Casa Rodeo

Quel joyeux bazar dans Casa Rodeo, le nouvel album de Thom. Edité par Pow Pow, il met en scène des animaux qui tentent de retrouver leur maison et par la même occasion leur place dans la société.

Un village dans une forêt. Chez Titus Caropin, c’est toujours l’effervescence. L’écrivain raté essaie tant bien que mal de trouver l’inspiration par divers élixirs et psychotropes. Pas simple lorsque l’on a pour ami et colocataire, Desseres, un cochon complètement barré, un savant fou dont les expériences sont des fiascos. Et il y a aussi Souchet, le canard sorte d’ophtalmologue.

Alors que la folie envahit toujours autant la maisonnette, le camion du vendeur de glaces fait sortir les trois amis. C’est le moment opportun que choisit la maison pour mettre les voiles…

Thom poursuit les aventures des personnages de VII, sa précédente publication, lauréate du prix Réal-Fillion du meilleur premier album. Toujours sans texte, Casa Rodeo est un joyeux bazar, une intrigue à la folie-douce, un peu comme dans Le grand méchant renard ou Un bébé à sauver de Benjamin Renner.

Il faut dire que ce n’est pas banal de voir sa propre maison se carapater car elle n’en peut plus de ses habitants. S’ensuit une course-poursuite pour retrouver le bâtiment. C’est décalé et absurde.

Les gags reposent donc sur de l’humour très visuel – dont Thom s’avère plutôt doué – mais aussi celui de situations (plus cocasses les unes que les autres). Son trait épais en noir et blanc dans la veine cartoon est idéal pour mettre en image la folie de Casa Rodeo.

  • Casa Rodeo
  • Auteur : Thom
  • Éditeur : Pow Pow
  • Prix : 19 €
  • Parution : 19 février 2021
  • ISBN : 9782924049839

Résumé de l’éditeur : Chaos, paresse et dangereuses expériences scientifiques : c’est une journée comme les autres chez Caropin et ses amis, jusqu’à ce que leur propre maison en ait assez de leurs frasques et décide de les abandonner. Arriveront-ils à la retrouver ? Acceptera-t-elle de les héberger à nouveau ? Dans Casa Rodeo, même les maisons ont des sentiments…

 

Eugénie et les mystères de Paris

Avec ses amis Charles et Arthur, Eugénie tente de percer le mystère de la disparition de la statue de la Liberté dans Eugénie et les mystères de Paris, un bel album jeunesse signé Eric Summer et Miriam Gambino aux éditions Vents d’ouest.

Paris, 1885. La ville est en ébullition : La Liberté éclairant le monde, la statue de la Liberté, se construit au cœur de la capitale. Elle est érigée sur les plans de Gustave Eiffel et Auguste Batholdi, sera démontée puis acheminée par bateau aux États-Unis. Ce cadeau de la France viendra alors trôner sur Ellis Island pour accueillir les migrants.

Loin de cette agitation et comme tous les jours de l’année, Eugénie croise la route d’Arthur et Charles, ses amis. Le premier est apprenti vitrier, maltraité par son père et le second est un sans-abris ayant fui l’orphelinat.

Quant à la jeune adolescente, elle habite chez son oncle Edmond, depuis que sa mère l’a abandonnée. Elle adore le frère de sa mère et apprécie beaucoup son travail : il est enquêteur. Souvent, elle l’accompagne sur les lieux de son métier afin de découvrir la vérité.

Alors qu’Arthur doit changer la vitre de l’épicerie de Ferdinand, le propriétaire leur propose de les accueillir sur la mezzanine de sa boutique. C’est ici que Charles, Ferdinand et Eugénie créent la Confrérie de Vidocq, afin de résoudre des énigmes. La première qui s’offre à eux, c’est la disparition de la statue de la Liberté…

Eugénie et les mystères de Paris : belle aventure jeunesse

Ce premier tome d’Eugénie et les mystères de Paris démarre sur les chapeaux de roue ! Tout de suite, les jeunes lecteurs sont plongés dans une folle aventure autour de trois adolescents, meilleurs amis du monde. Eric Summer imagine un récit dans un Paris de la fin du XIXe siècle, entre secrets et disparition.

Dans la veine des 4 de Baker Street – sans en avoir le panache – Eugénie et les mystères de Paris repose sur un trio de personnages vraiment charmant et attachant. Ils sont complémentaires et bien marqués. Il y a la fille abandonnée mais pas du tout malheureuse grâce à l’amour de son oncle policier, le jeune vitrier maladroit, malchanceux et recouvert de bleus infligés par son père et l’orphelin libre comme l’air. Ce sont les liens entre les trois protagonistes qui égayent ce premier opus.

Eric Summer n’oublie pas de glisser de l’humour à son intrigue, indispensable pour une aventure réussie. Pour leur première enquête, Eugénie, Charles et Arthur se frottent à la disparition de la statue de la Liberté, symbole fort de l’amitié franco-américaine. Ce monument, il en avait déjà fait l’un de ses décors de Ballerina, le film d’animation qu’il a coécrit avec Eric Warin. C’est ainsi qu’il se réapproprie les mêmes lieux, la même époque et la même ambiance pour sa première bande dessinée.

L’illustratrice italienne, Miriam Gambino accompagne Eric Summer sur la partie graphique d’Eugénie et les mystères de Paris. Aidé dans les couleurs par Piky G. S. Hamilton & Arancia Studio, elle réalise de très belles planches. Il ne faut pas s’arrêter sur la couverture qui ne rend pas grâce à son joli dessin. Son trait moderne et son découpage dynamique apportent beaucoup au récit du scénariste français.

  • Eugénie et les mystères de Paris, tome 1 : On a volé la Liberté !
  • Scénariste : Eric Summer
  • Dessinatrice : Miriam Gambino
  • Couleurs : Piky G. S. Hamilton & Arancia Studio
  • Éditeur : Vents d’ouest
  • Prix : 13,90 €
  • Parution : 10 mars 2021
  • ISBN : 9782849533819

Résumé de l’éditeur : Le hold-up du siècle ! Paris, Février 1885. Abandonnée par sa mère, Eugénie vit depuis toute petite avec son oncle Edmond. Policier sans véritable talent, ce grand et gentil monsieur réalise vite les incroyables capacités de déduction de sa nièce et n’hésite pas à s’en servir au cours de ses investigations. Mais ça ne suffit pas à Eugénie ! Et puisqu’à 13 ans, on n’a pas encore le droit de devenir détective, elle crée « La Confrérie de Vidocq » avec ses amis Charles, un orphelin sans-abri et Arthur, un apprenti-vitrier maltraité par son père. Ce club, inspiré par les lectures policières d’Eugénie, a pour but de résoudre mystères et énigmes dans les coins et recoins de Paris. D’ailleurs, ça tombe à pic ! Car, après que la statue de la liberté ait été une première fois construite au centre de Paris, puis démontée pour être envoyée en cadeau aux États-Unis, quelques malveillants personnages sont parvenus à subtiliser les caisses l’acheminant vers le bateau en partance pour New-York. Tandis qu’Edmond peine à dénicher des indices et que les américains envoient sur place un de leurs agents, les trois amis se lancent tête baissée dans cette dangereuse affaire qui leur réserve bien des surprises. Nouvelle série d’aventure jeunesse au coeur d’un Paris bouleversé par la révolution industrielle, Eugénie et les mystères de Paris, conte les péripéties d’une bande de gamins enjoués aux parcours accidentés. Un univers original plein de fraîcheur, d’humour et d’action.

 

Tara, un été zéro déchet

Rester les deux mois d’été sur une île bretonne avec son père, cela n’enchante pas Tara, vraie citadine. Anne-Gaëlle Morizur, Gwenola Morizur et Séverine Lefèbvre imaginent son histoire, entre plage, relation père /fille et écologie. Un bel album jeunesse édité par Jungle.

Bretagne, île des Boréales. Cette année, Tara doit passer ses vacances d’été avec son père, sa mère ne pouvant pas s’occuper d’elle. Elle pense que ces deux mois vont être longs, entre le travail de son père, les rues quasi désertes de la ville et le fait d’être seule.

Son père part tôt le matin et n’a même pas le temps de préparer son petit déjeuner. Il lui demande d’aller voir Suze, la propriétaire du bar en face de la maison.

Pour passer le temps, elle décide d’aller explorer les environs. Elle découvre une plage où trône fièrement un phoque sur un rocher. Elle s’en approche et fait la connaissance de Lucien, le vieil homme qui protège les lieux. Elle est enthousiaste, elle qui adore les animaux marins.

Plus tard, elle croise la route Mary. Ensemble, elles font le tour du marché où le père de Tara tient un stand…

Anne-Gaëlle Morizur et Gwenola Morizur imaginent un histoire entre adolescence, amitié, entraide, difficultés des relations père/fille et écologie. En choisissant une jeune fille, les deux scénaristes peuvent aborder facilement toutes ces thématiques, importantes pour les jeunes lecteurs.

Tara est une adolescente en prise avec son père, qu’elle ne voit jamais et avec lequel elle doit composer pendant deux mois. On ne peut pas dire que ce dernier soit des plus attentifs et chaleureux avec elle, la laissant souvent se débrouiller seule.

Il y a les amies, le garçon bienveillant, des pestes désagréables, les animaux, un snack et des déchets. Tout cela donne un bon album, agréable à la lecture.

Pour accompagner les deux sœurs, Séverine Lefèbvre apporte de la douceur par son dessin. L’autrice de L’étrange boutique de Miss Potimary régale les yeux des jeunes lecteurs par de belles couleurs pastel et un dessin rond et moderne.

  • Tara. Un été zéro déchet
  • Scénaristes : Anne-Gaëlle Morizur et Gwenola Morizur
  • Dessinatrice : Séverine Lefèbvre
  • Éditeur : Jungle
  • Prix : 13,95 €
  • Parution : 29 avril 2021
  • ISBN : 9782822232579

Résumé de l’éditeur : Le meilleur déchet, c’est celui qu’on ne produit pas ! Tara, jeune citadine, passe l’été chez son père, sur une île bretonne. Au début, perdue dans cet endroit où tout lui semble étrange et différent, elle s’attache finalement au lieu et à ses habitants, authentiques. Mais l’arrivée d’un fast-food sur la plage menace l’équilibre et la vie des habitants de l’île. Tara mène l’enquête et découvre que celui-ci pollue en inondant la plage de déchets. Elle découvre alors l’entraide, la coopération, et la satisfaction de créer un projet soi-même avec presque rien, en respectant la nature qui l’entoure. Une héroïne qui sensibilise le lectorat à l’écologie, en proposant des alternatives simples, ludiques et accessibles à toutes et tous.

L’appel des montagnes

Quand un club d’alpinisme doit absolument recruter de nouveaux membres sans quoi il fermera, cela donne L’appel des montagnes, un sympathique manga de Tetsuo Utsugi chez Soleil manga.

Université de Santama. Dernier jour d’orientation des nouveaux élèves. Mana ne sait plus trop où donner de la tête tant il y a de clubs où elle pourrait s’inscrire. En passant devant la salle 105, elle est attirée par un poster sur la porte : « Le Japon est composé à 75% de montagnes. Si tu veux découvrir ton pays, viens randonner avec nous ! On t’attend au club ! » Ce même message fait effet sur Satoko, une élève aussi déboussolée que Mana.

Les deux entrent mais il n’y a personne. La salle ressemble à une vraie boutique d’alpinisme. Là des cordes, ici des sacs, plus loin des sacs…

Arrivent alors en trombe Kanada, Kusaba et Kuroki, les trois derniers membres du Club. Ils n’ont pas vu passer l’heure. Ils étaient depuis le matin sur un piton rocheux pour grimper.

Les deux filles ne sont pas trop sportives. Néanmoins, c’est une belle occasion pour les trois amis d’accueillir de nouveaux membres. Sans cela, le club va fermer. La séance d’essai se déroule alors sur le mont Taka…

L’appel des montagnes : Hymne à l’alpinisme et à la nature

Nous apprécions toujours les mangas autour du sport (Olympia Kyklos, Yawara, En garde), thème cher aux Japonais. Et encore une fois, nous ne sommes pas déçus. L’appel de la montagne est formidable. Quelle belle histoire ! De l’effort, de la folie et de l’humour, tous les ingrédients pour passer un excellent moment de lecture.

Sous le prétexte de la fermeture hypothétique du club, Tetsuo Ursugi aborde de nombreux thématiques : l’alpinisme, l’entraide, le sport, la vie à l’université, les clubs et l’amitié. Même si l’on ne connait pas l’univers de la montagne et de la grimpette, nous sommes tenus en haleine par un récit haletant et très drôle.

Si nous avions été submergés d’émotion par Ailefroide, le magistral album de Jean-Marc Rochette et Olivier Bocquet autour de la passion de la montagne de l’auteur de bandes dessinées, nous en sommes loin avec L’appel des montagnes.

La grande force du manga, c’est la grande qualité d’écriture des personnages. Chacun à une personnalité forte qui anime l’histoire. L’ambiance est détendue et humoristique. Tout y est : la séance d’essai, les panchos pas trop imperméables, les grosses fatigues mais aussi la sortie pour acheter du matériel aux nouvelles membres. Les vêtements neufs sont trop chers. Pas de panique ! Les rustines et autres pièces de substitutions feront l’affaire.

Reste que L’appel des montagnes est un superbe hymne à la nature. Les dessins des chaînes sont magnifiques.

On recommande chaudement L’appel de la forêt tant il nous a plu par son atmosphère agréable et drôle, pour ses dessins et ses personnages.

  • L’appel des montagnes, volume 1
  • Auteur : Tetsuo Utsugi
  • Éditeur : Soleil Manga
  • Prix : 7,99 €
  • Parution : 07 avril 2021
  • ISBN : 978-2490975372

Résumé de l’éditeur : Kanada, Kusaba et Kuroki sont trois étudiants férus de montagne, mais surtout, les seuls membres du club d’alpinisme de leur université. Il va donc falloir trouver de nouveaux membres, même novices, sinon le club fermera. Heureusement, trois nouvelles recrues se présentent à eux pour découvrir ce sport en pleine nature.

Niko

Super-inventions et grosses bêtises est le premier volume de Niko, la nouvelle série jeunesse BD Kids signée Paco Sordo.

Âgé d’une dizaine d’années, Niko est le fils d’inventeurs de génie. Tout chez eux est folie : les créations de ses parents sont partout, pour le bien-être au quotidien. Alors qu’ils sont sur le point d’achever une nouvelle invention, la machine refaitout, le petit garçon doit donc se débrouiller seul.

Cette création plait à Niko : elle permet de faire comme se rien ne s’était passé…

L’album Niko est un recueil de trois histoires imaginées par Paco Sordo, d’une vingtaine de pages chacune. L’illustrateur madrilène (Aventures hyper trop fabuleuses de Violette et Zadig avec Antoine Dole) imagine un univers humoristique sympathique. Si l’idée de départ n’est pas révolutionnaire (de nombreuses séries BD, animées… ont pour décor les inventeurs), elle est plutôt bien menée.

On apprécie surtout le côté rétro-futuriste des inventions. Les robots et autres créations sont joyeux. Il y a comme une filiation entre Niko et les séries animées Hanna-Barbera tels Les Pierrafeu. Ainsi, la folie est commune à ces réalisations.

  • Niko, tome 1 : Super inventions et grosses bêtises
  • Auteur : Paco Sordo
  • Éditeur : BD Kids
  • Prix : 9,95 €
  • Parution : 07 avril 2021
  • ISBN : 9791036317200

Résumé de l’éditeur : Niko a une dizaine d’années, il vit dans un avenir qui ressemble beaucoup à notre époque, mais où les inventions les plus folles sont possibles. Autant dire que ses parents inventeurs s’en donnent à coeur joie ! Trois aventures, trois objets fous : une machine à défaire le temps, un petit frère robot très obéissant et un rayon laser qui rend tout appétissant. La plus grande joie de Niko est de voler leurs inventions à ses parents et de les détourner… Au risque, bien sûr, de créer quelques magnifiques catastrophes. Heureusement, les adultes finissent toujours par remettre la main sur Niko, et tout rentre dans l’ordre… jusqu’à la bêtise suivante ! Le premier scénario de BD de Paco Sordo est complètement délirant, et son trait rond et tendre, et ses couleurs pétillantes donnent du peps et de la bonne humeur à cette nouvelle série, bientôt incontournable !

 

L’omelette aux myrtilles

L’omelette aux myrtilles, c’est un très joli album illustré de Charlotte Lemaire entre amitié, animaux et repas. Une très belle histoire publiée par les éditions L’Agrume.

Dans sa forêt, l’ours Grandiose se réveille. Il est heureux parce qu’aujourd’hui est un jour particulier pour lui : il est invité chez Claudie, sa nouvelle voisine.

« Chers voisins,

dimanche à midi,

vous êtes conviés à partager

une petite omelette aux myrtilles »

Il s’apprête et cueille quelques jonquilles jaunes pour les offrir à Claudie. Jusqu’à présent, sa voisine n’avait jamais invité d’ours chez elle. En plus de Grandiose, le Cerf arrive pour goûter l’omelette aux myrtilles…

Entre aventure, quête initiatique et amitié, ce très bel album illustré jeunesse peut se lire à partir de 4 ans. On est conquis par la douceur et la bienveillance du récit. Charlotte Lemaire imagine une histoire où les hommes sont en belle connexion avec des animaux.

Cet hymne poétique à la nature bénéficie de tout le talent de l’autrice. Après des études aux beaux-arts de Bruxelles et ceux de Gand, l’illustratrice a notamment publié deux albums aux éditions Biscoto (William, la longue vue et le tigre & La maison-ski). L’univers de L’omelette aux myrtilles est extrêmement coloré et doux. Les fleurs sont magnifiques, les myrtilles et autres framboises délicieuses et les animaux somptueux et soyeux.

  • L’omelette aux myrtilles
  • Autrice : Charlotte Lemaire
  • Éditeur : L’Agrume
  • Prix : 16,50 €
  • Parution : 15 avril 2021
  • ISBN : 978-2490975372

Résumé de l’éditeur : Claudie, qui habite la maison au milieu de la forêt, invite ses voisins, l’ours Grandiose et le cerf, à partager une petite omelette aux myrtilles. Grandiose se demande s’il doit porter une cravate ou un nœud papillon, mais il choisit finalement de rester naturel. Il traverse le champ de jonquilles à qui il demande l’autorisation de les cueillir pour faire un bouquet. Quand il arrive chez Claudie, une bande de roitelets farceurs a mangé toutes les myrtilles du jardin. Heureusement, Grandiose connaît un endroit secret, un arbre merveilleux dans lequel poussent des myrtilles gigantesques. Il y conduit ses amis. Dans l’arbre, les myrtilles sont plus grosses et plus belles les unes que les autres. C’est une sacrée récolte ! Les trois amis en font un délicieux pique-nique. Une fois rentré chez lui, Grandiose se dit que c’est lui qui lancera la prochaine invitation…

Roi du vent

Périgourdin, Antoine de Tounens part pour l’Amérique du Sud afin de devenir le roi des Mapuches. Fabien Tillon et Gaël Remise racontent son drôle de périple dans Roi du vent aux éditions La boîte à Bulles.

En 1860, Antoine de Tounens quitte son Périgord natal pour une surprenante aventure. Il décide de rallier le pays des Mapuches. Entre l’Argentine et le Chili (extrémité australe de l’Amérique du Sud), ce peuple primitif vit bien. Le Français veut le libérer de l’emprise de l’empire chilien. Il devient alors Orllie-Antoine Ier, roi d’Araucanie et de Patagonie

Fabien Tillon dévoile la folle vie de ce Roi du vent, entre mégalomanie et aventure, entre joies et peines, entre réussite et obstacles. Si les gouvernements du Chili et de l’Argentine prirent la mesure de celui qui devint souverain des Mapuches, ils le surveillèrent de près. Ils le rejetèrent et Antoine de Tounens devint même un danger pour la stabilité de la région.

Entre la tragédie et la comédie, Roi du vent est un douce folie que l’on suit avec égard. On découvre que ce souverain d’opérette ne sera pas réellement roi, se heurtant aux réalités du pays mapuche. Tout n’est pas simple pour ce Gascon en Patagonie. On se prend d’affection pour ce juriste tant il semble touchant.

Cette aventure sud-américaine est magnifiquement mise en valeur par le dessin de Gaël Remise. Ses aquarelles sont idéales pour sublimer les grands espaces gelés de la Patagonie.

Étonnamment, par pure coïncidence (?), la vie d’Antoine de Tounens connait une autre version dessinée chez Futuropolis par Christophe Dabitch et Nicolas Dumontheuil (sortie le 7 avril). Cette histoire méconnue est portée au grand public dans deux très bons albums.

  • Roi du vent. Un Gascon en Patagonie
  • Scénariste : Fabien Tillon
  • Dessinateur : Gaël Remise
  • Éditeur : La Boîte à Bulles
  • Prix : 22 €
  • Parution : 10 février 2021
  • ISBN : 9782849533819

Résumé de l’éditeur : En 1860, l’explorateur périgourdin Antoine de Tounens quitte la France pour s’établir en Araucanie et Patagonie, territoires à l’extrémité australe de l’Amérique du Sud. Son rêve est ambitieux : il souhaite régner sur ces régions et unifier le peuple Mapuche pour le libérer du joug du gouvernement chilien. Malgré un premier échec, il tentera par trois fois de soulever ce peuple face à l’oppresseur. Chaque tentative se soldera par un échec et une amertume cuisante… Ainsi, l’explorateur livre le récit de cette épopée dans lequel la frontière entre réalité et fiction est de plus en plus floue. Et de fait, à l’instar de Don Quichotte, Tounens ne voit que l’aspect romanesque de son entreprise et non toute la folie et la démesure qui entourent son projet. Retour sur le parcours d’un homme qui, à défaut de régner sur un territoire, ne réussit qu’à être roi du vent…

Faith Dreamside

Superhéroïne, Faith tente de venir en aide Animalia, une psiotique dans Faith Dreamside, un superbe album de Jody Houser, MJ Kim et Marguerite Sauvage.

Faith Herbert est une superhéroïne pas comme les autres. Jeune femme ronde, elle est dotée de pouvoirs de télékinésie surnaturels qui lui permettent de voler et de se défendre. Pendant un temps, elle fit partie des Renégats, une armée de psiotiques. Mais après l’arrêt de ce super league, elle doit se débrouiller seule. Ainsi, la jeune blogueuse, justicière la nuit à Los Angeles, tente de retrouver d’autres psiotiques comme elle afin de les aider.

Alors qu’elle avait sauvé une meurtrière, Faith est arrêtée et placée dans une voiture de police qui l’emmène en détention. Mais le véhicule est attaquée par un énorme lézard géant. La superhéroïne découvre alors que ce dernier est Animalia, une psiotique. La jeune adolescente de 15 ans est hantée par les fantômes de ses amis. Faith décide de faire intervenir le docteur Mirage

Dans l’univers Valiant, Faith est l’un des personnages les plus intéressants. Par son aspect physique déjà. Elle n’est pas hyper-bodybuildée, a des formes, ce qui la rapproche des lecteurs. D’humeur égale, elle est aussi très positive et ne masque pas ses doutes. On apprécie son esprit de déduction, son passé délicat et sa force mentale. Elle est tout ce que l’on aime chez les superhéros.

Ses pouvoirs ne sont pas extravagants et servent avant tout à aider ses prochains, ou plutôt ses pairs (les psiotiques). La jeune blogueuse va tour à tour être accusée, mais également faire équipe avec le docteur Mirage et Animilia (soient deux autres personnages féminins) dans ces quatre épisodes agréables à la lecture. Magie, fantastique, tensions et ennemis, le tout teinté d’un petit humour bienvenue parsème Faith Dreamside.

Découverte dans Harbinger et Valiant High (lorsqu’elle était au lycée), Faith mériterait que sa licence soit plus soutenue, que Jody Houser soit plus productive dans ses récits.

Pour accompagner la scénariste, MJ Kim fait des merveilles. Son dessin très moderne et très lisible égaye des pages très réussies.

  • Faith Dreamside
  • Scénariste : Jody Houser
  • Dessinatrices : MJ Kim et Marguerite Sauvage
  • Editeur : Bliss
  • Prix : 17,50 €
  • Parution : 26 mars 2021
  • ISBN : 9782490676545

Résumé de l’éditeur : Le retour de la plus attachante des héroïnes ! Pour protéger les rêves de la jeune psiotique Animalia, Faith va devoir s’aventurer dans un nouveau plan d’existence fantastique… Et elle va avoir besoin de la plus célèbre para-psychologue de l’univers Valiant, Shan Fong alias Doctor Mirage, pour espérer en revenir avec toute sa tête !

Les carnets de l’Apothicaire T2

Mao Mao s’est fait sa place auprès de Gyokuyo, favorite de l’empereur. La jeune apothicaire prend de plus en plus d’importance au sein du Quartier des femmes impérial. Politique et jeux de pouvoir se mêlent et s’enveniment dans ce 2e volume des Carnets de l’Apothicaire, d’Itsuki Nanao et Nekokurage, chez Ki-oon.

Mao Mao est désormais dame de compagnie et goûteuse officielle au pavillon de Jade, le pavillon de la concubine favorite de l’empereur, Gyokuyo. Ses talents d’apothicaire reconnus à leurs juste valeurs, elle commence à se faire remarquer. Jusqu’à ce que l’empereur lui-même fasse appelle à elle.

La seconde favorite de l’empereur, Lifa, est profondément malade. Elle doit découvrir quel est le mal qui l’a ronge. Et pour cela, dépasser la muraille hargneuse des dames de compagnie bornées de Lifa.

Les jeux de pouvoir se complexifient, la politique se mélange aux scènes de vie. Le quartier des femmes n’est rien de moins qu’un espace de diplomatie pas si pacifique que ça.

Le caractère franc et spontanée de Mao Mao frappe une nouvelle fois. Doublée de sa malice et de son intelligence, l’apothicaire renforce sa position, et notre sympathie de lecteur. De l’autre côté, le mystère qui entoure le très beau, très charmeur et très haut placé Jinshi s’épaissit. L’homme chargé de veiller sur les concubines a toujours tenu un rôle incertain… Cela mobilise notre imaginaire de lecteur assoiffé de potin romanesque.

Les carnets de L’apothicaire T2 jongle toujours entre un aspect très romantique de la cour et les subtilités des sciences incarnée par Mao Mao et de la politique, incarnés par les autres acteurs du palais impérial.

C’est un tome 2 motivant, intéressant, intrigant. Toujours aussi agréable à lire, par la douceur de ses traits et de ses personnages. Une série qui continue sur une belle lancée.

  • Les carnets de l’apothicaire T2
  • Scénaristes : Natsu Hyuuga et Itsuki Nanao
  • Dessinateurs : Nekokurage et Touco Shino
  • Éditeur : Ki-oon
  • Prix : 7,90€
  • Parution : 4 mars 2021
  • ISBN : 979-10-327-0791-3

Résumé de l’éditeur : Désormais dame de compagnie et goûteuse au service de Gyokuyo, l’une des concubines favorites de l’empereur, Mao Mao commence une nouvelle vie ! Alors qu’elle vient tout juste d’arriver au pavillon de Jade, elle se forge très vite une réputation d’excellente apothicaire, à tel point que l’empereur en personne la convoque…

Il lui faut maintenant s’acquitter d’une mission de taille : trouver la cause du mal qui ronge Lifa, la mère du petit prince décédé. Malheureusement, la tâche est encore plus difficile que prévu ! En effet, pour guérir sa patiente, la jeune fille va d’abord devoir se confronter aux femmes du pavillon de Cristal…

 

Batman Arkham Double-Face

Double-Face est l’un des vilains les plus insidieux de l’univers du Chevalier noir. Les éditions Urban Comics dévoilent Batman Arkham Double-Face, un recueil d’histoires autour d’Harvey Dent.

Harvey Dent est un procureur à qui tout réussi. Notable bien installé à Gotham City, il est incorruptible. Lors de l’affaire Moroni, il peut faire montre de tout son talent de magistrat. L’homme est accusé d’un assassinat odieux. Pour le faire avouer, Dent présente à Moroni, une pièce sur laquelle, il y aurait ses empreintes.

Mais dans une colère immense, l’accusé jette une fiole d’acide au visage du procureur. Même son ami Batman n’a pas eu le temps d’intervenir pour le sauver d’une défiguration.

Après plusieurs jours à l’hôpital, Harvey sait que son visage ne reprendra plus jamais son aspect d’origine. Il est alors pris d’un sentiment de haine vis-à-vis de tout le monde.

« … regarde bien un visage divisé entre la beauté et la monstruosité ! Étonnant… et terrifiant, n’est-ce pas ? »

Harvey Dent bascule alors du côté obscure, celui de la délinquance. Il devient Double-Face, un adversaire féroce à Batman

Sous le label DC Nemesis, Batman Arkham Double-Face est une très belle anthologie du célèbre vilain de l’univers batmanien. L’album s’ouvre ainsi sur Les crimes de Double-Face, inséré dans le Detective Comics #66. Cette histoire fut imaginée par Bill Finger et Bob Kane, les créateurs de Batman.

On y découvre ainsi un personnage duel, une entité qui bascule du côté des méchants. Harvey Dent, qui avait tout pour lui, devient alors un horrible ennemi. Cette ambivalence (entre attirance et répulsion) se lit jusque sur son visage, une sorte de Dr Jekyll et Mister Hyde.

On est donc emmené d’une période à l’autre, d’une décennie à l’autre à travers les meilleures histoires de Double-Face. Moins connu que le Joker ou Catwoman, il mérite toute notre attention tant sa personnalité et sa psychologie sont complexes. Il fut sorti de sa torpeur par les adaptations cinématographiques autour de Batman (notamment The Dark Knight).

  • Batman Arkham Double-Face
  • Auteurs : collectif
  • Traducteurs : Mathieu Auverdin, Xavier Hanart, Jérôme Wicky et Thomas Davier
  • Editeur : Urban Comics, collection DC Nemesis
  • Prix : 29 €
  • Parution : 12 février 2021
  • ISBN : 9791026820703

Résumé de l’éditeur : Autrefois procureur au physique avenant et à la carrière prestigieuse, Harvey Dent est désormais un être défiguré, fou et dangereux, utilisant une pièce à la face rayée pour influencer ses choix et sa carrière criminelle. Pour Batman, il est l’un des pires échecs de sa carrière : un allié passé du côté obscur. Il est aussi un avertissement : combien de temps le Chevalier Noir pourra-t-il tenir face à une société résolument corrompue ?

Partir un jour

Partir un jour, sans retour… c’est l’envie irrésistible du personnage, telle la crise de la quarantaine. Manu Boisteau met en scène ses doutes dans Partir un jour chez Casterman.

« Partir un jour sans retour
Ne plus aller travailler
Sans se retourner
Ne pas regretter »

Oui, oui, j’ai un peu modifié les paroles d’une des plus grandes chansons françaises des années 1990 ! Bon soyons sérieux, Manu a 40 ans, il n’en peut plus de son job, de sa vie, de sa copine. Il passe de psy en psy, il a besoin de se convaincre qu’il peut changer de vie et devenir écrivain. Un jour lors d’un entretien annuel avec le responsable des Relations humaines, il craque et démissionne. C’est le début de la fin…

Alors oui, cette bande dessine traite de la crise de la quarantaine, d’une personne qui sombre, qui tombe de plus en plus bas jusqu’à toucher le fond… mais mais… C’est drôle, hilarant parfois même, et c’est ce qui rend Partir un jour très intéressant. Manu Boisteau nous entraîne avec son « héros » mais avec le sourire. Comme le dit son personnage « pas chiant … Drôle ».

Partir un jour, c’est une bande dessinée qui fait du bien et qui dédramatise la crise de la quarantaine. L’auteur a vraiment pris le bon angle d’attaque. Un très très bon moment de lecture. Je vous la conseille vivement même si vous n’avez pas 40 ans.

  • Partir un jour
  • Auteur : Manu Boisteau
  • Editeur : Casterman
  • Prix : 21 €
  • Parution : 24 mars 2021
  • ISBN : 9782203211490

Résumé de l’éditeur : Partir un jour, sans retour… Telle est la décision de notre héros à lunettes, qui en a assez de son travail sans joie. Car ce qu’il désire au fond, lui, c’est écrire, mais pas n’importe quoi :  » une Bible incandescente, un brûlot sans concession appelé à redéfinir les contours, non seulement de la littérature, mais de la pensée même !  » Mais la pente des lettres est rude, et les ennuis guettent : l’achat inopiné d’un bonsaï et d’huiles essentielles n’empêche ni le départ de l’être aimée ni les relations compliquées avec la psychanalyse. Et puis il y a ces lieux inhospitaliers que notre personnage traverse en rêve, incarnation des échecs passés et des angoisses présentes… Sortira-t-il de l’ornière ? Réussira-t-il à passer la crise de la quarantaine tout en écrivant le Magnum opus que le XXIe siècle attend ?

La fin de juillet

C’est La fin de juillet pour Alek et ses amis. Chez sa grand-mère, le jeune adolescent s’ennuie. Maria Rostocka imagine ses aventures dans cet album édité par FLBLB.

Pour les vacances, Alek est placé chez sa grand-mère, une femme pas des plus agréables. Scotchée des heures devant la télévision, elle ne supporte pas que son petit-fils soit dans ses pattes. Avare de mots positifs, elle préfère le laisser trainer dehors.

Dehors, c’est le terrain de jeu d’Alek. Accompagné par le chien Mik, le garçon rejoint son pote et la sœur de son pote. Ainsi se passent les jours de vacances, souvent synonymes d’ennui.

Surtout que du côté de sa maman, ce n’est pas mieux. Elle travaille beaucoup, doit laisser son fils chez sa mère et entendre les reproches de la vieille femme quant à l’éducation d’Alek

Éloge de la vie à la campagne, la vie d’anonymes qui se laissent porter par le temps, La fin de juillet est un album qui conte les relations conflictuelles d’une mère et sa fille, d’une grand-mère et de son petit-fils. Si l’existence d’Alek ne semble pas de plus fleurissante chez lui, le mieux semble ailleurs. L’exploration des alentours, les relations avec les adolescents de son âge, les premiers émois, l’amitié, les jeux… c’est aussi tout cela La fin de juillet.

Le dessin de Maria Rostocka est aussi doux que le temps qui passe. Si les phylactères changent de couleurs lors des colères de la grand-mère, les planches sont d’une belle délicatesse. Il y a la tension et les émotions à vif mais le dessin atténue tout cela par de la matière apporté par de la gouache.

  • La fin de juillet
  • Autrice : Maria Rostocka
  • Editeur : Flblb
  • Prix : 20 €
  • Parution : 08 avril 2021
  • ISBN : 9782357613010

Résumé de l’éditeur :

– Tu vois cette maison ? Un type y habite… – Quel type ? – Mon père d’après ce que je sais… – Tu ne le connais pas ? – Non. – Mais lui, il sait que tu existes ? – Ouais. – Viens, on va voir de plus près. – Ah non, pas question ! – Après tout, c’est un peu comme chez toi… – Arrête, s’il te plaît… Non, n’y va pas. Arrête… Stop ! En vacances chez sa grand-mère qui ne déscotche pas de la télé, Alek zone avec son pote, la soeur de son pote et les chiens. Il n’y a rien d’autre à faire, c’est la fin de juillet.