Molly Knox Ostertag : « Plus que jamais, les histoires queer sont importantes à raconter ! »

Molly Knox Ostertag (Le garçon sorcière & The Deep Dark) est l’une des autrices américaines que la rédaction de Comixtrip apprécie énormément. Nous avons pu la rencontrer lors du Festival d’Angoulême. Entre imaginaire et fantastique, entre adolescence et représentation de personnages queer, entre romance et censure, plongez dans l’univers si intelligent de cette artiste engagée et militante.

Molly Knox Ostertag sur le stand des éditions Kinaye lors du festival BD d'Angoulême 2025 (crédit photo : Coline Drouhaud / Comixtrip)

Molly Knox Ostertag, comment vous sentez-vous à l’idée d’être ici à Angoulême pour ce grand événement ? Est-ce la première fois que vous venez en France ?

Ce n’est pas la première fois ! Je suis venue une première fois quand j’avais 19 ans et n’avais pas d’argent. J’avais voyagé quelques semaines mais plus récemment j’étais ici pour le Festival du film d’animation d’Annecy. Nimona, le film de mon partenaire ND. Stevenson était projeté. Nous étions donc présents et ça me rappelle quand même beaucoup ce festival-ci. C’était vraiment extraordinaire. Mais c’est la première fois que je participe au festival d’Angoulême.

“Mais quand les éditeurs ont parlé de leur donner une forme physique, ça m’a rappelé que c’était toujours ainsi que j’avais imaginé la publication de mon travail.”

Vous êtes très active en ligne et vous publiez régulièrement vos travaux en cours. Pourquoi avez-vous opté pour des publications physiques ?

C’est drôle, j’ai essayé de poster moins, mais l’appel d’internet est très difficile à ignorer. J’ai toujours voulu publier des livres, j’ai grandi en aimant les livres et donc internet m’a semblé être un moyen de partager mes histoires. Mais quand les éditeurs ont parlé de leur donner une forme physique, ça m’a rappelé que c’était toujours ainsi que j’avais imaginé la publication de mon travail.

Depuis, j’ai créé des choses qui, selon moi, sont faites pour rester sur internet. Pour la plupart de mes livres, l’intention derrière est tout de même qu’ils soient publiés et imprimés.

“Mais pendant un certain temps, j’ai envoyé toutes les souscriptions reçues à une association caritative transgenre.”

Le garçon sorcière, La sorcière secrète de Molly Knox Ostertag (Kinaye)

À propos de votre travail en ligne, les abonnements à In the Telling sont reversés à une fondation pour les droits des personnes trans, est-ce parce que vous trouvez que les ventes physiques de vos livres sont suffisamment rémunératrices ?

En fait, pour l’instant, je n’utilise pas de système d’abonnements payants pour donner accès à mon travail, parce que j’aime le partager autant que possible.

Mais pendant un certain temps, j’ai envoyé toutes les souscriptions reçues à une association caritative transgenre.

En fait, j’ai reçu une subvention de Substack pour créer pendant un an. Ils m’ont donné une belle somme d’argent pour travailler pendant cette période et j’ai pu faire ce que je voulais.

J’ai donné une sorte de cours de bande dessinée sur mon Substack : In The Telling et j’ai publié Darkest Night qui est finalement devenu The Deep Dark. Ils m’avaient déjà accordé cette subvention, alors j’ai pensé que l’argent que je recevais des abonnements, je pouvais le donner.

Mais en dehors de ça, la plupart de mes revenus proviennent de la vente des livres et des droits d’auteur. Ça ne convient pas à tout le monde mais j’ai eu la chance de pouvoir en vivre. Je pense que ça a été une grande chance de travailler avec Scholastic, qui publie ces livres pour les collégiens et les jeunes adultes. Ils sont tellement populaires en ce moment qu’ils vendent beaucoup aux écoles et aux bibliothèques, et c’est de là que vient une grande partie de mes revenus.

Le garçon sorcière, La sorcière secrète de Molly Knox Ostertag (Kinaye)

Molly Knox Ostertag, l’un de vos premiers livres publiés en France, La révolte des Valtis,  l’a été chez rue de Sèvres, le reste chez Kinaye. Quelles sont vos relations avec vos éditeurs français ?

La plupart du temps, honnêtement, ça passe par mon éditeur américain qui s’adresse à Scholastic et demande des droits de traduction. Romain Galand est le premier éditeur étranger avec qui j’ai réellement échangé. Il a été très gentil et a essayé de me faire venir en France depuis quelques années. Je suis donc très heureuse que nous ayons réussi à le faire cette année !

“J’ai donc l’impression que les livres ont un effet très puissant sur les jeunes et c’est vraiment le public que je veux atteindre.”

La fille de la mer de Moly Knox Ostertag (Kinaye)

Tous vos livres qui ont été traduits et publiés en France ont un point commun : l’adolescence. Pourquoi est-ce important pour vous d’écrire sur cette période de la vie ?

Déjà, beaucoup d’adolescents lisent de la bande dessinée aux États-Unis. C’est beaucoup plus populaire parmi les ados et plus difficile à faire lire aux adultes. Mais j’aime aussi beaucoup les adolescents, tout simplement.

Je me souviens de comment je percevais le monde à cet âge-là. Je me souviens avoir cherché des livres dans lesquels me fondre et échapper au monde extérieur ou pour essayer d’en apprendre plus sur moi-même à travers eux. J’ai donc l’impression que les livres ont un effet très puissant sur les jeunes et c’est vraiment le public que je veux atteindre.

“Tous mes personnages ont en eux quelque chose de moi.”

Est-ce que vous vous appuyez sur vos propres souvenirs d’adolescence pour imaginer des histoires ?

Oui ! Je n’ai jamais écrit d’autobiographie parce que c’est très difficile pour moi, mais tous mes personnages ont en eux quelque chose de moi.

J’ai une théorie selon laquelle, pour moi en tout cas, il me faut environ 10 ans pour traiter un événement. J’ai donc écrit The Witch Boy au début de ma vingtaine alors que ça parle d’enfants âgés de 11 à 14 ans. Au fur et à mesure que je vieillis, mes personnages vieillissent aussi. La Fille de la Mer parle d’une fille de 15 ans, The Deep Dark parle de filles de 18 ans. Il s’agit de traiter ces ressentis au fur et à mesure qu’ils se manifestent et investissent mon cerveau.

“Il s’agit donc aussi de donner à des enfants queer qui ne savent peut-être pas encore comment l’exprimer ou qui sont perdus dans leurs questionnements, un modèle pour aborder cette partie de leur identité.”

Pourquoi pensez-vous que l’adolescence est une période propice à l’écriture ? Pourquoi est-ce important pour vous ?

On vit beaucoup de changements. On découvre qui on est et on s’attache souvent à des personnages fictifs, du moins c’était mon cas. Je m’attachais vraiment aux personnages et j’essayais de leur ressembler ou rêvais de passer du temps avec eux et je m’en servais pour me définir. Donc, je pense qu’il y a quelque chose dans le fait de leur offrir de la visibilité.

The Deep Dark de Molly Knox Ostertag (éditions Kinaye)

Vous le savez, la plupart des personnages de mes livres sont queer. Il s’agit donc aussi de donner à des enfants queer qui ne savent peut-être pas encore comment l’exprimer ou qui sont perdus dans leurs questionnements, un modèle pour aborder cette partie de leur identité. C’est certainement lié à ça
C’est surtout très intéressant. On traverse tellement d’événements pour la première fois, on ressent tellement d’émotions pour la première fois, tout semble vraiment très important et très intense et ça se retranscrit très bien.

Depuis peu, je commence à aimer créer autour de l’âge adulte et je suis sûre que je le ferai plus à l’avenir, mais il y a quelque chose de très amusant et d’intuitif dans le fait de créer autour de l’adolescence.

Le garçon sorcière 1 de Molly Knox Ostertag (Kinaye)

Molly Knox Ostertag , pourquoi avez-vous décidé de passer par le fantastique pour parler de ces sujets ?

Il y a tellement de raisons pour lesquelles j’utilise le fantastique et je pense qu’en fait, au fur et à mesure, mes livres le sont de moins en moins.

Par exemple, dans Le Garçon Sorcière, la famille entière pratique la magie. Dans La Fille de la Mer il n’y a qu’une créature magique et enfin dans The Deep Dark il y a encore une créature magique mais plus petite, donc il y a de moins en moins de magie.

Mais ce que j’aime dans le fantastique, c’est que c’est ce que j’ai envie de dessiner. La magie, c’est d’abord des créatures et des choses vraiment amusantes et intéressantes à dessiner. Elle peut aussi agir en tant que métaphore. Elle peut être un moyen subtile d’explorer différents problèmes et sentiments plutôt que d’avoir à les aborder de manière frontale en leur donnant des noms. On peut parler de magie à la place et ça peut être un moyen d’explorer certaines émotions.

Le garçon sorcière 1 de Molly Knox Ostertag (Kinaye)

Par exemple, dans la série Le Garçon Sorcière, beaucoup de gens interprètent Astor comme une fille transgenre et je pense que c’est une bonne lecture, mais ce n’est pas la seule ! Et ce que j’aime dans cette histoire c’est qu’elle peut signifier beaucoup de choses différentes pour beaucoup de gens différents. Pour certains, il s’agit d’une fille transgenre, pour d’autres d’un personnage gay, pour d’autres encore il peut simplement s’agir de : « je ne veux pas faire de sport, alors que tous les membres de ma famille en font ». C’est pour ça que j’aime la métaphore de la magie, parce que l’on peut s’y identifier sur plein de niveaux différents.

Vous nous dites avoir toujours aimé les livres fantastiques. Avez-vous été confrontée pendant votre adolescence à des œuvres qui vous ont accompagnée dans vos propres questionnements ?

Oui, certains d’entre eux ont été des livres très importants pour moi lorsque j’étais adolescente. Il n’y avait pas vraiment de bandes dessinées aux États-Unis à l’époque, certaines personnes lisaient des mangas, mais je n’en connaissais pas l’existence dans mon adolescence.

Tamora Pierce - Lioness Rampant

J’adorais les livres de Tamora Pierce qui écrivait des histoires sur des femmes chevaliers dans des mondes fantastiques remplis seulement de personnages féminins. J’adorais certaines autrices comme Diana Wynne Jones et Diane Duane. Le Seigneur des Anneaux a été très important pour moi. Oui, ce sont quelques-uns des livres qui m’ont vraiment servi. J’avais mon propre monde fantastique dans lequel j’aimais me rendre et qui s’est construit à partir de ces livres.

“C’était mon genre de lectures, donc j’avais toujours de la fantasy et de la magie en tête.”

Est-ce parce que vous avez lu des livres fantastiques que vous avez commencé à écrire dans ce genre ou est-ce parce que l’offre était limitée et que vous avez ressenti le besoin d’offrir plus d’histoires de ce genre au monde ?

Je pense que c’est la première option ! C’était mon genre de lectures, donc j’avais toujours de la fantasy et de la magie en tête. J’ai toujours essayé de faire de la fantasy épique, de la high fantasy; c’est-à-dire des récits qui prennent place dans un monde entièrement fantastique, comme Le Seigneur des Anneaux. J’essaie toujours de le faire mais à chaque fois je n’y arrive pas, je ne sais pas pourquoi. C’est un défi que j’arriverai peut-être à relever un jour.

La sorcière du solstice de Molly Knox Ostertag (Kinaye) - Le garçon sorcière

Avez-vous déjà imaginé que Le Garçon Sorcière, La Fille de la Mer et The Deep Dark puissent faire partie d’un seul et même univers ?

Je pense que dans mon esprit, ils appartiennent plus ou moins au même univers, même s’ils prennent place à des endroits différents. J’ai failli mettre Astor dans The Deep Dark mais finalement ça ne fonctionnait pas. Pour moi, ils évoluent tous dans un monde qui est très similaire au nôtre, sauf que lorsque l’on regarde bien dans les coins, il y a de la magie.

Est-ce que vous êtes d’accord si on parle un peu de politique maintenant ?

Oui bien sûr !

“[Les histoires queer], plus que jamais, ce sont des histoires importantes à raconter.”

Produire de l’art est un acte fondamentalement politique, aujourd’hui plus que jamais, surtout lorsqu’il est question de genre et d’émancipation. Comment envisagez-vous les répercussions des récentes élections présidentielles sur votre travail et sur les minorités que vous mettez en avant ?

Oui, c’est vraiment effrayant. Il n’a pas encore été adopté, mais je sais qu’une partie du Projet 2025 vise spécifiquement les auteurs de livres pour enfants qui travaillent sur des thèmes queer. Ce projet propose que nous soyons étiquetés comme délinquants sexuels ou prédateurs sexuels, ce qui est tout simplement choquant et effrayant. Un véritable crève-cœur.

Beaucoup de mes livres sont interdits dans pas mal d’endroits différents. J’en entends parler tout le temps. Mon ressenti à ce sujet c’est que je suis intimidée et effrayée mais mon sentiment principal reste tout de même qu’ils n’attaqueraient pas ça si durement si ça n’était pas aussi puissant.

Je crois que j’ai commencé à écrire ces livres en me disant que je créais juste des œuvres de fantasy pour moi-même. C’était le genre d’histoires que je voulais voir. Je ne savais pas si quelqu’un d’autre le voulait et même si c’était le cas, je ne savais pas si c’était important.

The Deep Dark de Molly Knox Ostertag (éditions Kinaye)

J’ai toujours eu l’impression que je devrais peut-être faire quelque chose de plus important que dessiner. Mais le fait que ce type d’œuvres soit attaqué avec une telle intensité, mais aussi d’entendre les témoignages des enfants qui y ont trouvé l’inspiration pour faire leur coming-out, être eux-mêmes et vivre une vie plus alignée avec leurs valeurs, même si ce n’est que dans l’intimité de leur esprit, le fait d’entendre ces enfants et ensuite de voir à quel point la réaction a été forte, me convainc plus que jamais que ce sont des histoires importantes à raconter.

Vous pensez donc que la solution est de continuer à publier, à écrire et à se battre ?

Bien sûr ! Et je pense que je réfléchis vraiment à quelles histoires raconter et à la manière de le faire.

Ce qui m’a beaucoup inspiré ces derniers temps, c’est de regarder des vieux films que je sais avoir été réalisés par des personnes queer, qui mettent en scène des personnes queer, qui parlent de queerness, mais qui ne pouvaient pas le faire explicitement à cause du Hays Code* qui limitait ce que les films pouvaient raconter en Amérique.

J’ai donc regardé beaucoup de ces films et j’ai vu comment les gens parvenaient à raconter leur histoire même s’ils ne prononçaient pas certains mots ou ne montraient pas explicitement un baiser entre personnes de même sexe ou autre. Il faut donc voir aujourd’hui comment nous montrer astucieux pour raconter nos histoires. Ils ne nous empêcheront jamais de les raconter, mais nous devrons peut-être changer un peu de vocabulaire. Je pense que les bandes dessinées en particulier sont importantes en cela.

“Je réfléchis donc à des moyens de le cacher aux censeurs, mais pas aux lecteurs.”

La fille de la mer de Moly Knox Ostertag (Kinaye)

La Fille de la Mer est très banni. C’est mon livre le plus interdit. C’est si facile de prendre cette bande dessinée et de voir deux filles s’embrasser. Pourtant, c’est une histoire si douce, c’est très approprié pour l’âge des lecteurs. Ce sont deux jeunes filles qui vivent leur premier amour. Mais, parce que les censeurs peuvent le prendre et capter immédiatement sans même l’avoir lu, il est très souvent banni. Je réfléchis donc à des moyens de le cacher aux censeurs, mais pas aux lecteurs. Je n’ai pas encore de solution, mais c’est une chose à laquelle je réfléchis en permanence.

Pour continuer à parler des formes d’art que vous pratiquez, vous travaillez également dans l’animation. Comment vos différentes pratiques se renforcent-elles l’une l’autre ? Comment fonctionnent-elles ensemble ?

Ce que je préfère dans l’animation, c’est travailler en équipe. Le fait d’avoir un grand nombre de personnes impliquées permet de créer un monde plus vaste et une histoire plus riche.

Les expériences que j’ai préférées dans le domaine de l’animation se déroulent comme ça : Vous avez une idée. Puis, vous en parlez à vos collègues scénaristes. Ils vous donnent alors d’autres idées. Ils vous disent, voici comment la rendre plus drôle, voici comment la rendre plus dramatique. Ensuite, vous la transmettez aux storyboarders, qui la visualisent et font quelque chose de mieux.

Thundercats Rrrr sur la plateforme Okoo en France - scénario : Molly Knox Ostertag

Je peux faire toutes ces choses, je peux écrire, je peux dessiner, mais lorsque des personnes individuelles se chargent de chaque étape, c’est toujours mieux que ce que j’aurais pu faire seule. C’est ce que j’aime vraiment dans l’animation.

“Ce que je n’aime pas dans l’animation, c’est qu’il y a beaucoup plus de censure.”

Il est beaucoup plus difficile de réaliser des histoires intéressantes. Il est beaucoup plus difficile de sortir des sentiers battus. Pour ce qui est des représentations queer mais aussi pour ce qui est de raconter des histoires originales en général, c’est vraiment difficile d’amener les studios à produire quelque chose de nouveau.

Les deux s’influencent mutuellement. L’animation m’inspire et je peux l’appliquer à ma pratique de la bande dessinée. Dans la bande dessinée, j’essaie de voir jusqu’où je peux aller et essaie de développer mes capacités de scénariste, puis de les appliquer à l’animation.

“Mais pour moi, les livres physiques ont un tel pouvoir qu’ils resteront toujours mon premier amour.”

Donc pensez-vous qu’internet soit, pour l’instant, l’endroit le plus libre dans lequel vous puissiez vous exprimer ?

Je n’en suis pas sûr. Nous assistons à l’effondrement des réseaux sociaux. J’étais beaucoup sur Twitter et ça n’est clairement plus utilisable depuis quelques années. C’est devenu toxique. Je préfère poster sur Substack. C’est un endroit où je peux partager avec un public qui s’est engagé à voir mon travail et qui est un public agréable. Ça ne sort pas de la plateforme.

Mais pour moi, les livres physiques ont un tel pouvoir qu’ils resteront toujours mon premier amour. Ce sera toujours ce que j’essaie de faire, parce qu’un livre peut être trouvé n’importe où, dans une bibliothèque ou abandonné dans la rue. On peut le ramasser et voir son monde être changé du tout au tout. C’est donc toujours avec ce format que j’ai le plus envie de travailler.

Watson's Sketchbook de Molly Konx Ostertag

À propos, Watson’s Sketchbook va-t-il rester en ligne ou est-il destiné à être imprimé à un moment donné ?

Je l’espère ! J’ai auto-publié un volume et il a été en rupture de stock très, très rapidement. Maintenant j’espère trouver un éditeur qui m’aidera à faire le reste. Je dois dire qu’internet me permet d’expérimenter, d’être très joueuse et d’avoir des cheerleaders qui me soutiennent dans mon travail.

Ce projet a été très jouissif parce qu’il a commencé par un post en lien avec le fandom de Sherlock Holmes avant de constater que beaucoup d’autres personnes étaient intéressées. Ça s’est développé de manière très organique. Je ne sais pas si vous connaissez le terme snowballed (“un effet boule de neige” ndlr), mais ça a pris de plus en plus d’ampleur au fur et à mesure du temps. C’était amusant. Si j’avais dû préparer une présentation pour un éditeur, ça aurait été très différent. Le processus a donc été très plaisant.

“ Ils ne peuvent pas m’empêcher de faire de la bande dessinée queer.”

Donc, vous n’avez pas peur de la censure ? Vous publierez coûte que coûte ?

Bien sûr. Ils ne peuvent pas m’arrêter. Ces personnes ne peuvent pas m’empêcher de faire de la bande dessinée. Ils peuvent peut-être les interdire. Peut-être que mes éditeurs cesseront de travailler avec moi. J’espère que non, car j’aime mes éditeurs. Peut-être qu’internet va les censurer. Mais, ils ne peuvent pas m’empêcher de faire de la bande dessinée queer.

Molly Knox Ostertag sur le stand des éditions Kinaye lors du festival BD d'Angoulême 2025 (crédit photo : Coline Drouhaud / Comixtrip)

Super, c’est exactement ce que nous voulions entendre Molly Knox Ostertag ! Merci pour votre temps, votre gentillesse, votre sourire et bon festival !

*Hays Code a pour but de réguler le contenu de la production des films en donnant des recommandations sur ce qu’il est convenable ou pas de montrer à l’écran. Il a été appliqué de façon stricte de 1934 à 1952 aux États-Unis.

Entretien réalisé le jeudi 30 janvier 2025 à Angoulême
Questions, traduction et photographies : Coline Drouhaud
Questions et mise en page : Damien Canteau
Article posté le vendredi 21 février 2025 par Damien Canteau

À propos de l'auteur de cet article

Damien Canteau

Damien Canteau est passionné par la bande dessinée depuis une trentaine d’années. Après avoir organisé des festivals, fondé des fanzines, écrit de nombreux articles, il est toujours à la recherche de petites merveilles qu’il prend plaisir à vous faire découvrir. Il est aussi membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée) et co-responsable du prix Jeunesse de cette structure. Il est le rédacteur en chef du site Comixtrip. Damien modère des rencontres avec des autrices et auteurs BD et donne des cours dans le Master BD et participe au projet Prism-BD.

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