéressent à eux. Après Desperate housecat et Co (Akata), Le club des chats (Misma), Kuro un coeur de chat (Kana), Sa majesté le chat (Doki Doki) ou Chi une vie de chat (Glénat), plutôt félins mignons et gentils (même s’ils peuvent faire quelques bêtises), il y a maintenant Street fighting cat : des chats à qui il ne faut pas la faire à l’envers !

Véritables guerriers des rues, ils n’hésitent pas à se battre contre d’autres hordes pour gagner des parcelles de terrain. Le récit de SP Nakatema met donc en scène les rixes ultra-violentes entre ses félins qui semblent si inoffensifs lorsqu’ils sont tranquillement à la maison. Ces bagarres et la hiérarchisation des groupes apportent néanmoins de l’humour et c’est ce qui est étonnant ! Notre côté voyeur et sadique est flatté !

Ils sont régis par un Code d’honneur très strict : 10 articles qui permettent de vivre et de combattre ensemble. Du comportement face aux humains au non-alignement avec l’ignoble Gon, en passant par l’utilisation des griffes ou la revendication des territoires, tout est pensé !

Le découpage imprime un rythme fou à ce premier volume, plutôt réussi. Les silhouettes des chats et leurs expressions de visage sont hilarantes. A découvrir !

  • Street fighting cat, volume 1
  • Auteur : SP Nakatema
  • Editeur : Doki Doki
  • Prix : 7.50€
  • Parution : 05 juillet 2017
  • ISBN : 978-2-81894-186-7

Résumé de l’éditeur : Les chats passent en mode badass ! La nuit, quand les humains s’endorment, les chats prennent possession des rues et des toits et passent en mode badass ! Poussés par leurs instincts ancestraux, les chefs de bande défendent ou agrandissent leur territoire à coups de griffes et de crocs pour écarter les plus retors des chats de poubelle ! Suite à une rencontre inattendue, Hige, un matou errant tombé tout en bas de l’échelle sociale féline, se retrouve entraîné dans le tourbillon des rivalités entre les clans qui règnent sur les différents quartiers. Ne manquez pas cette délirante série de bastons de chats qui feraient passer un yakuza pour une fillette !