L’épopée de la Franc-Maçonnerie

L’épopée de la Franc-Maçonnerie est la nouvelle série au long court des éditions Glénat supervisée par Didier Convard. Les deux premiers volumes sont sortis simultanément en librairie le 12 septembre.

Initié il y a 35 ans à la Grande loge de France, Didier Convard a toujours été attiré par les mystères entourant les obédiences. Il suffit de se pencher sur sa bibliographie pour voir apparaître en filigrane la Franc-Maçonnerie dans quelques unes de ses séries comme Neige ou Le triangle secret.

Pour les prolonger, il a proposé le projet d’une histoire de la Franc-Maçonnerie aux éditions Glénat et plus particulièrement à Frédéric Mangé, éditeur.

Sans vouloir être un documentaire précis et trop pédagogue, Didier Convard a préféré imaginer une histoire romanesque de la Franc-Maçonnerie comme le montre le premier volume autour de la légende d’Hiram, architecte du Temple de Salomon à Jérusalem. Ce mythe serait l’un des fondements de la Franc-Maçonnerie. Tout simplement parce que : « la Franc-Maçonnerie est une société initiée par des bâtisseurs » d’où les symboles du compas et de l’équerre.

L’épopée de la Franc-Maçonnerie comprendra 12 volumes sous la houlette de Didier Convard. Pour le premier tome, c’est lui-même qui scénarise. Pour l’accompagner, il a choisi Denis Falque, son compagnon de route sur Le triangle secret. Il écrira par la suite le 5e et le 8e opus. Les autres le seront par Pierre Boisserie et Jean-Christophe Camus.

Le premier tome est plaisant à lire. Très classique dans sa narration et son style graphique, il plaira aux amateurs de grandes épopées historiques. Ainsi, l’on suit Hiram et ses équipes qui mettent en œuvre la construction du Temple de Salomon. Machinations, complots et secrets sont au cœur de ce récit qui nous a fait passer un bon moment de lecture comme le fut celle de Grand Orient, un album humoristique signé Jérôme Denis et Alexandre Franc.

A noter que Vincent Wagner, Olivier Pâques et Pierre Wachs complètent le casting des dessinateurs. Les trois auteurs sont des habitués des récits historiques. De plus, la collection s’offre les services du peintre Julien Delval pour les 12 couvertures. Enfin, Angélique Césano donnera de l’harmonie à la série puisqu’elle a en charge les couleurs sur l’ensemble des volumes.

  • L’épopée de la Franc-Maçonnerie, tome 1 : L’ombre d’Hiram
  • Scénariste : Didier Convard
  • Dessinateur : Denis Falque
  • Coloriste : Angélique Césano
  • Editeur : Glénat
  • Parution : 09 septembre 2020
  • Prix : 10.95 €
  • ISBN : 9782344030431

Résumé de l’éditeur : Et la fraternité chassa les ténèbres…En mourant, le roi David confie Israël au plus sage de ses fils : Salomon. Outre la mission de maintenir la paix dans son royaume, conservant les alliances âprement établies par son père, Salomon a la charge de bâtir la Maison de Dieu, le Temple qui accueillera l’Arche d’Alliance… Mais l’oeuvre est telle qu’elle nécessite un maître en architecture, initié par les Anciens, héritier des bâtisseurs de Der el Medineh. Le roi de Tyr, ami d’Israël, connaît cet homme qu’il emploie dans la conception de ses plus grands travaux et qu’il va envoyer auprès de Salomon. Il se nomme Hiram. L’Épopée de la Franc-maçonnerie commence alors, Hiram devenant le légendaire fondateur de l’Ordre… Mais plus tard, à la destruction du Temple de Salomon, la pierre comportant les trois symboles « gravés » par Dieu, une étoile, un croissant et une croix, sera brisée en trois parties. Trois veuves en récupèrent chacun une…

Le mangeur d’espoir

Après la formidable série La femme et l’orage, Karim Friha imagine Le mangeur d’espoir, un nouvel album fantastique jeunesse aux éditions Gallimard. Intelligent et accrocheur !

Né en 1980, Karim Friha est l’un des auteurs les plus intéressants et doués de sa génération. En seulement six albums depuis 2010, il a su se créer un univers original et personnel très identifiable. Ses deux précédentes séries La flamme et l’orage & Le réveil du Zélphire nous ont enchanté.

Le mangeur d’espoir suit les pas de la jeune Rachel dont le père vient tout juste de décéder d’un cancer. Quant à sa mère, elle a sombré dans une grave dépression à la suite du décès de son époux. La vie est donc délicate pour la jeune adolescente de 16 ans : son père n’est plus là physiquement, tandis que sa mère n’est plus là, psychologiquement.

L’arrivée inopinée d’Adrian Stern va changer la donne. Le médecin en est sûr : il faut aider la mère de Rachel. Pour cela, la jeune fille doit entrer dans la mémoire de sa génitrice…

Mystères, pressions extérieures et fantastique sont au cœur de Mangeur d’espoir. Ce one-shot est prenant et accrocheur. Il aborde avec habileté les sujets de la dépression, du deuil, de l’entraide d’une fille envers sa mère dans un univers fantasy maîtrisé.

  • Le mangeur d’espoir
  • Auteur : Karim Friha
  • Éditeur : Gallimard BD
  • Prix : 18 €
  • Parution : 09 septembre 2020
  • ISBN : 9782075121514

Résumé de l’éditeur : Il se passe des choses étranges à Montmartre. Le quartier est hanté par des créatures surnaturelles et des esprits maléfiques… À 16 ans, Rachel est loin de partager l’insouciance des adolescents de son âge. Elle vient de perdre son père d’un cancer foudroyant, ce qui a déclenché la grave dépression de sa mère… Mais d’après l’étrange Docteur Adrian Stern, la mère de Rachel est victime du Mangeur d’espoir, une entité démoniaque qui envahit l’esprit pour se nourrir des plus beaux souvenirs. Pour sauver sa mère, Rachel doit pénétrer dans sa mémoire pour y traquer le monstre…

Transparente

A travers un récit saupoudré de fantastique, Transparente, de Jun Ogino édité chez Kurokawa, raconte avec justesse l’impact des violences conjugales sur l’ensemble d’une famille.

Le père d’Aya est violent. Sa mère, sous le joug de la terreur, garde l’espoir de protéger ses enfants. Pendant que son frère détourne le regard, Aya n’en peut plus. Les années passent, elle se sent prisonnière de ce foyer dominé par la violence. Elle ne sait pas qu’est un père “normal”, un père qui ne frappe pas sa femme. Désormais même hors de la maison, elle voit le mal partout. Elle voudrait disparaître de ce monde.

Et c’est curieusement ce qui lui arrive. Un jour, son image s’efface dans le miroir, elle devient invisible. D’expérience en expérience, Aya s’approprie son nouveau pouvoir. Et si cette capacité lui permettait de faire disparaître la peur de son quotidien ? Et si être invisible lui permettait de faire disparaître son père ? Dotée de cette surprenante compétence, Aya porte un nouveau regard sur ce qui l’entoure. Au fils du temps, elle se fraye un chemin vers le bonheur effacé par son père… Mais à quel prix ?

Transparente est un manga fort. Il montre avec poigne l’impact des violences conjugales. Les répercussions terribles qu’elles ont sur l’ensemble du foyer. Jun Ogino nous donne la sensation que le manga est un huis-clos, nous montrant l’effet d’isolation créé autour du foyer.

Rapidement nous sommes oppressés par la présence de ce père violent. Comme Aya, on espère se sortir de là. Aya invisible s’éloigne de son rôle de spectatrice pour entrer en scène. C’est à la fois une prise de distance et le moyen pour elle de s’intégrer au monde.

En tant que personnage pour raconter les enjeux de l’histoire, les répercussions des violences conjugales, Aya est parfaite. Cependant, son caractère contemplatif l’efface un peu. C’est peut-être volontaire, mais on a du mal à s’attacher à elle en tant que personne.

Transparente est un récit terrible et d’actualité doté d’une touche surnaturelle pour donner corps au métaphore de la guérison. C’est une histoire poignante où Aya n’est pas au bout de ses surprises et ses doutes : sur la moral et l’injustice.

  • Transparente
  • Auteur : Jun Ogino
  • Éditeur : Kurokawa
  • Prix : 7,65 €
  • Parution : 12 mars 2020
  • ISBN : 9782368526910

Résumé de l’éditeur : Aya Kinomiya, 9 ans, grandit entre un père violent, un frère apathique et une mère qui tente de protéger ses enfants. Un quotidien insupportable qui donne à Aya l’envie de disparaître. L’envie se mue en réalité quand la jeune fille se découvre le pouvoir de devenir transparente aux yeux des autres. Pourtant, au sein de sa famille, rien ne change. Jusqu’à ce que son don d’invisibilité la pousse à commettre un geste au-delà de l’imaginable. Sa vie va s’en trouver transformée, mais de quelle façon ?

Show Me Love

Show Me Love est le premier manga d’Ami Fushimi. Elle nous glisse dans une tendresse ambiante et aborde la thématique de la famille, composée, recomposée, décomposée, rafistolée.

Nami et sa mère surbookée emménagent dans leur nouvel appartement. Elle découvre vite qu’un de ses professeur de lycée, M. Nagakawa, habite juste en dessous de chez elle. Nami, abandonnée par son père, est en rupture avec les autres. Tandis que Nagakawa est un père divorcé, séparé de son fils. Pourtant le petit Kenta passe son temps à venir chez lui en catimini, sans prévenir sa mère. Très vite Nami se lie d’amitié avec l’enfant.

Ce one shot d’Ami Fushimi orbite autour du rôle du père. Entre une adolescente qui n’a plus de contact avec le sien, un père qui ne sait pas comment montrer son amour et un petit garçon qui ne trouve pas sa place entre ses deux parents, un équilibre fragile se met en place. Grâce aux uns et aux autres, Nami, Kagakawa et Kenta retrouvent l’amour qu’ils avaient oubliés.

C’est une histoire pleine de douceur, où des personnages amorphes en terme de relations humaines se réveillent peu à peu et retrouvent le goût de l’amour parent-enfant. Cependant on sent comme un manque de fluidité. Certaines évolutions scénaristiques arrivent comme un hoquet.

Cela tient peut-être du fait qu’Ami Fushimi a dû faire des concessions. Pour des raisons éditoriales (ndlr : mot fourretout pour dire que ce n’est pas le choix de l’auteur) son histoire devait être achevée en 5 chapitres. Show Me Love en aurait bien mérité un ou deux de plus.

Ami Fushimi dévoile avec Show Me Love, publié aux éditions Akata, la douceur de ses histoires et des thématiques à fleur de société dans un mélange de pudeur et d’affirmation de son style.

  • Show me love
  • Auteur : Ami Fushimi
  • Éditeur : Akata
  • Prix : 8,05€
  • Parution : 28 mai 2020
  • ISBN : 9782369747420

Résumé de l’éditeur : Nami vient d’emménager avec sa mère dans un nouvel appartement. Abandonnée par son père, l’adolescente désabusée est en rupture avec les autres. Mais elle découvrira avec stupeur qu’un de ses professeurs habite désormais dans le même immeuble qu’elle. Ce dernier, divorcé, vit séparé de son ex-femme et de son fils, Kenta. Très vite, la collégienne se prend d’affection pour le petit garçon…

Le prix du reste de ma vie T2

Le prix du reste de ma vie pourrait s’arrêter là. Sur ce tome 2,  une dernière page subtile où l’histoire pourrait changer de sens, nous prendre à revers, par surprise. Peut-être , ou peut-être pas. Le tome 2 du Prix du reste de ma vie se termine en suspens.

Après avoir vendu presque toute sa vie, Kusunoki réalise ses derniers souhaits avant de mourir. Parmi lesquels, il y a : retrouver Himeno, son amie d’enfance. D’ailleurs, elle n’est pas exactement une amie d’enfance. Elle est plutôt la seule personne avec qui Kusunoki était en concurrence pour les meilleurs notes aux examens. Ils étaient deux enfants à part qui, à défaut d’avoir de vrais amis, s’étaient promis de se marier si 10 ans plus tard ni lui ni elle n’avait de partenaire.

L’histoire voulut qu’ils ne gardent pas contact. Jusqu’à une drôle de nuit où une fête agite le temple de leur ville natale. Un hasard ? L’alignement mystérieux des planètes ? Il se trouve que la seule nuit où Kusunoki était là, Himeno passait par là.

Mais tout ne se passe pas comme prévu.

Ce deuxième tome du prix du reste de ma vie a un goût doux-amer. Kusunoki vogue entre son passé et ses désirs, bloqué par l’absence d’avenir. Pourtant lorsqu’il s’aperçoit que le passé n’a pas le visage qu’il lui prêtait, il conclut « C’est à ce moment que, dans le peu de temps qu’il me restait à vivre, je me suis découvert un but ». Dans sa quête, il est toujours suivi par Miyagi, sa surveillante. Au fils du temps, son comportement stricte et distant s’assouplit un peu, rend les journées de Kusunoki plus légères.

Kusunoki continu d’évoluer, ainsi que Miyagi. Mais avec un rythme tempéré et une intensité pianissimo. Ces deux personnages se tiennent comme dans une bulle tandis que le temps passe plus vite autour d’eux, rendant le décalage entre le monde et leur personnalité plus grand.

Ce sentiment d’être « à côté de la plaque, mais faisons avec » ressort dans les trois mangas de Sugaru Miaki. Dans chacun d’eux, l’auteur aborde la question sous un angle différent. Le tome 2 du prix du reste de ma vie permet de voir ses questionnements évoluer, s’accentuer, nous surprendre et nous interroger.

Une série définitivement à suivre, car on s’y plonge complètement et on en ressort trempé de nouvelles questions. Tant mieux, car le tome 3 est prévu dans les bacs pour février 2021.

  • Le prix du reste de ma vie T2
  • Auteur : Sugaru Miaki et Shouichi Taguchi 
  • Éditeur : Delcourt/Tonkam
  • Prix : 7.99€
  • Parution : 26 août 2020
  • ISBN : 9782413026587

Résumé de l’éditeur : Kusunoki était un enfant plein de rêves et d’ambition. Devenu un jeune adulte désargenté, il entend alors parler d’une boutique dans laquelle il était possible de revendre son espérance de vie, son temps ou sa santé. Après estimation, il découvre qu’il lui reste trente ans et trois mois d’une vie insipide, évaluée à … 2.500 3. Kusunoki décide alors de vendre son espérance de vie, à l’exception des trois derniers mois qu’il passera sous la supervision de Miyagi, une jeune femme chargée de veiller à ce qu’il ne commette rien de répréhensible durant ce laps de temps…

Le vieil homme et son chat boivent du petit lait

Quelle merveille ! Quelle petit écrin de douceur ! Nekomaki dévoile le quatrième opus de sa très jolie série Le vieil homme et son chat.

Après un premier volume qui  nous avait fait fondre par les émotions véhiculées, Nekomaki poursuit son petit bonhomme de chemin avec le quatrième opus de Le vieil homme et son chat.

A travers de courtes histoires, les mangakas (ce serait un couple de dessinateurs) rendent un hommage vibrant et tout en pudeur des vieilles personnes mais également des chats. Amoureux de ces félins, ils imaginent de très jolis récits entre amitié, humour et amour. Il y a toujours de la bienveillance et de l’optimisme dans Le vieil homme et son chat. Sans jamais tomber dans la mièvrerie, Nekomaki illustre la vie d’habitant.es d’une île avec douceur.

Comme arrive l’hiver, l’épicerie doit fermer. La population doit donc s’organiser pour se ravitailler sur le continent. Daikichi se voit confier la mission de haute importance de réceptionner les colis pour ses pairs les plus âgés de l’île.

Encore un très beau volume du Vieil homme et son chat. Sans conteste, l’une de plus belle série manga sur les chats !

  • Le vieil homme et son chat, tome 4 : Le vieil homme et son chat boivent du petit lait
  • Auteur : Nekomaki
  • Éditeur : Casterman
  • Prix : 15 €
  • Parution : 1er juillet 2020
  • ISBN : 9782203179240

Résumé de l’éditeur : Les saisons se suivent sur l’île aux chats, mais détrompez-vous, elles ne se ressemblent pas ! L’épicerie ferme, obligeant la population à organiser des missions de ravitaillement sur l’île voisine… Et voici Daikichi en charge du colis des vieux ! Au café de l’île, au contraire, on embauche. Et quelle nouvelle recrue : une jeune femme qui va faire chavirer bien des cœurs et va donner aux anciens de l’île une envie de jouer les entremetteurs avisés…

Cuisine centrale

L’auteur de bandes dessinées Troubs a suivi le travail d’employés de l’ESAT Montclairjoie de Sainte-Livrade-sur-Lot. Il fait le compte-rendu de cette immersion dans Cuisine centrale, une très joli album édité par Les requins marteaux.

Troubs est un auteur que l’on apprécie énormément à Comixtrip. Sensible, proche des gens et grand dessinateur, il a développé une œuvre très humaniste. Après Sables noirs, La longue marche des éléphants, Chemins de pierre, le puissant Humains, la Roya est un fleuve ou encore Mon voisin Raymond, il a été choisi pour une « résidence en entreprise ». Ainsi, il a pu monter des ateliers avec des élèves de lycées professionnels de Nouvelle-Aquitaine mais il a aussi été observé la vie dans un ESAT (établissement médico-social de travail protégé, réservé aux personnes en situation de handicap et visant leur insertion ou réinsertion sociale et professionnelle).

Il a donc suivi le quotidien de travailleurs dans une cuisine centrale de Sainte-Livrade-sur-Lot. Ce qui frappe dans cet album, c’est la richesse des parcours de ces employés : tous différents, tous uniques. Entre ceux qui n’avaient jamais travaillé dans la restauration ou ceux « cassés par la société », ils sont beaux sous les pinceaux de Troubs. Ces mini-portraits sur une page donnent de la chaleur à la lecture de Cuisine centrale. Sans les connaître et avec une description de quelques lignes, on s’attache à ces personnes dont le travail est essentiel à la commune. Ils préparent notamment les repas pour les écoles.

Avec Cuisine centrale, Troubs démontre une fois de plus la bienveillance de son œuvre, sa volonté de raconter l’intime pour dévoiler une grande histoire. On est séduits, on est conquis, vivement le prochain album !

  • Cuisine Centrale
  • Auteur : Troubs
  • Éditeur : Les requins marteaux, Association Pollen & Ouïe dire
  • Prix : 13 €
  • Parution : 16 juin 2020
  • ISBN : 9782849612590

Résumé de l’éditeur : Nostalgique des petites barquettes en alu servies à la cantoche ? Derrière ces plats préparés des cantines scolaires, buffets pour pince-fesses et autres nourritures en batterie, se cachent des femmes et des hommes, qui font tourner les fourneaux de la Cuisine Centrale pour toute une communauté. La communauté, ils connaissent, dans l’ESAT de cette ZAC du Lot-et-Garonne, c’est amitiés aux fourneaux, cuisine en famille et confessions sur canapés ! Troub’s, envoyé spécial équipé d’une charlotte et de sabots, nous raconte ainsi l’histoire d’une grande cuisine qui nourrit des plus petites, et surtout celle de gens qui mettent des petits plats dans les grands.

Swan & Néo, tome 1 : Bienvenue à Dranqart Parc

Les éditions Soleil dévoilent le premier volume de Swan & Néo, la déclinaison en bande dessinée des aventures de deux jeunes youtubeurs. Cet album est signé Winslow, Sophie & Greg et Paolo Campinoti.

Stars d’une chaine Youtube à leur nom, Swan est en primaire et Néo au lycée. Avec leurs 5 millions d’abonné.es, ils égayent leur quotidien. Dans leurs vidéos, les deux frères s’amusent et c’est l’essentiel.

Dans ce premier opus, ils sont à peine levés qu’ils décident d’ouvrir le courrier de leurs fans. Swan découvre alors une carte pour un jeu vidéo venant de Mystery Games. Ni une, ni deux, ils la glisse dans leur console et s’installent pour jouer. Ils sont alors happés dans ce monde virtuel…

Sans révolutionner le genre, Swan & Néo est une petite aventure qui se lit vite et bien. On referme la bande dessinée et l’intrigue s’est déjà évaporée. Cet album est uniquement ciblé pour le jeune lectorat et pour leurs jeunes fans. Winslow, Sophie & Greg imaginent un récit de science-fiction avec une porte virtuelle, ici le jeu vidéo envoyé par un amateur de leur chaine Youtube. Ils les font arriver à Dranqart Parc. Dans un premier temps, le deux frères sont heureux parce qu’ils vont pouvoir utiliser les attractions toute la journée. Mais c’était sans compter sur les policiers des lieux qui les pourchassent.

La partie graphique signée Paolo Campinoti est simple et lisible. L’auteur italien de Mikido (chez Soleil) propose des planches modernes qui lorgnent du côté des comics jeunesse. Les couleurs d’Alessandro Russotto sont pétillantes !

  • Swan & Néo, tome 1 : Bienvenue à Dranqart Parc
  • Scénaristes : Winslow, Sophie & Greg
  • Dessinateur : Paolo Campinotti
  • Coloriste : Alessandro Russotto
  • Editeur : Delcourt, collection Humour
  • Parution : 19 août 2020
  • Prix : 10.95 €
  • ISBN : 9782302083226

Résumé de l’éditeur : Stars incontestées de Youtube, Swan et Néo ont désormais leur propre BD ! Dans cette première aventure, nos deux frères préférés sont propulsés dans un jeu vidéo très étrange où ils devront résoudre plusieurs énigmes… Comme chaque matin, Swan et Néo reçoivent du courrier de leurs abonnés. Mais une fois n’est pas coutume, on leur envoie un jeu vidéo totalement inconnu. Ils s’empressent d’en débuter une partie et les voici propulsés dans un parc d’attractions où ils devront résoudre des énigmes, affronter un robot géant et retrouver leur hamster Nuts ! Vont-ils pouvoir revenir chez eux avant l’heure du diner ?

Philippine Lomar, Un vilain, des faux

Philippine Lomar est de retour et ça risque de pulser ! Dans Un vilain, des faux la jeune enquêtrice vient en aide à Tobi pour retrouver son grand frère. Encore un superbe opus signé Greg Blondin, Dominique Zay et Dawid.

Philippine se réveille avec un gros mal de crâne. Autour d’elle, Gégé, Mok et Héléna, ses trois amis qui l’ont aidé dans son enquête. Son oncle, le caïd au grand cœur et la jeune policière, se sont mis en quatre pour qu’elle retrouve Jacobo, le grand frère de Tobi

On est toujours enchanté lorsqu’à la rentrée débarque Philippine Lomar ! On sait que l’on va passer un excellent moment de lecture grâce à une enquête haletante, pas bateau et aux propos intelligents. Il faut souligner que Dominique Zay sait y faire pour garder en haleine son lectorat, lui le romancier de polars. Pour ce cinquième opus, il imagine la jeune adolescente fine limière en herbe en prise avec une histoire autour de l’immigration et des ateliers clandestins.

Mais ça ne lui fait pas peur à Philippine, les coups, les bleus et les bosses, elle les collectionne pour aider son prochain ! Si son vocabulaire est moins fleuri que dans les précédents albums (et c’est bien dommage), elle est toujours sur le qui-vive, dynamique, entrainant avec elle ses amis dans les causes perdues d’avance. La galerie de personnages secondaires est toujours agréable, avec en premier lieu, sa maman sourde.

La partie graphique est toujours aussi agréable à l’œil. Comme le veut la personnalité de l’héroïne, le dessin de Greg Blondin est dynamique et très moderne. Le découpage est vif et les couleurs de Dawid d’une belle justesse.

Encore un tome virevoltant de Philippine Lomar !

  • Philippine Lomar, tome 5 : Un vilain, des faux
  • Scénariste : Dominique Zay
  • Dessinateur : Greg Blondin
  • Coloriste : Dawid
  • Editeur : La Gouttière
  • Parution : 28 août 2020
  • Prix : 12.70 €
  • ISBN : 9782357960176

Résumé de l’éditeur : Dans le train qui la ramène de Paris à Amiens, Philippine Lomar tombe sur la jeune Tobi, qui s’enfuit devant le contrôleur. Pour cause, la petite camerounaise est en situation irrégulière et cherche à tout prix à rejoindre sa famille : un oncle un peu conteur, mais surtout son frère, parti à Amiens, et qui ne donne plus signe de vie depuis 15 jours… Philippine se lance, un peu trop en solo, sur la piste de Mat Levilain, un rabatteur qui porte bien son nom et exploite la détresse humaine dans ses ateliers de travail clandestin.

Yasmina, tome 1 : Master-classe

Ecolo responsable et passionnée de cuisine, Yasmina la jeune adolescente engagée est de retour dans Master-classe, signé Wauter Mannaert chez Dargaud.

Après Yasmina et les mangeurs de patates, une histoire qui ne devait être qu’un one-shot, Wauter Mannaert a décidé de continuer les aventures de la jeune adolescente avec le premier volume d’une série naissante. Le précédent album nous avait énormément enthousiasmé par la personnalité de Yasmina, l’humour et les thématiques abordées. Celui-ci nous l’apprécions aussi mais nous sommes un peu moins convaincu. La faute à un trop plein d’informations, sûrement pas assez bien intégré dans l’histoire. On a parfois l’impression que l’adolescente récite un manuel d’écologie. Dommage.

Ce seul petit bémol n’altère en rien la qualité de Master-classe. On retrouve Yasmina dont l’abnégation et la vitalité sont toujours aussi entrainantes. Il faut souligner que l’adolescente milite pour que les autres élèves du collège puissent accéder à des cours de jardinage et de cuisine. Les tracts et la pétition sont imprimés, reste à ses pairs de s’y intéresser.

Du côté de son père, son travail chez Tutti Fritti n’est pas de tout repos. S’il y met de l’ardeur et fait le show pour les clients, la boutique doit quand même fermer. Quant à Marco et Cyrille, les deux voisins de potager, ils tentent de se mettre d’accord pour ouvrir une parcelle de jardin en commun. Pas simple…

Wauter Mannaert creuse son sillon autour de l’écologie, la nourriture saine et les cultures alternatives. L’auteur de Weegee serial photographer n’hésite pas à mettre en porte à faux ses personnages. Comme n’importe lequel des êtres humains, on est toujours tiraillés entre manger sainement et son porte-feuille. Ainsi le dilemme est grand entre le travail dans un fast-food du père de Yasmina, Omran,  et son envie de consommer raisonnablement.Il tentera même le chariot-food.

Pour pimenter son récit, Wauter Mannaert imagine de gros obstacles aux luttes de Yasmina : ses camarades qui semblent indifférents à ses propositions ou le chef d’établissement qui lui demande de récolter des signatures quasi infaisables.

Le dessin de l’auteur belge est toujours aussi plaisant. Moderne et très vivant, il court avec aisance sur les planches de ce bel album jeunesse.

  • Yasmina, tome 1 : Master-Classe
  • Auteur : Wauter Mannaerts
  • Éditeur : Dargaud
  • Prix : 15.90 €
  • Parution : 21 août 2020
  • ISBN : 9782505083405

Résumé de l’éditeur : Alarmée par les habitudes alimentaires des élèves et l’inertie de l’école en matière d’écologie, Yasmina a décidé d’agir ! Elle s’est donné pour mission de remplacer une heure d’anglais par un cours de cuisine et une heure de mathématiques par une initiation au jardinage. Pour ce faire, il lui faut réunir cinquante signatures sur sa pétition. Une mission quasiment impossible au vu du manque d’intérêt de ses camarades pour l’environnement… De son côté, Omran, le papa de Yasmina, apprend que la friterie dans laquelle il travaille doit mettre la clé sous la porte. Un véritable coup dur pour ce père célibataire. Aidé par ses amis, Cyril, Marco et Amaryllis, il ne se laisse toutefois pas abattre et décide de lancer son propre commerce ambulant. Au menu : nems végétariens, fromage de chèvre et miel, gaufres aux légumes… Malheureusement, aucune de ces innovations culinaires ne rencontre son public. Le monde ne semble définitivement pas prêt pour le changement d’alimentation… Si bien que Yasmina et son papa vont devoir jongler entre ruse et créativité pour changer les mentalités ! Une nouvelle série aussi trépidante que colorée, menée fourneaux battants par une héroïne aux préoccupations actuelles.

Barbouillé

Barbouillé, c’est un magnifique livre pour enfant autour de la thématique des violences intrafamiliale. Ce bel album jeunesse est signé Olivier Dupin et Quentin Zuttion. Glaçant et bouleversant !

A l’école, un petit garçon plutôt souriant enlève son pull car il a chaud. La maîtresse est interloquée par toutes les traces de peinture bleue sur son corps et ses vêtements. Il dit qu’il est maladroit mais c’est loin d’être le cas. Elle aimerait en parler avec ses parents. Il faut dire que son papa adore peindre…

Entre l’allégorie, la parabole et la symbolique, Barbouillé est un livre pour enfant absolument merveilleux et bouleversant. En choisissant la métaphore graphique de la peinture bleue, Olivier Dupin aborde avec habileté et toute en délicatesse la thématique des violences domestiques intrafamiliales. Il met en scène un couple et leur enfant sans histoire, qui semblent bien vivre. Mais leur bonheur est relatif, le père frappe sa femme et son fils.

On apprécie cette transposition, celle du papa qui peint mais pas uniquement sur ses toiles. Il barbouille les corps de ceux qu’il aime. Mais, on le sait, on « n’aime » pas comme cela, ce n’est pas normal, ce n’est pas la vie.

Les jeunes lecteurs seront surpris du décalage entre l’innocence de ce petit être, qui semble joyeux et la brutalité des coups. Le garçon fait comme s’il allait bien mais au fond de lui, une part de son être est cassé.

Barbouillé, c’est aussi la mise en lumière de ses lanceurs d’alerte – ici la maîtresse – qui sont très important pour que cessent les violences physiques. Ces personnes sont le premier maillon de la chaîne, l’essentiel pour que tout change.

Et puis, il y a les dessins à l’aquarelle de Quentin Zuttion. Vrai artiste qui s’engage dans ses œuvres (Sous le lit, Touchées, Appelez-moi Nathan), il apporte cette douceur que cette femme et ce petit garçon ne connaissent plus dans leur quotidien. La beauté des illustrations pleine-page tranchent avec le propos sombre du récit.

  • Barbouillé
  • Scénariste : Olivier Dupin
  • Dessinateur : Quentin Zuttion
  • Editeur : Lapin
  • Parution : 29 mai 2020
  • Prix : 12 €
  • ISBN : 9782377540716

Résumé de l’éditeur : A l’école, un jeune garçon enlève son pull par une chaude journée d’été. Son tee-shirt est barbouillé d’un camaïeu de bleus. La maîtresse lui demande alors ce qui lui est arrivé. Une histoire sur la violence domestique accompagnée d’un dossier pédagogique de quatre pages pour informer parents et enfants sur la protection de l’enfance.

Tony et les animots

Tony et les animots, c’est la déclinaison en bande dessinée de la série à succès diffusée sur Canal+. Le premier opus est signé Arnaud Toulon, Anthony Vernagallo et Ana Tortos et est publié par Grafiteen.

Casquette rouge visée à l’envers sur sa tête et moustache, Tony est un surprenant explorateur de la nature. Il la parcourt pour dénicher des animots, sorte d’hybrides entre eux ou avec des objets de la vie quotidienne. Ainsi dans la première aventure d’une vingtaine de pages, il cherche un hibours dans la forêt de Forouest. Comme son nom l’indique, un hibours, c’est le mélange d’un ours avec un hibou. Sans scrupules, ce dernier martyrise ses collègues.

Lors de ses six récits, Tony croise la route d’animots aussi étranges que mystérieux. De l’orque-en-ciel aux verlans, du toucangourou à l’abrutigre, du lamazon au flemmard, ils sont des dizaines à peupler l’univers de Tony et les animots

Si la série animée connait un franc succès lors des trois saisons sur Canal+, on ne peut pas dire que l’on soit très convaincu par sa version papier. Si l’idée des hybrides n’est pas neuve (les enfants en imaginent souvent), dans Tony et les animots, les auteurs poussent le concept plus loin parfois en mélangeant des parties animales avec des objets du quotidien. Ainsi ces animots arborent des noms composés comme à l’aide des mots-valises (limasperge, lamasticot, hibours, veautour…).

Reste le côté amusant des mini-récits. L’humour est très actuel et moderne. Mais il est lui aussi rapidement limité. Il ne suffit pas de développer des animots (les idées sont bonnes), il faut aussi les mettre en scène avec un minimum d’interactions pour avoir un semblant d’intérêt. En conclusion : un bon concept de départ, de bonnes idées pour les animots mais des histoires trop simplistes. Dommage.

  • Tony et les animots
  • Scénaristes : Arnaud Toulon et Anthony Vernagallo
  • Dessinatrice : Ana Tortos
  • Éditeur : Grafiteen
  • Prix : 14.90 €
  • Parution : 19 août 2020
  • ISBN : 9782408015527

Résumé de l’éditeur : « Tony les animots » est une série délirante basée sur un humour décalé, grouillant de gimmicks, jeux de mots et de références en tout genre. Après trois saisons diffusées sur Canal + et disponibles sur YouTube, c’est cette fois dans les pages d’une bande dessinée que ce journaliste un peu particulier donne rendez-vous à sa communauté ! A mi-chemin entre reportage animalier complètement foutraque et voyage aux péripéties tout à fait absurdes, les aventures de Tony ne manquent ni d’humour ni de rebondissements ! Depuis les rives de la Deb’île jusqu’aux confins des dangereuses cités du Nulle-Paraguay en passant par les profondeurs de la Mer-Ique et de ses Big-maquereaux, il brave la peur, les éléments et son manque flagrant de jugeote pour nous faire découvrir toujours plus d’animots incroyables. Le taciturne Hibours, les virulents Lapintermittants ou encore la mystérieuse Girafouine, ils sont tous au rendez-vous de cette bande dessinée vraiment pas comme les autres ! Avec un trait efficace à la South Park et un humour très générationnel, « Tony les animots » reprend les codes qui ont fait le succès du programme court dans des pages foisonnantes, à lire et à relire.