Orcs et Gobelins, tome 1 : Turuk

Dans l’univers des Terres d’Arran, Jean-Luc Istin dévoile le premier volume de Orcs et Gobelins, un troisième arc narratif mis en image par Diogo Saito.

Après Nains (10 albums), et Elfes (20 albums), le scénariste imagine de nouvelles aventures à ses créatures fabuleuses. Prévue en cinq tomes, ce nouvel arc n’aurait pas été assez étoffé s’il n’avait parlé que des Orcs, c’est pourquoi il les a couplé avec les Gobelins.

Pour ce premier opus – Turuk – l’auteur de Androïdes (Soleil) met en scène un semi-orc plutôt beau gosse et plus intelligent que ses congénères. N’ayant aucun scrupules, il pourra laisser pour mort ceux qui l’auront aidé dans sa propre survie.

Si les ressorts narratifs de cet album sont des plus classiques, ils sont néanmoins d’une belle efficacité. Sans révolutionner le genre, Jean-Luc Istin happe le lecteur par une histoire rythmée, une aventure de tous les dangers.

Alors qu’il ne sait pas pourquoi il se retrouve sur cette île, Turuk devra se défaire d’étranges zombies – les anciens habitants ? – avec ses compagnons d’armes mais aussi une elfe qui fut leur geôlière.

Pour l’accompagner au dessin, Istin a fait appel à Diogo Saito qui réalise de belles planches. Ses orcs sont à la fois élégants mais arborent des trognes qui peuvent faire peur. Ses scènes de combats sont très réussies. Le petit bémol : les couleurs sépia trop fades lorsque Turuk se remémore sa captivité avec l’Elfe. Ce traitement chromatique pour indiquer le passé aurait nécessité un peu plus de peps.

  • Les Terres d’Arran, Orcs et Gobelins, tome 1 : Turuk
  • Scénariste : Jean-Luc Istin
  • Dessinateur : Diogo Saito
  • Editeur : Soleil
  • Prix : 14.95€
  • Parution : 25 octobre 2017
  • IBAN : 9782302063839

Résumé de l’éditeur : Arran accueille une nouvelle saga Fantasy après Elfes et Nains. Découvrez Orcs et Gobelins ! L’orc Turuk se réveille, sonné, blessé et amnésique. Il arpente les rues d’une cité abandonnée. A l’exception d’un mystérieux archer cherchant à l’épingler et de créatures craignant la lumière qui veulent le dévorer. Qui sont-elles ? Pourquoi cherche-t-on à le tuer ? Qu’est-il arrivé dans cette ville ? Et que fait-il ici ? Pourtant, il ne faudrait pas s’éterniser, la nuit arrive et la mort avec…

Les dragons de Nalsara, tome 1 : L’île aux dragons

Un trio d’auteurs – Marie Hélène Delval, Pierre Oertel et Glen Chapron – dévoilent le premier volume de leur série fantastique Les dragons de Nalsara, un album BD Kids.

Paraissant dans le magazine Astrapi tous les mois, Les dragons de Nalsara est une sympathique série fantastique. En effet, quelque fois – mais pas assez souvent à notre goût – les éditions BD Kids se tournent vers ce genre littéraire et c’est toujours une réussite (L’école de Pan, Espions de famille ou encore Miss Peregrine et les enfants particuliers). C’est encore le cas avec ce premier volet de saga, qui est une déclinaison dessinée de romans écrits par Marie-Hélène Delval.

Si L’île aux dragons lorgne beaucoup vers des séries déjà bien installées (Chasseurs de dragons, Dragons…), elle reste néanmoins très agréable à la lecture. Des ressorts de narration classiques n’enlèvent pas le côté aventurier de la série. Antos le père est éleveur de dragons pour le roi ; ses enfants Nyne et Cham aimeraient marcher dans les pas de leur papa. En attendant, ils s’attachent de trop aux dragonnaux tout juste nés. Quel crève-cœur lorsque Hadal – premier valet du maître dragonnier de Nalsara – arrive pour récupérer les petits !

Construits en petits chapitres de 6 pages (comme l’exige la prépublication dans le magazine), les récits courts sont de qualité : bien écrits et surtout excellemment dessinés. Le gros point fort de la série est la partie graphique de Glen Chapron. L’auteur d’origine bretonne nous régale de ses planches aux couleurs chaudes.

  • Les dragons de Nalsara, tome 1 : L’île aux dragons
  • Scénaristes : Marie-Hélène Delval et Pierre Oertel
  • Dessinateur : Glen Chapron
  • Editeur : BD Kids, Bayard
  • Prix : 9.95€
  • Parution : 04 octobre 2017
  • IBAN : 9782747072380

Résumé de l’éditeur : Cham et Nyne sont les enfants d’Antos, le Grand Éleveur de dragons du royaume. Sur l’île aux Dragons où ils vivent, ces bêtes viennent pondre tous les neuf ans… Et c’est à eux trois d’élever les animaux éclos avant de les donner au roi ! Justement, les enfants vont assister à leur première éclosion. Et se découvrir en même temps d’étranges capacités… Au royaume d’Ombrune, les dragonniers utilisent leurs dragons pour protéger et servir le pays. Mais peu d’entre eux ont le pouvoir de communiquer avec eux… Or, ce pouvoir, Cham le détient. Sa soeur, Nyne, peut elle échanger avec les élusims, des créatures marines… Ces dons, les enfants les tiennent de leur mère, Dhydra, emportée depuis presque neuf ans par une tempête. Alors quand Cham et Nyne se rendent pour la première fois à Nalsara à l’occasion du jubilé du roi, c’est un rêve qui se réalise… Ils n’ont jamais quitté leur île et peuvent enfi n découvrir la capitale et le palais, en plus à l’occasion d’une grande fête ! Et, quand Cham a vent d’un complot contre le roi, il est prêt à tout pour protéger le royaume… Et faire ses preuves comme futur dragonnier !

Droit au but, tome 14 : En route pour la finale !

Comixtrip poursuit sa lecture de la série Droit au but dans l’univers du football et plus particulièrement de l’Olympique de Marseille. En route pour la finale est le quatorzième tome, scénarisé par Thierry Agnello et Charles Davoine et mis en image par Pedro Colombo et Jean-Luc Garréra.

Nous avions laissés Nino et son équipe (tome 13) dans les phases de poule de la Coupe du monde des clubs espoirs. Les voici en demi-finale contre les Bulgares du Levski Sofia. Ce match âpre et dur peut déjà mener l’équipe de Marseille en finale et peut être toucher le graal.

Mais rien ne se déroule comme l’adolescent l’aurait imaginé. Il pousse un adversaire, est expulsé et l’arbitre siffle un pénalty. Sofia égalise. Mais Kris redonne l’avantage par son but, ce qui permet à Marseille de se qualifier pour la Finale. En attendant, Nino est suspendu et décide de prendre des vacances…

Si les ressorts narratifs de l’histoire sont d’un grand classicisme – pas de révolution donc – c’est avant tout pour s’adresser au plus grand nombre (amateurs de bande dessinée, fan de foot, de l’OM et même les trois). Pour ce 14e opus, l’injustice frappe de nouveau le pauvre Nino qui semblait ne pas avoir volontairement accroché son adversaire. Il se videra la tête en allant à la pêche avec son grand-père. Faits de jeu, match à rebondissement et entraide sont au cœur de ce nouvel opus.

La partie graphique (crayonnés de Pedro Colombo et dessins de Jean-Luc Garréra) est simple et efficace, sans fioriture, faisant avant tout la part belle aux personnages sans trop s’encombrer de décors. En même temps, le plus important étant le ballon et les matchs !

  • Droit au but, tome 14 : En route pour la finale !
  • Scénaristes : Agnello et Davoine
  • Dessinateurs : Garréra et Colombo
  • Editeur : Hugo BD
  • Prix : 10.45€
  • Parution : 19 octobre 2017
  • IBAN : 9782755633245

Résumé de l’éditeur : Les jeunes de l’OM doivent terminer la coupe du monde des clubs qui se déroule à Marseille. Ils jouent en demi-fi nale contre le club bulgare du Levski Sofia. Nino brille, est expulsé injustement. L’OM gagne le match malgré tout, mais Nino est suspendu pour la finale. Nino décide alors de prendre quelques jours de vacances. Chez les minots, c’est la crise. Pepe, l’entraîneur, apprend à ses jeunes ouailles que personne n’est irremplaçable. Malgré tout, Kris, Zach et Adil décident de tout faire pour réparer l’injustice et lever la suspension de Nino. Ils déposent un recours auprès des organisateurs du tournoi, qui est rejeté… Après bien des péripéties, Nino finira par participer à la finale de ce Mondial et permettra à l’OM de l’emporter.

Les Sisters, tome 12 : Attention tornade

Alors que la série connaît une version télévisée (diffusée sur M6 depuis août de cette année), Les sisters sont de retour avec un douzième album avec toujours aux manettes Christophe Cazenove et William.

Marine et Wendy ont passé un été de rêve, elles sont allées aux Etats-Unis. C’est le cœur de ce nouvel opus mais aussi comme d’habitude les chamailleries énormes de deux sœurs (voir Supers Sisters).

Christophe Cazenove (Les petits mythos ou Le livre de Piik) n’épargne pas les Sisters. De la bataille de polochons-bataille navale au restaurant asiatique, en passant par Halloween, l’achat de glaces, aux feux tricolores, au vol en parapente ou l’achat d’un cadeau pour la fête de Marine, tout est bon pour faire rire les lecteurs.

Attention tornade bénéficie de l’apport humoristique du dessin de William. L’auteur de Tizombi (avec le même scénariste) réalise de très belles planches, ce qui change beaucoup des séries Jeunesse de gags en une planche que l’on peut voir d’habitude.

En même temps que paraît ce douzième opus, les éditions Bamboo dévoilent deux romans pour enfant issus de la série télévisée. Fort des 2,5 millions d’albums vendus, Les sisters ont donc été déclinées en animé sur M6. Dans la peau de ma Sister et Le nanimal de Loulou sont deux livres de 92 pages adaptés par François Vodarzac d’après les scénarios de Tony Scott et Pascal Mirleau d’après deux épisodes de la série.

  • Les Sisters, tome 12 : Attention tornade
  • Scénariste : Cazenove
  • Dessinateur : William
  • Editeur : Bamboo
  • Prix : 10.60€
  • Parution : 02 novembre 2017

Résumé de l’éditeur : The « tornades » go to the USA ! Cette année, les Sisters sont allées aux States et Wendy a tellement de choses à raconter à ses amies que l’année scolaire sera certainement trop courte ! Marine aussi à des choses à raconter, mais curieusement les souvenirs ne sont pas les mêmes (elles ont bien fait le même voyage, pourtant …). En tout cas, Wendy est sûre d’une chose : avec Marine, c’est plus qu’un voyage ! C’est une aventure !

L’oiseau de Colette

Après le merveilleux Louis parmi les spectres (avec Fanny Britt) qui avait enchanté l’ensemble de la rédaction de Comixtrip, Isabelle Arsenault imagine L’oiseau de Colette, une histoire de nouveau splendide.

Mile-End, quartier de Montréal. Colette vient d’emménager avec ses parents dans une petite maison mitoyenne avec un jardin. La petite fille est énervée, elle aurait voulu posséder un animal de compagnie mais ses parents ne veulent pas. En frappant dans un carton, un oiseau s’envole. Elle tente de le suivre et fait la connaissance de Albert et Tom, deux petits voisins. Elle leur explique que son oiseau – une perruche – s’est échappé. Ses nouveaux amis décident de l’aider dans sa recherche…

Avec L’oiseau de Colette, Isabelle Arsenault inaugure une nouvelle collection autour des huit enfants habitant le quartier de Mile-End (ceux que l’on découvre sur la couverture). Pour chaque enfant, la dessinatrice de Jane, le renard et moi (avec Fanny Britt, La Pastèque) imaginera une histoire avec une dominante chromatique différente. Il faut souligner que l’autrice montréalaise connaît bien ce quartier puisqu’elle y vit avec son mari et ses deux enfants.

Ce premier volet de saga est coloré en bichromie noire et jaune, agrémenté de teintes grises. Le lecteur tombera sous le charme de ce dessin élégant, tout en douceur et où les protagonistes ont de grosses têtes toute ronde. Pour L’oiseau de Colette, le jeune lecteur découvrira que l’amitié est plus forte que les mensonges, mieux que les copains – pour faire plaisir et aider – s’engouffrent dans les délires imaginaires de la petite fille.

Construit comme une fable de répétition (comme dans Les musiciens de Brême…) où les strates s’accumulent lorsque Colette fait la connaissance de nouveaux enfants? Cette histoire plaira à coup sûr aux jeunes lecteurs.

Encore une formidable réussite d’Isabelle Arsenault qui commence à devenir une de nos autrices Jeunesse favorites !

  • L’oiseau de Colette
  • Autrice : Isabelle Arsenault
  • Éditeur : La Pastèque
  • Prix : 14€
  • Parution : 24 août 2017
  • ISBN : 9782897770150

Résumé de l’éditeur :

Pauvre Colette, récemment déménagée dans un nouveau quartier, sa mère lui refuse un animal de compagnie. Mais lorsqu’elle cherchera à se faire de nouveaux amis, ce sera grâce à une perruche… imaginaire!

The art of Wakfu, tome 3

Les éditions Ankama dévoilent le troisième volume de The art of Wakfu, un très beau livre autour de l’univers de la série animée créé par Toth.

A l’image de Dofus livre I ; Julith, les éditions Ankama publient un sublime livre de 272 pages pour la saison 3 de Wakfu, une série animée diffusée par Netflix et France 3. Elle est fondée sur le jeu vidéo éponyme qui fut imaginé par Toth (Anthony Roux).

Dans le livre, le lecteur peut découvrir :

  • quelques planches de story board d’épisodes,
  • un chapitre sur les Personnages et les créatures : Yugo le jeune orphelin épris d’aventures, Amalia la princesse capricieuse, Tristepin le chevalier, Evangelyne l’archère, Flopin, Elely la combattante, Bébé Percedal petit mais déjà très fort, Ruel le chasseur de primes radin ami de Yugo, Arpagone la femme de Ruel, mais aussi la famille royale Sadida, Goultard le guerrier, Poo, Toxine, Coqueline ou Dark Vlad,
  • un chapitre sur les Lieux et décors. Le lecteur trouvera notamment : la maison des Percedal, en bois toute ronde, elle sera détruite ; l’Arbre creux refuge de Tristepin ; le Paradis Iop ; le Royaume des vents ; le Royaume de Sadida ; Bonta où Ruel a grandi ou encore la Tour d’Oropo endroit où les héros doivent sauver Flopin et Evangelyne. Viennent ensuite les différents « niveaux » : Féca, Iop, Enutrof, Sadida, Sram ou Eniripsa (notez le jeu sur les noms en écrivant le mot à l’envers),

Sublime graphiquement – les auteurs ont choisi des recherches ou croquis et des mises en couleur magnifiques – l’album recèle de petits textes explicatifs de Toth, Julien Bachelot (directeur technique) ou encore Fabrice Nzinzi (réalisateur) qui apportent un vrai plus.

  • The art of Wakfu, volume 3
  • Auteur : Collectif
  • Éditeur : Ankama
  • Prix : 25.90€
  • Parution : 06 octobre 2017
  • ISBN : 9791033504740

Résumé de l’éditeur : Cet artbook bilingue français-anglais dévoile les coulisses de la saison 3 de Wakfu. Pour célébrer le retour de la série sur le petit écran, l’équipe de Wakfu s’est donnée corps et âme afin de vous faire vibrer. Les rebondissements en surprendront plus d’un et vous tiendront en haleine. L‘artbook vous révèlera les dessous et les secrets de cette nouvelle saison !

Cache-cache

Dans l’univers des bandes dessinées muettes, les éditions La Palissade dévoilent Les p’tits chats, une collection signée Terkel Risbjerg. Voici le quatrième opus : Cache-cache.

Un petit chat roux et un petit chat gris passent leur temps à chercher un chaton tout noir sous le tapis, sous le lit, dans la penderie ou dans les toilettes. A chaque fois qu’ils le retrouvent, il disparaît de nouveau…

Découvert par les deux très beaux albums édités chez Sarbacane (L’astragale, Le roi des scarabées avec sa compagne Anne-Caroline Pandolfo) et le sublime Perceval (édité par Le Lombard), Terkel Risbjerg ajoute une corde à son arc avec cette petite collection sympathique et intelligente Les p’tits chats. Loin de ses récits ado-adultes, il imagine une histoire très courte – 26 pages – idéale pour les non ou primo-lecteurs.

Ses vignettes grand format et pleine-page mettent en scène un dessin tout en rondeur, très coloré et très lisible. Trois personnages identifiables au premier coup d’oeil par leur couleur différente qui permettent aux jeunes lecteurs de les suivre facilement. Leurs grands yeux comme des billes et leurs larges bouches permettent à Terkel Risbjerg de donner plus d’expression à ses protagonistes.

La collection a fait peau neuve avec ce quatrième volume par une nouvelle maquette. L’auteur d’origine danoise qui habite Strasbourg depuis de nombreuses années fait aussi le pari de glisser des bulles avec à l’intérieur des dessins. Pas de textes ni de dialogues mais des illustrations pour orienter la lecture.

Dans les pas de Anuki (Frédéric Maupomé et Stéphane Sénégas), de Passe-Passe (Delphine Cuveele et Dawid) ou encore Petit Poilu (Céline Fraipont et Pierre Bailly), Les p’tits chats auraient pu grandement entrer dans notre Top 15 des BD Jeunesse muettes, tant la qualité narrative et graphique est au rendez-vous.

Toute jeune maison d’édition, La Palissade a été créée en 2013 par Loïc Limosin et Marie Queney. La structure rochelaise compte une petite trentaine de publications à destination du jeune public : livres Jeunesse dès 3 ans, dès 4 ans, dès 5 ans, dès 7 ans, des romans et des bandes dessinées (Les p’tits chats et The monkey family de Margo Renard qui en le feuilletant semble être un petit bijou).

  • Les p’tits chats, volume 4 : Cache-cache
  • Auteur : Terkel Risbjerg
  • Éditeur : La Palissade
  • Prix : 8.50€
  • Parution : 09 novembre 2017
  • ISBN : 9791091330428

Résumé de l’éditeur : Quatrième tome de la collection « Les ptits chats », des albums pour initier les plus petits à l’univers de la bande-dessinée à travers des bulles illustrées. Ici, les deux chats jouent à cache-cache avec un plus jeune, bien sûr ils ne réussissent pas toujours à le trouver et ils imaginent alors toutes les mésaventures qui auraient pu lui arriver.

Petit Robot

Une petite fille trouve un robot au bord de l’eau. Ensemble, ils vont vivre de belles aventures dans Petit robot, un formidable album de Ben Hatke aux éditions Frimousse.

Un pont au-dessus d’une rivière. Un paquet tombe d’un camion et se retrouve à l’eau. Une petite fille qui habite dans un mobilhome non loin de là découvre intriguée le colis. Elle l’ouvre, appuie sur un bouton sur le capot. Se déploie alors un petit robot aussi grand qu’elle. Lui apprenant à marcher, ils gambadent alors dans la campagne. Il apprend alors la vie au dehors, celle qu’il ne connaît pas. Mais à l’usine, tout s’affole : il manque un robot. Une terrible boîte de conserve intelligente jaune se met alors en marche pour le retrouver…

Comme à son habitude, Ben Hatke nous régale ! Après Zita la fille de l’espace, Personne n’aime les gobelins ou Jack le téméraire, les lecteurs français découvrent Petit Robot, un merveilleux album pour les plus jeunes. Avec peu de textes et des vignettes d’une grande lisibilité, même les non ou primo-lecteurs pourront savourer l’histoire. Il faut souligner que le dessin de l’auteur américain s’y prête magnifiquement : grandes cases, personnages identifiables facilement et décors a minima pour faire la part belle aux actions et aux émotions des protagonistes.

Avec Petit Robot, Ben Hatke met en scène ses thématiques de prédilection : l’amitié, l’entraide mais aussi le fantastique et la science-fiction. Souvent malmené et peu abordé par les auteurs pour le jeune lectorat, ce genre prend tout son sens sous la plume de l’auteur américain. Prétexte pour une belle aventure, avec des obstacles et de l’action, cette amitié petite fille / robot ravira toute la famille. Construit en petits chapitres comme une belle fable très moderne, Petit Robot est de nouveau un album majeur de l’auteur de Julia et les Monstres perdus.

Décidément, Comixtrip est toujours autant charmé par ses récits simples mais très universels. Après Dargaud ou Rue de Sèvres, Frimousse entre dans la danse avec la publication d’une histoire de Ben Hatke. Bravo à cette petite structure qui s’est lancée depuis peu dans la bande dessinée (Ultraviolette et Tine& Junior) et merci pour notre plaisir de lecture !

  • Petit Robot
  • Auteur : Ben Hatke
  • Editeur : Frimousse, collection BD Mousse
  • Parution : 12 octobre 2017
  • Prix : 16€
  • ISBN : 9782352413363

Résumé de l’éditeur : D’un côté, il y a une petite fille. Elle est bricoleuse et débrouillarde. De l’autre un petit robot tombé d’un camion… La rencontre a lieu et l’aventure commence. Il faut tout d’abord réparer ce petit robot qui visiblement est cassé. Mais heureusement la petite fille a de l’idée. Et les voilà bien vite à marcher tous les deux. Elle lui montre son univers. Mais à l’usine, les machines implacables donnent l’alerte. Il manque un robot… Bientôt, les deux amis jouent ensemble. Après une course dans la forêt, ils se retrouvent tous les deux face au grillage de l’usine et découvrent un énorme trou. Un énorme robot a pour mission de retrouver l’élément manquant. La course-poursuite entre les deux robots commencent. Et le duel est inégal. Petit robot se retrouve vite à l’usine, de nouveau prisonnier. C’est sans compter sur l’imagination bricoleuse de la petite qui va bien vite trouver la solution et libérer le petit Robot. Ils vont retrouver la liberté… et de nombreux amis, car la demoiselle n’a pas chômé. Elle a réparé et « redonné vie » à de nombreuses machines. La balade et la complicité entre la petite et le robot peut reprendre son cours…

Seule à la récré

Comment parler de harcèlement scolaire aux jeunes enfants ? Comment ne pas tomber dans la caricature et être efficace ? C’est le projet de Seule à la récré, un album signé Ana et Bloz.

Emma va tomber dans une spirale infernale, celle de l’élève humiliée, frappée et insultée. Sans grand pouvoir pour se libérer du joug de Clarisse, elle tente de faire bonne figure auprès de ses parents, de son institutrice, la directrice et pire de son bourreau. Plus on donne l’impression d’être faible et plus les brimades s’accélèrent.

En choisissant de conter les aventures de Emma dans un contexte d’école élémentaire, Ana et Bloz font un choix audacieux. Sujet contemporain tabou, il a plus souvent été abordé dans un univers adolescent (au collège ou au lycée, comme par exemple Les vestiaires de Timothé Le Boucher) mais peu par des auteurs francophones. Plus fréquente en manga (A silent voice ou encore Revenge classroom), cette thématique manquait chez les plus petits. Pour cela le duo d’auteurs tente d’apporter de l’humour – cela ne fonctionne pas toujours – afin de ne pas trop alourdir le sujet.

Le récit de Ana est fondé sur sa propre histoire. En effet, Anaïs est la fille du dessinateur – aujourd’hui âgée de 17 ans – et fut maltraitée par une autre élève entre le CP et le CE2.

Pour aider les lecteurs, un dossier est adossé à l’album et revient sur les caractéristiques du harcèlement, la victime, le harceleur, les témoins, les émotions ressenties, les conséquences, ce que dit la loi ou le cyber-harcèlement.

Seule à la récré : un album comme porte d’entrée pour dialoguer avec les autres, les adultes, entre enfants.

  • Seule à la récré
  • Scénaristes : Ana et Bloz
  • Dessinateur : Bloz
  • Editeur : Bamboo
  • Parution : 04 octobre 2017
  • Prix : 10.60€
  • ISBN : 972818942871

Résumé de l’éditeur : La vie pourrait être parfaite pour Emma. Mais voilà, il y a Clarisse. Et Clarisse lui fait vivre un enfer à l’école. Elle a même réussi à monter les autres élèves contre elle. Ses parents ne remarquent presque rien, si ce n’est son changement de comportement, et les maîtresses ne prêtent pas attention à ce que l’on pourrait prendre pour « des jeux », mais qui relève de quelque chose de beaucoup plus grave. Parfois drôle, tendre tout le temps et se basant sur leur propre expérience, Ana et Bloz composent un album engagé sur un problème de plus en plus fréquent de notre société.

La horde du Contrevent, tome 1 : Le cosmos est mon campement

Grand Prix de l’imaginaire en 2006, La horde du contrevent – une saga romancière de Alain Damasio – fait l’objet d’une adaptation dessinée par Eric Henninot.

Il a fallu six années à Eric Henninot pour réussir son entreprise : adapter en bande dessinée cette saga débutée par Alain Damasio en 2004. A grande force d’écriture et de réécriture, le dessinateur de Carthago (deux volumes avec Christophe Bec) a mis en image ce que d’aucun disait impossible. Il faut souligner que les romans parus chez La Volte sont très denses et très riches. Il a donc fallu à Henninot de repenser le scénario pour que celui-ci soit lisible en bande dessinée.

Il faut dire qu’ils sont 23 personnages avec chacun leurs caractéristiques à composer la 34e horde : de Golgoth le traceur à Boscavo Silamphre l’artisan du bois, en passant par Sov le scribe ou Caracole le troubadour. Il est donc délicat de décrire une si grand groupe sans délaisser aucun des protagonistes. Dans cette entité chacun à un rôle bien précis pour faire avancer et fonctionner la horde. Le groupe doit sortir pour parcourir le monde d’Ouest en Est pour atteindre la source de tous les vents, l’Extrême-Amont, pour qu’enfin les Hommes les domptent. Mais les lieux qu’il traverse sont balayés par des vents effroyables et forts. En marchant côte à côte, ils font bloc et avancent.

Eric Henninot réussit à faire ressentir ces vents à ses lecteurs par un dessin fort et délicat. Son trait réaliste et ses couleurs participent à ces sensations étranges. La grande force de la partie graphique réside aussi dans les décors, entre aridité et monde post-apocalyptique.

La horde du contrevent : un premier volume prometteur pour cette adaptation intelligente de l’œuvre de Alain Damasio.

  • La horde du Contrevent, tome 1 : Le cosmos est mon campement
  • Auteur : Eric Henninot d’après les romans de Alain Damasio
  • Editeur : Delcourt, collection Neopolis
  • Parution : 18 octobre 2017
  • Prix : 16.95€
  • ISBN : 9782756067261

Résumé de l’éditeur : Après une formation impitoyable, et alors qu’ils étaient encore enfants, ils ont quitté Aberlaas, la cité des confins. Leur mission : marcher d’ouest en est jusqu’à atteindre l’Extrême-Amont, source mythique du vent qui balaye leur monde jour et nuit, sans trêve ni répit. Ils sont la 34e Horde du Contrevent. Golgoth ouvre la marche ; derrière lui, Sov, le scribe, sur les épaules duquel l’avenir de la Horde tout entière va bientôt reposer…

Quatre jours de descente

Juré d’assises ce n’est jamais très simple lorsque l’on est désigné. Charles va en faire l’amère expérience dans Quatre jours de descente, un album de Bonne aux éditions Mosquito.

Voici un très bel album polar imaginé par Bonne. Dans la veine de 12 hommes en colère (la pièce de Reginald Rose), il met en scène Charles Myrmetz plongé dans le tourment de la machine judiciaire couplé à ses propres doutes. Très consciencieux -il note tout – il va néanmoins être pris dans un étrange tourbillon, voyant la scène du meurtre lorsqu’il rêve. Ce bon père de famille, ne sait plus top où il en est : cette affaire de meurtre lui revient comme un boomerang en pleine figure, la mort de son fils. Les doutes sur lui-même et sur la culpabilité du meurtrier ressortent en plein jour.

Bien écrit, sans temps mort, Quatre jours de descente, ravira les amateurs du genre. Pour que son histoire soit la plus réaliste possible, Bonne a soigneusement travaillé la psychologie de son personnage principal. Le lecteur entre même en empathie avec ce pauvre homme pris dans une machinerie infernale, un thriller psychologique fin.

Tels celles des illustrateurs de procès, ses planches en noir et blanc agrémentées de teintes de gris apportent de la force au récit et une ambiance encore plus pesante.

  • Quatre jours de descente
  • Auteur : Bonne
  • Editeur : Mosquito
  • Parution : 1er septembre 2017
  • Prix : 18€
  • ISBN : 9782352834465

Résumé de l’éditeur : Charles Mirmetz a été désigné comme juré dans un procès d’assise dans les années soixante. Homme scrupuleux, il se rend compte que le présumé coupable, qui risque sa tête, est innocent. Perturbé par cette découverte, il constate avec effroi que son propre passé remonte de manière fantastique… Quel lien a-t-il avec ce crime ?

Premiers pas

Attention petite pépite ! Victor Lejeune imagine Premiers pas, un album sur Ham, le premier chimpanzé envoyé dans l’espace. Etonnant et envoutant !

Ham – qui ne s’appelle pas encore ainsi – naît dans une forêt du Cameron dans les années 50. Capturé par des braconniers, il est vendu sur un marché à un zoo. C’est là-bas que des chercheurs de la Nasa le rachètent et commencent sur lui des expériences scientifiques en vue de l’envoyer dans l’espace, quelques minutes…

Diplômé de l’Ecole internationale de gravure de Florence (2006), Victor Lejeune poursuit ses études de graphisme à Saint-Luc à Bruxelles (en 2010). Son œuvre regorge de cosmonautes, de nature mais aussi d’animaux, comme dans Premiers pas, qui conjugue magnifiquement les trois aspects.

Animal très proche de l’Homme, le chimpanzé a toujours fait l’objet de recherches scientifiques. Avant de faire décoller un homme, la Nasa – qui hésita quand même un peu – décida de tenter l’aventure avec un singe. Dans l’album, le lecteur voit ainsi l’évolution de Ham mais aussi toutes les relations qu’il va tisser avec les chercheurs. Entre l’intelligence de ce singe et parfois la dureté des hommes, notre lecture est malmenée.

En choisissant la conquête spatiale, Victor Lejeune nous parle plus généralement de notre rapport à la faune et à la flore, mais aussi à l’esprit des sciences adapté au monde qui nous entoure. Ainsi, des questions plus larges – philosophiques et éthiques – se posent aux lecteurs.

Par cet album muet, l’auteur de Par le petit bout de la lorgnettes (Polystyrène) choisit une narration en chapitre jouant avec les époques historiques. Ainsi la naissance de Ham représente la Préhistoire, sa capture l’Antiquité, son arrivée dans les locaux de la Nasa la Renaissance… et ainsi de suite. L’existence du chimpanzé est ainsi mise en parallèle des temps historiques, des temps des humains.

Il faut être un grand auteur pour livrer un album sans texte mais compréhensible de tous. C’est le cas de Victor Lejeune ! Ayant choisi la gravure sur celluloïds, ses planches sont sublimes. Son trait en noir et blanc possède une vraie force graphique, quasi envoûtante. Parfois très réalistes, parfois justes évocatrices, ses grandes vignettes font mouche.

Avec Premiers pas, Victor Lejeune frappe un grand coup. Un auteur à suivre !

  • Premiers pas
  • Auteur : Victor Lejeune
  • Editeur : Atrabile
  • Parution : 22 septembre 2017
  • Prix : 19€
  • ISBN : 9782889230617

Résumé de l’éditeur : Les premiers pas du titre, ce sont ceux de Ham, le premier chimpanzé à être allé dans l’espace – un singe au destin hors du commun, né dans les forêts du Cameroun (au milieu des années 50), capturé par l’homme, vendu dans un marché à viande, puis à un zoo, avant d’être finalement racheté par la Nasa. Malgré un caractère difficile et tout d’abord peu enclin à la collaboration avec l’homme, Ham va s’avérer être le meilleur « sujet » du progrès Mercury, jusqu’à finalement être envoyé dans l’espace, le 31 janvier 1961. Chaque chapitre de Premiers Pas porte le nom d’une grande période de l’histoire de l’homme (Antiquité, Moyen-Âge, Renaissance, etc.), ce qui permet à l’évocation du destin de ce singe de résonner avec l’histoire de l’être humain dans sa totalité, conférant par là-même à l’oeuvre une dimension et une portée métaphorique riche. Pour traiter son sujet, Victor Lejeune a fait le choix de la gravure sur celluloïds, produisant ainsi des planches d’une grande force visuelle, des planches sans texte, alliant réalisme, sens du détail et de la composition, beauté formelle et surtout puissance d’évocation. Premiers Pas fait partie de ces premiers livres rares, ceux qui annoncent l’arrivée d’un auteur qui a déjà trouvé sa voix, et sur lequel il faudra désormais compter.