Souvenirs en bataille

Shikabane fut élevé par sa grand-mère, abandonné par son père et dont la mère n’a jamais donné signe de vie. Tout allait bien jusqu’au jour à la vielle femme commença à donner des signes de faiblesse mentale. Shikabane Sensei raconte son histoire dans Souvenirs en bataille, entre amour et Alzheimer, un manga Akata.

Grandir sans ses parents.
Vivre chez sa grand mère.
Être heureux même avec peu de moyens.
Devenir adulte. Vouloir construire sa vie.
Voir sa grand-mère perdre la tête.
Vouloir l’aider sans se rendre compte de ce que cela implique.

Je me retrouve de plus en plus dans ces mangas qui nous parlent de la vie. Shikabane Sensei témoigne du vieillissement et de la perte de lucidité, du besoin constant d’accompagnement. Sa grand mère est atteinte de la démence à corps de Lewy (DCL), qui est la seconde démence neurodégénérative la plus fréquente après la maladie d’Alzheimer. Mais au-delà de cette maladie, c’est aussi un regard sans concession sur lui, sur ses actions, sur sa façon d’être face à cette femme qui lui a donné tout ce qu’elle pouvait tout au long de sa vie. Une autobiographie aussi sous forme d’autocritique, c’est ce qui rend ce manga extrêmement touchant.

Pour ne pas plomber la lecture Shikabane Sensei joue également à petite dose avec l’humour.

Souvenirs en bataille : Un coup de cœur pour cette lecture intime touchante, forte et sensible. Une lecture qui nous fait aussi comprendre que nous faisons tous des erreurs et qu’il est toujours temps de les réparer.

À noter que jusqu’au 31/10/2021, pour chaque exemplaire vendu de Souvenirs en bataille, 5% du prix est reversé à l’association « Petits frères des pauvres » qui lutte contre l’isolement des nos aînés.

  • Souvenirs en bataille
  • Auteur : Sensei Shikabane
  • Éditeur : Akata, collection Large
  • Traduction : Alexandre Fournier et Isabelle Bovey
  • Prix : 8.05 €
  • Parution : 22 avril 2021
  • ISBN : 9782382120347

Résumé de l’éditeur : Shikabane n’a jamais connu sa mère. Abandonné par son père, c’est aux côtés de sa grand-mère qu’il vivait, enfant, dans la pauvreté. Mais grâce à la bonté de cette dernière, malgré un quotidien difficile et les propos blessants de ses camarades, il a réussi à grandir et se construire. Devenu adulte, il croyait enfin pouvoir profiter de la vie. Hélas, quand sa grand- mère semble montrer des signes de démence sénile, Shikabane perd pied et ne sait pas comment réagir.

Elio le fugitif

Elio le fugitif. Masami Hosokawa nous emmène dans l’Espagne du XIVème siècle. A peine sortie de prison, Elio vient en aide à une jeune noble condamnée à mort. De prisonnier, il devient fugitif et se trouve mêlé malgré lui aux jeux de complots politiques de cette Castille en proie à une loi catholique très stricte.

Lara Resmondo est une jeune femme de la noblesse. Sans soucis, plutôt douce. Rien à voir avec les complots qui bousculent la royauté castillane. Jusqu’au jour où on l’arrête pour meurtre. Condamnée à mort, elle pensait affronter la sentence avec fierté pour ne pas tâcher l’honneur de sa famille.

Hell Dorado est une prison atypique. On n’y exécute pas les condamnés à morts. Mais les prisonniers doivent s’entre-tuer. La promesse ? Le prisonnier qui remportera mille victoires aura l’amnistie. Elio est le premier à en sortir.

A peine dehors, il croise la route d’une condamnée à mort en larme. Il lui tend la main, sauve Lara et se mettent à fuir.

Mais le Royaume de Castille, dans une époque profondément catholique, ne fait pas de demi-mesure avec les criminels présumés. Ainsi, Baldo Garcia, prévôt en charge du sud de la Castille, n’a pas dit son dernier mot. Lara Resmondo la criminelle ne saurait souiller de son existence ces terres bénies de Dieu. Mais si seulement il était le seul… Lara, accompagnée d’Elio, entre brusquement dans la valse des complots royaux.

Politique et jeux de pouvoir dégringolent dans les bas fonds de la populace castillane. A coup de poing et de malice les deux fugitifs s’accrochent de toutes leurs forces à la vie.

Elio, le fugitif est un Shonen bien trempé. Solide, efficace, malin. Le héros, Elio, est un personnage sympathique, joyeux, qui ne se prend pas la tête. Et bien évidemment, d’une force de combat incroyable. Lara est une demoiselle en détresse, mais aussi une jeune fille plein d’énergie, intelligente, en évolution constante. Et sans faire la liste des antagonistes, ils sont tous plus intéressants les uns que les autres. De nombreux archétypes évoluent dans Elio, le fugitif mais ça n’en fait pas un moins bonne histoire. Ici, ils apportent une bonne solidité à ce premier tome d’une série de 5.

Masami Hosokawa nous décrit une Castille du XIVème avec finesse. Il nous emmène totalement là-bas, dans ce pays magnifique, et dans cette époque que l’on aimerait éviter. Même s’il se permet quelque extravagance historique – Hell Dorado… – l’ambiance castillane est bien présente : imposante et chaude tout en même temps.

Masami Hosokawa nous raconte tout cela avec un graphisme énergique, une belle maîtrise du mouvement et de la vitesse, des traits de personnages expressifs. Avec des traits doux et agréables. De plus, Masami Hosokawa nous offre une entrée en scène soignée de son héros, ce qui le rend tout de suite très intrigant et attachant.

Elio, le fugitif est un shonen, chez Glénat, testostéroné et intelligent. Un bonne lecture amusante et divertissante.

  • Elio, le Fugitif, tome 1/5
  • Auteur : Masami Hosokawa
  • Editeur : Glénat
  • Prix : 6,90€
  • Parution : 07 avril
  • ISBN : 9782344045510

Résumé de l’éditeur : Libéré de la sordide prison de Hell Dorado après y avoir vaincu mille prisonniers en combat singulier, Elio sauve Lara, une jeune fille de la noblesse sur le point d’être exécutée. Tous les deux partent en cavale, sans se douter que les origines cachées de Lara vont chambouler leur destin… Pour survivre, Elio doit fuir ! Le royaume de Castille, dans l’Espagne du XIVe siècle, théâtre d’un drame historique où combats et complots font rage !! Masami Hosokawa est un auteur déjà bien confirmé au Japon mais traitait jusque-là de thématiques furyo ou baseball. Pour sa première incursion dans un univers européen, il réussit le pari d’installer Elio, un personnage principal dans les codes du shônen dans une Castille médiévale où les mœurs sont bien différentes… De belles scènes d’actions et des personnages hauts en couleurs vous feront voyager en compagnie d’Elio et Lara dans cette série en 5 volumes.

Un coin d’humanité

Kek devient bénévole pour Les restos du cœur par l’entremise d’Arthur de Pins, l’auteur de Zombillénium. Il raconte son parcours dans Un coin d’humanité, une merveilleuse bande dessinée, pleine de cœur et de valeurs éditée par First.

Vous connaissez tous « Les Restos du Cœur » (Les Restaurants du cœur – Les Relais du cœur) cette association fondée par Coluche en 1985, qui à l’origine n’avait pas vocation à durer… Et pourtant…
À travers Un coin d’humanité, Kek nous fait véritablement découvrir l’association et son expérience en tant que bénévole sur le terrain.

Pas à pas, on entre dans un univers que l’on pensait connaître mais que l’on découvre véritablement en compagnie de ceux qui s’investissent au quotidien.

Avec ses chroniques, au jour le jour, l’auteur nous fait découvrir l’organisation, les difficultés, les bénéficiaires, les joies, les peurs, les maraudes, tout ce qui ne se voit pas et tous ceux qu’on ne voit pas.
Ces tranches de vies sont entrecoupées par de très belles aquarelles de Marielle Durand.

Une lecture qui nous fait, si ce n’est pas déjà le cas, prendre conscience de l’importance de la solidarité pour ceux qui en ont le plus besoin.

Chacun, à notre échelle, nous pouvons aider. C’est ce que fait Kek, au delà de son engagement comme bénévole, il reversera l’intégralité des ses droits aux Restos. Il en est de même pour la marge de l’éditeur.
Un coin d’humanité m’a touché, elle est belle, tendre et pleine d’humour.

Pour prolonger la lecture de Un coin d’humanité, vous pouvez parcourir notre entretien avec Kek, Marielle Durand et Arthur de Pins : interview proposée par Claire et Yoann.

  • Un coin d’humanité
  • Scénariste : Kek
  • Dessinateur : Kek et Marielle Durand
  • Editeur : First Editions
  • Collection : La vie en bulles
  • Prix :  14,95 €
  • Parution : 11 mars 2021
  • ISBN : 9782412066805

Résumé de l’éditeur : Les chroniques BD d’un bénévole aux Restos du Coeur. La totalité des droits d’auteur et de la marge de l’éditeur est reversée à l’association Les Restos du Coeur. On s’est tous paumé à un moment de notre vie, mais, pour certains, ce moment dure un peu trop longtemps. Pour ceux-là, 70 000 bénévoles aux Restos du Coeur sont présents toute l’année, pour la chaleur d’un repas, d’un échange ou d’une main tendue, à une époque où le social est un réseau distancié. Dans cet album, commencé pendant le temps suspendu du confinement du printemps 2020, Kek partage son expérience de bénévole, croquant au fil de ses chroniques des portraits attachants et bouleversants, remplis d’humour, de tendresse, et de bien plus qu’un coin d’humanité.

Kebek tome 2

Philippe Gauckler dévoile le deuxième volet de sa sublime saga de science-fiction Kebek, éditée par Daniel Maghen.

Dans le premier tome, nous avions quitté Roy Koks « LE témoin de tout ce bordel ! » mais également un des protagonistes de cette histoire, cramé par les flammes. Il n’y avait que peu d’espoir quant à sa survie.
Le premier des deux sarcophages découverts venait de libérer le corps d’un être humain, une femme revêtue d’une enveloppe en fibre de diamant noir.

Qui est cette « femme » ? Vient-elle du futur ? D’un autre monde ?

Par quel prodige Roy dit « Kebek » arrive à sortir vivant des flammes et sans aucune trace ? Vérité ou fiction ? Pourquoi l’armée a décidé de confisquer le second sarcophage ? Et qui y a-t-il à l’intérieur ? Quel dénouement pour cette histoire ?

Dès le premier tome, j’ai été embarqué par l’action rondement menée par Philippe Gaukler. Son histoire oscille entre polar et science-fiction et aborde les enjeux militaires, financiers, écologiques, mais également l’existence ou non de vie extraterrestre. Il nous entraîne dans son récit et dans son intrigue tout en nous laissant libres d’interpréter la fin et c’est tout simplement du grand art. Il faut noter qu’en plus du scénario c’est juste magnifique et en couleur directe s’il vous plaît, chapeau Monsieur !

Je suis admiratif du travail de l’auteur sur Kebek, c’est rythmé, intriguant, dynamique et ce bleu est… d’une beauté ! Je vous conseille vivement cette lecture, c’est du bon, du très bon même !

  • Kebek, tome 2 : Adamante
  • Auteur : Philippe Gauckler
  • Éditeur : Daniel Maghen
  • Prix : 19,00 €
  • Parution : 29 avril 2021
  • ISBN : 9782356740847

Résumé de l’éditeur : Roy Koks, responsable d’exploitation d’une mine de diamant, découvre sous la terre un gigantesque bloc de rocher parfaitement sphérique. Les premières analyses démontrent qu’il s’agit d’une structure diamantifère qui ne peut pas être d’origine naturelle. Une observation plus poussée nous apprend que la sphère est creuse et contient en son centre deux sarcophages semblant provenir du fond des âges. Le tome 1 se terminait sur l’excavation et l’ouverture d’un des deux sarcophages qui laissait découvrir une femme masquée inanimée. Roy, gravement brûlé, guérit de ses blessures à une vitesse que les médecins ne peuvent expliquer. La découverte de la femme à l’intérieur du sarcophage a enflammé les réseaux sociaux et le monde entier suit cette découverte humaine et scientifique. Qui est-elle, d’où vient-elle et surtout de quelle époque ? Les fresques murales découvertes à proximité de la sphère dateraient de 400. 000 ans, bien avant homo-sapiens. Et pourtant la sphère semble issue d’une technologie encore inaccessible à la science actuelle… « Elle » est vivante, et va bientôt pouvoir répondre à ces questions. Les pressentiments de Roy s’avèrent exacts : « Elle » communiquait déjà avec lui quand elle était prisonnière du sarcophage, et à la seconde où elle se dégage de son cocon protecteur, ils entrent en communication télépathique. Pour couper court aux questions, elle crée un écran liquide et « projette » les images de son monde, quelques instants avant qu’elle soit enfermée dans la sphère. Ce monde semble paisible, d’une beauté absolue… Quel danger a pu pousser quelques-uns de ses habitants à l’abandonner pour nous rejoindre à travers les âges ?

Les mains de Ginette

Les mains du Crabe, Les mains de Ginette, n’ont pas toujours fait peur, elles ont aussi été les plus belles. Olivier Ka et Marion Duclos dévoilent leur destin dans ce très bel album édité par Delcourt.

Ginette n’a pas toujours été surnommée « La crabe » à cause de ses mains terriblement saccagées. Elle n’a pas toujours été cette vieille femme, pauvre et que tout le monde regarde avec méfiance. Et ce n’est pas simplement une femme qui a vieilli. L’histoire est toute autre.

Ginette, plus jeune, avait des mains magnifiques, les plus belles de toute la ville. D’ailleurs, ce sont d’elles que Marcelin est tombé amoureux. Lui, c’est le propriétaire de la droguerie de la ville. Il y avait tout dans son magasin mais surtout il y avait des gants pour protéger les mains des femmes.
Ils se sont mariés, comblés d’amour. Leur bonheur rayonnait sur tous. Mais il est vite devenu éphémère et la jalousie est venue les frapper de plein fouet.

Et comme disent les Rita Mitsouko… les histoires d’amour finissent mal en général !!!
~
Avec Les mains de Ginette, le lecteur rit, il sourit, il est en colère et il est triste. Le scénario d‘Oliver Ka (Capitaine Fripouille) est bien campé. Il est précis et l’évolution de l’histoire est bien dosée. Elle n’est ni trop lente ni trop rapide. Les sentiments changent, évoluent, la jalousie s’immisce comme un cancer, pour grignoter l’amour et le détruire. Il en est de même pour le dessin, il traduit à merveille les sentiments et surtout les changements d’humeur de chaque personnage.

Un sujet très peu abordé sous cet angle là, un très bon scénario, le dessin expressif de Marion Duclos (Victor et Clint), qui colle parfaitement à l’ensemble, donne au final une très belle lecture que je vous conseille.

Si comme moi vous aimez les clins d’œil, j’ai beaucoup aimé celui qu’Olivier Ka a fait à Alfred !

  • Les mains de Ginette
  • Scénariste : Olivier Ka
  • Dessinatrice : Marion Duclos
  • Editeur : Delcourt
  • Prix : 16,50 €
  • Parution : 24 mars 2021
  • ISBN : 9782413019480

Résumé de l’éditeur : La Crabe fait peur, ses mains ressemblent plus à des pinces qu’à autre chose, à peine deux doigts comme des antennes collées sur des boursoufflures. Mais cela n’a pas toujours été le cas. Il fut une époque où on l’appelait encore Ginette, une époque où elle était la femme de Marcelin le droguiste, une époque où Marcelin était fou amoureux de ses mains…

Le faucon déniché

Le roman de Jean-Côme Noguès, Le faucon déniché, fut un véritable succès à sa sortie. Maxe L’Hermenier et Steven Dupré dévoilent une version en bande dessinée. Belle surprise !

Quelque part au Moyen Age. Avec sa famille, Martin vit dans une très modeste demeure en dehors de la ville. Comme souvent, il se rend dans la forêt pour observer les faucons. Il le sait qu’il ne peut pas en dresser car c’est un des nombreux privilèges des seigneurs.

Pourtant, lorsque l’un d’entre eux, alors petit, tombe du nid, il décide de le recueillir, de le cacher pour le dénicher, c’est-à-dire de l’apprivoiser et le dresser. Tous les soirs, à la tombée de la nuit, Martin entraine son faucon. Mais un jour, le fauconnier découvre son forfait…

Quelle très belle histoire ! Le faucon déniché est un récit qui trouve toute sa place dans le monde du 9e art jeunesse. Il faut souligner que le roman original est destiné aux lecteurs du cycle 3; prescrit dans la liste de l’Éducation nationale à destination des professeurs des écoles.

Il y a tous les ingrédients pour que les plus jeunes soient happés par le livre de Jean-Côme Noguès : un enfant qui brave les interdits, une époque évocatrice et un adversaire à la hauteur de l’enjeu (le fauconnier du seigneur). En plus de la nature, de la protection des animaux, il y a la relation entre Martin et son faucon, simple et efficace. La condition de vie du jeune garçon et de sa famille apporte aussi son lot d’empathie, vis-à-vis d’un seigneur qui avait des pouvoirs étendus et contraignants.

L’aventure est aussi présente, ainsi que les tensions naissantes entre Martin et le fauconnier. Pour accompagner Maxe L’Hermenier au dessin, Steven Dupré réalise des merveilles. Le trait réaliste du dessinateur de Kaamelot et Bine est idéal pour restituer l’ambiance médiévale du récit.

  • Le faucon déniché
  • Scénariste : Maxe L’Hermenier, d’après le roman de Jean-Côme Noguès
  • Dessinateur : Steven Dupré
  • Coloriste : Fran Gamboa
  • Éditeur : Jungle / Nathan, collection Pépites
  • Prix : 14.95 €
  • Parution : 25 février 2021
  • ISBN : 9782822230551

Résumé de l’éditeur : Un nouveau classique de Jean-Côme Noguès chez Jungle Pépites ! Né dans une famille de « manants », Martin n’a pas le droit d’avoir un faucon, privilège réservé au seigneur. Il décide d’enfermer son oiseau dans une cage qu’il dissimule dans une maison abandonnée. Mais, un soir, démasqué par le fauconnier, il se retrouve en prison… Centré sur la relation entre l’enfant et l’oiseau, le livre met en scène à la fois une question propre à la société médiévale celle du privilège de la chasse, et une question intemporelle : doit-on respecter une loi inique ?

 

Jeu de gamins 5

Mickaël Roux dévoile le cinquième opus de Jeu de gamins, sa sympathique série jeunesse humoristique éditée par Bamboo.

Trois gamins font jouer à fond leur imaginaire et se découvrent des super-pouvoirs comme les héros qu’ils admirent tant. Ainsi, leurs missions ont rapidement un lien avec le réel.

Épreuves pour devenir un super-héros, le changement de costume, Thor, Aquaman, Flash et son radar, Wolverine et ses griffes, Hulk et ses vêtements trop petits, Groot et son pot, Ice-T Boy et son slip ou la Torche humaine et des bonhommes de neige, tout est là pour distraire les jeunes lecteurs et les faire rire.

Après Julio Biscoto & Loulou et Momo, Mickael Roux poursuit son incursion dans le monde de la bande dessinée jeunesse avec Jeu de gamins. Pour ce nouvel opus, il imagine ses trois petits héros en super-héros, entre rêve et dure réalité. Ils se pensent invincibles, leur mère, leur sœur, leur chien ou leur entourage les font souvent revenir rapidement sur terre.

Jeu de gamins est un très jolie série jeunesse, entre humour et dessin tout en rondeur.

  • Jeu de gamins, tome 5 : Les super-héros
  • Auteur : Mickaël Roux
  • Coloriste : Dawid
  • Éditeur : Bamboo
  • Prix : 10,95 €
  • Parution : 03 mars 2021
  • ISBN : 9782818979570

Résumé de l’éditeur : Enfilez votre pyjama et votre slip par-dessus et allez sauver le monde en compagnie de nos trois gamins prêts à protéger la veuve et l’orphelin. Votre Batmobile à l’échelle 1/24e ne sera pas de trop pour vous protéger des super-vilains ! À travers les rues de la ville, de jour comme de nuit, partout où ces enfants passent, c’est la justice qui règne. Incroyable mais vrai ! S’amuser avec trois fois rien quand on a 10 ans, sans jeu vidéo et sans télévision, c’est possible… Vous imaginez ?

 

Ana Ana

Après une grosse dispute à l’école, Ana Ana déprime. Dominique Roques et Alexis Dormal imaginent son mal-être dans Va-t’en, Va-t’en, chagrin ! le dix-septième opus de la série spin-off de Pico Bogue. Bienveillant et intelligent.

Une petite fille de la classe d’Ana Ana lui a donné  un coup à la récréation et ne veut plus être son amie. Cette situation attriste la sœur de Pico Bogue. Ses peluches ne peuvent même pas la réconforter. Son mal-être est trop fort. Elle ne veut plus rien faire; juste dormir.

Dans la nuit, la petite fille est réveillée par une lumière venue du jardin. Ses amis doudous lui ont préparé un spectacle…

17 ! Déjà la 17e aventure d’Ana Ana ! Comme le temps passe vite en compagnie de la jeune héroïne. Depuis plusieurs années, nous soulignons chaudement notre attachement à cette série et celle de Pico Bogue. A chaque nouvel opus de l’un ou de l’autre, nous sommes sous le charme, l’intelligence et la bienveillance que Dominique Roques imprime dans ses récits.

Après la peur du noir, la maladie, l’empressement à jouer ou un trésor à retrouver, la scénariste aborde les relations à l’école, les difficultés de s’entendre, l’amitié et le chagrin. Tout cela est mis en scène avec bienveillance notamment par l’entremise des doudous de la petite fille. Comme à son habitude, Alexis Dormal fait des merveilles par son dessin d’un grâce folle.

  • Ana Ana , tome 17 : Va-t’en, va-t’en, chagrin !
  • Scénariste : Dominique Roques
  • Dessinateur : Alexis Dormal
  • Editeur : Dargaud, collection Jeunesse
  • Prix : 12, 70 €
  • Parution : 19 mars 2021
  • ISBN : 9782205085372

Résumé de l’éditeur : Depuis quelques jours, Ana Ana ne joue plus avec ses doudous. Et elle ne lit plus, elle ne dessine plus, elle ne rit plus. Une petite fille de son école lui a fait de la peine en refusant d’être son amie. Heureusement, elle peut compter sur ses indéfectibles doudous pour l’aider à chasser son chagrin et comprendre qu’elle seule est responsable de son bonheur !

 

Les brigades immunitaires black 6

Voici déjà le sixième opus de Les brigades immunitaires black, la très belle série de Shigemitsu Harada et Issei Hatsuyoshiya, d’après l’univers de Akane Shimizu, chez Pika Edition.

Après une énorme ingestion de somnifères qui a eu pour conséquence une overdose, le corps es traumatisé. Afin de le sauver, l’on a procédé à des lavements d’estomac. Le corps est enfin sorti du coma, tout semble aller pour le mieux pour le corps.

C’était sans compter sur une énorme dépression due à un remord après la volonté du corps de mourir…

Après la géniale série Les brigades immunitaires d’Akane Shimizu, Shigemitsu Harada et Issei Hatsuyoshiya avaient décidé de prolonger ce très bel univers par une version Black. En effet, si la série-mère parlait de santé et d’immunologie, Black est comme son nom l’indique plus sombre et aborde des thèmes plus graves : mort, suicide et pour ce sixième tome, de la dépression.

Rarement, une série médicale nous aura autant passionné. A l’image de Il était une fois la vie d’Albert Barillé (dessin du talentueux Jean Barbaud), Les brigades immunitaires Black est instructive, intelligente dans son traitement (des mini-humains dans le corps) et belle graphiquement.

  • Les brigades immunitaires black, volume 6
  • Scénariste : Shigemitsu Harada, d’après une histoire de Akane Shimizu
  • Dessinateur : Issei Hatsuyoshiya
  • Éditeur : Pika, collection Seinen
  • Prix : 7.20 €
  • Parution : 21 avril 2021
  • ISBN : 9782811660871

Résumé de l’éditeur : L’espoir renaît pour les globules. Après s’être infligé une overdose de somnifères, le corps semble enfin disposé à retrouver la santé ! Hélas, il est aussitôt victime d’un mal aussi redoutable que nouveau : la dépression. Une fois de plus, les cellules se retrouvent malmenées et trahies par leur propre organisme… Ce qui ne les empêche pas de croire en un futur meilleur et de poursuivre leur travail !

Douce nuit

Douce nuit est le neuvième petit album mettant en scène Benny, le personnage fétiche de Baladi. Cette fois-ci l’homme-insecte est mort.

« La mort est un moment difficile qui n’arrive qu’une fois dans la vie. Sauf pour Benny. »

Benny Adam se réveille entouré par des planches. Il est mort. Semble-t-il affecté par cela ? Pas du tout ! Il pensait se retrouver ailleurs, il est déçu parce que c’est « nul » ! C’est son spectre qui revient alors à la vie. Son âme flotte alors dans les airs. Il découvre alors qu’après sa mort, il est devenu personnage de fiction. Lui le révolutionnaire, il est récupéré par la télévision…

On est toujours enchanté de savoir que Baladi va de nouveau faire vivre des aventures à Benny. Après le déclenchement d’une révolution à cause d’une simple pierre ou le fait que l’homme-insecte se retrouve seul dans la ville, le voici mort dans Douce nuit. Malgré son titre, la nuit n’est pas si douce pour Benny. La mort c’est nul et pas très fun !

L’auteur de Robinson suisse aime Benny et cela se voit. Ces albums sont de véritables respirations pour Baladi. A travers son héros de papier, il peut aborder des thèmes aussi différents les uns que les autres mais ô combien universels. Ici, la mort, l’amour, mais aussi la récupération de la figure de Benny par d’autres personnes ou encore la culture pop.

  • Douce nuit
  • Auteur : Baladi
  • Éditeur : Atrabile
  • Prix : 8 €
  • Parution : 09 avril 2021
  • ISBN : 9782889230983

Résumé de l’éditeur : La mort, un moment difficile qui n’arrive qu’une fois dans la vie. Sauf pour Benny. Et donc : Benny est mort. Quelle déception. Benny est hyper déçu par la mort : comment aurait-il pu imaginer que la mort, c’était un truc aussi nul ? En attendant le tunnel – celui avec la lumière au bout – Benny entend des voix, car on discute au-dessus de sa tombe. Benny est désormais une icône de la révolution – mais qu’est-ce qu’une révolution, quand elle devient un argument commercial, ou le sujet d’un blockbuster ? Et peut-on attaquer le système depuis l’intérieur ? se demande un étrange trio en conciliabule dans le cimetière. En parallèle, on suit Morgane Néville, l’écrivaine de science-fiction (et avatar de l’auteur ? ), qui poursuit un Benny apparemment toujours bien vivant… Benny, c’est le jouet le plus fou que s’offre ponctuellement Baladi, ce grand bidouilleur de forme, qui trouve dans ce personnage un peu pathétique un magnifique vaisseau pour aborder bien des sujets. Ici : la page blanche, la culture populaire, la récupération des idéaux, et bien d’autres choses, dont, encore et toujours, la quête de l’amour. Le monde se divise en deux : ceux qui lisent Benny, et ceux qui ne le lisent pas ; ceux qui savent, et les autres… les pauvres ! Bah, tant pis pour eux…

 

Acacia 22

Formidable chassé-croisé entre deux femmes prénommées Susana, habitant ou ayant habité dans le même appartement à 50 ans d’intervalle. Edgar Camacho dévoile le portrait de ces deux femmes dans Acacia 22, un album merveilleux édité par çà et là.

Edgar Camacho n’en est pas à sa première bande dessinée mais c’est bien sa première publication en France. Ce jeune auteur mexicain nous livre un très beau roman graphique sur le sens de nos choix et de nos désirs. Il nous dresse le portrait croisé de ces deux femmes qui ont les mêmes aspirations sur la vie malgré le temps qui les sépare, l’une en 1970, l’autre en 2020. La première rêve d’être écrivaine, la deuxième démarre une carrière de graphiste dans une agence de communication avec une boss à la limite de la tyrannie.

Comment l’expérience de l’aînée va aider la plus jeune à croire en ses rêves ? Le parallèle des deux vies est astucieusement mis en page et le graphisme déborde de charme.

Une très belle lecture douce, belle et positive. Le format (17 x 26 cm) est très agréable pour la lecture et à prendre en mains. Laissez-vous porter par ces deux jeunes femmes, l’expérience de la vie donne tellement de sens au futur.

Je vous la recommande chaudement, enfin si vous arrivez à faire démarrer la chaudière (Il vous faudra lire l’album pour mieux comprendre la référence). Acacia 22 est sans conteste la très belle surprise de ce mois d’avril 2021 ! Un récit positif, une histoire solaire, une vraie lueur dans ces moments si tristes de Covid.

  • Acacia 22
  • Auteur : Edgar Camacho
  • Éditeur : çà et là
  • Prix : 16 €
  • Parution : 16 avril 2021
  • ISBN : 9782369902911

Résumé de l’éditeur : Deux jeunes Mexicaines de province, toutes les deux nommées Susana, emménagent dans le même appartement du 22 de la rue Acacia à Mexico, à 50 années de distance. La Susana du présent démarre une carrière de graphiste dans une agence de communication où elle subit les frasques d’une boss tyrannique et se sent isolée. La Susana des années 1970 est dactylo dans un bureau mais rêve de devenir écrivaine et écrit des manuscrits qui sont systématiquement refusés par les éditeurs. La vie de la Susana des années 2020 est bouleversée quand elle trouve une lettre qui lui est adressée, dissimulée dans un trou derrière le chauffe eau de l’appartement. Dans cette lettre, l’ancienne Susana raconte toute sa vie… Acacia 22 est le portrait croisé de deux femmes qui connaissent des vies similaires à un demi-siècle de distance. L’expérience de la plus âgée des deux, dont les ambitions seront toujours contrecarrées par la société de son époque, bénéficiera à la plus jeune.

 

Les enfants de la résistance tome 7

Alors qu’un bombardier américain s’écrase non loin de leur village, Lisa, Eusèbe et François tentent de secourir ce qui peut l’être dans le nouvel opus de la merveilleuse série Les enfants de la résistance de Benoît Ers et Vincent Dugomier.

Pontain L’écluse, juin 1940. Un bombardier américain est touchée au-dessus du village. Trois aviateurs sautent en parachute avant que l’engin n’explose et se crashe. L’un d’entre eux est blessé et inconscient. De sa fenêtre, François assiste impuissant au drame.

Le lendemain, c’est l’effervescence dans la petite bourgade. Les Allemands tentent de retrouver les soldats américains. En vain. Le jeune adolescent découvre par hasard, le cockpit de l’avion, au milieu de la forêt. Quant aux trois rescapés, ils sont déjà entre de bonnes mains, cachés par la résistance…

A chaque tome de la série Les enfants de la résistance parait, c’est un petit événement dans le monde de la bande dessinée jeunesse, et la bande dessinée tout court. Il faut dire qu’en a peine six volumes, l’univers créé par Benoit Ers et Vincent Dugomier s’est imposé comme l’une des meilleures séries sur la Seconde guerre mondiale et sur des adolescents résistants. Et le public ne s’y trompe pas puisque 850 000 exemplaires ont déjà été vendus des six premiers tomes.

Tiré à 100 000 exemplaires, ce nouvel opus Tombés du ciel est un petit joyau comme les précédents. Tous les ingrédients sont réunis pour que les plus jeunes (et les moins jeunes) apprécient l’intrigue : action, suspense, tensions, combats, premières amours et amitié. Le tout est ficelé par Vincent Dugomier avec grand talent. Le scénariste des Omniscients cisèle son récit. Tout est simple, bien écrit, efficace. Pour plus de véracité et ne pas perdre ses lecteurs, l’auteur se base sur un documentation historique extrêmement solide.

Les enfants de la résistance a aussi fait son entrée dans les écoles et collèges par sa grande qualité. Les élèves et leurs professeurs s’en sont emparés. Il faut souligner qu’à chaque opus, un dossier est accolé à l’histoire afin d’apporter quelques éclaircissements historiques. Des animations et des expositions sont visibles en France et en Belgique autour de cette magnifique série.

Quant à la partie graphique de Benoît Ers, elle est toujours aussi bonne. Il faut souligner que les deux compères se connaissent depuis longtemps puisqu’ils ont déjà travaillé ensemble sur les séries Murielle & Boulon mais également Hell School.

Et dire que les 7 volets de la saga n’en sont qu’à l’année 1940… Encore de nombreux épisodes en perspective jusqu’à la libération en 1945 !

  • Les enfants de la résistance, tome 7 : Tombés du ciel
  • Scénariste : Vincent Dugomier
  • Dessinateur : Benoit Ers
  • Éditeur : Le Lombard
  • Prix : 10.95 €
  • Parution : 12 mars 2021
  • ISBN : 9782808201278

Résumé de l’éditeur : Au printemps 1943, un avion allié s’écrase près de Pontain l’Écluse, le village où François, Lisa et Eusèbe ont créé leur réseau de résistance, Le Lynx. Les Allemands s’empressent de rechercher les aviateurs, qui semblent avoir disparu. Le Lynx se donne pour mission de les retrouver avant l’ennemi, et de les aider à rejoindre l’Angleterre.