My hero’s dream

Les éditions Taifu dévoilent le premier volume de My Hero’s Dream, un boy’s love entre deux lycéens signé Kara Aomiya.

Kaidou participe à un spectacle dans lequel il joue un superhéros très ringard. Il est surpris par un de ses camarades, Honda, un lycéen très populaire. Ce dernier est étonné par ce rôle tant le premier semble loin de cet univers : il serait proche des yakuzas et arbore un look décalé (piercings aux oreilles et cheveux décolorés). Pourtant cette rencontre va les rapprocher, au point de tomber amoureux…

On ne peut pas dire que My Hero’s Dream révolutionne le genre boy’s love. Le manga est très classique dans son approche : deux lycéens aux vies opposés qui tombent amoureux. L’un est timide, introverti et aime les superhéros ringards, tandis que l’autre est exubérant et populaire.

Kara Aomiya, dont c’est la première série, propose donc un schéma classique plutôt agréable. Elle fait le pari de dénoncer les faux semblants et la superficialité des personnes. Elle dit ainsi, en substance, qu’il ne faut pas se fier aux apparences. On est plutôt d’accord avec cela. Restent Kaidou et Honda, deux protagonistes agréables et plutôt attachants. Sans s’embarrasser de décors, la mangaka préfère miser sur les personnages et leurs interactions dans ses planches, plutôt bien réussies.

  • My Hero’s Dream, volume
  • Autrice : Kara Aomiya
  • Éditer : Taifu
  • Prix : 8.99 €
  • Parution : 28 août 2020
  • ISBN : 9782375062005

Résumé de l’éditeur : Dans son lycée, de sales rumeurs courent autour de Kaidô, un jeune homme blond aux airs de délinquant. Mais quand son camarade de classe Honda le rencontre à l’improviste dans les coulisses d’un spectacle de héros, il découvre une tout autre facette de celui-ci ! Bien loin d’être un voyou, il se révèle finalement être un garçon gentil et timide qui ne rêve que d’une chose : devenir acteur de série tokusatsu. Et cet aspect inattendu du jeune cascadeur, Honda en viendrait presque à vouloir être le seul à le connaître…

La pitoune et la poutine

Draveur agile, Jos Montferrand, est le héros de La pitoune et la poutine, une bande dessinée complétement décalée et drôle de Xavier Cadieu et Alexandre Fontaine Rousseau aux éditions Pow Pow.

Attention vous êtes en présence d’un album original, surprenant et drôle ! La pitoune et la poutine est follement décalé et hors catégorie. Il met en scène, Jos Montferrand, un personnage du folklore outaouais, au Canada. Ce héros a bercé l’enfance du scénariste Alexandre Fontaine Rousseau. Mais qui est-il ?

Jos est un draveur. Qu’est-ce que c’est que cela me direz-vous ? Un draveur est un bûcheron qui descend vers les villes, le bois qu’il a coupé l’hiver. Surfeur du nord, il fait dévaler ses rondins sur les rivières, dansant agilement d’un tronc à un autre.

La pitoune et la poutine se déroule au XIXe siècle dans cette région du Canada, celle de la ruralité et du travail de force. On y retrouve ce grand costaud à chemise à carreau, « grande gueule » et aux répliques cinglantes. A la fin de sa vie, Jos décide de se lancer à la recherche de la poutine, le plat national, qui aurait des vertus thérapeutiques.

On découvre la folie de Jos, son goût pour vider des bouteilles entre amis, son vocabulaire fleuri (il faut parfois relire les dialogues, nous pôvres Français, pour bien en saisir le sens) et ses déboires, le tout raconté par un castor ! Car oui, le narrateur est un castor !

La pitoune et la poutine, c’est un peu du grand n’importe quoi mais les lecteurs apprécient cette folie. Les deux auteurs s’en donnent à cœur joie pour narrer des aventures pas très réalistes mais très drôles. Le dessin de Xavier Cadieu est dynamique et moderne. Le découpage est vif comme le veut les troncs dévalant les rivières.

  • La pitoune et la poutine
  • Scénariste : Alexandre Fontaine Rousseau
  • Dessinateur : Xavier Cadieu
  • Editeur : Pow Pow
  • Parution : 10 septembre 2020
  • Prix : 19 €
  • ISBN : 9782924049570

Résumé de l’éditeur : L’ère de la drave, c’est cette époque mythique de l’histoire du Bas-Canada où les draveurs chevauchaient des « pitounes » de bois sur la rivières afin de les acheminer jusqu’aux usines où elles étaient par la suite transformées. C’est aussi le fruit improbable de l’imagination déchaînée de Xavier Cadieux et Alexandre Fontaine Rousseau, qui unissent leurs forces pour signer avec La pitoune et la poutine une toute nouvelle aventure de l’authentique héros folklorique Jos Montferrand. Les auteurs s’intéressent ici à la période crépusculaire du parcours de ce fameux personnage, mieux connu des historiens pour sa propension à « étamper son pied » au plafond des tavernes qu’il visitait afin de ne pas payer l’addition. Dans cette histoire, narrée par un castor, Montferrand se lance à la recherche d’un mystérieux plat connu pour ses propriétés thérapeutiques miraculeuses : la poutine. Avertissement : ce livre est excessivement québécois.

Empreintes

Empreintes est le nouveau livre jeunesse de Mathieu Siam autour des traces que l’on peut laisser derrière nous. Encore un excellent album poétique et contemplatif de l’illustrateur poitevin.

Après Galet et Arc-en-ciel, Mathieu Siam poursuit son très joli chemin d’illustrateur avec Empreintes. Cet album d’une quarantaine de pages est le résultat d’un travail qu’il a effectué avec deux classes de maternelles d’écoles de la Vienne. Dans le cadre d’un projet artistique, le dessinateur poitevin a mis en place des ateliers autour des empreintes. Afin de ne pas perdre la spontanéité, la découverte et l’imagination des élèves, il a choisi de transformer leurs recherches en livre. Il est à noter que les pages de l’album sont réalisées par Mathieu Siam et non les enfants.

Au fil des pages, les lecteurs suivent un peintre qui laisse derrière lui des empreintes, là où il passe. Papier froissé, crayonnage, bouchons de liège, tampons ou bulles de peinture, le jeune garçon découvre l’environnement qui l’entoure par ces traces.

Comme avec ses deux précédentes publications, Mathieu Siam imprime de la légèreté et de la poésie dans Empreintes. Rien n’est laissé au hasard dans les traces choisies et dans ses mots. Ils sont peu nombreux et très pesés, pour que chaque enfant puisse s’approprier l’illustration sans être influencé. Chacun peut les interpréter comme il l’entend. Il n’y a pas de bonne réponse, il y a DES réponses.

Comme il nous l’avait confié lors de notre entretien avec lui lors de la publication d’Arc-en-ciel, ces moments de partages avec les élèves est très important pour lui, notamment pour nourrir ses réflexions et ses albums futurs. Il souligne d’ailleurs : « Tout le monde peut écrire un mot ou dessiner. Le don, le plaisir et la simplicité caractérisent ce cadeau ».

Avec Empreintes, Mathieu Siam met du rêve dans les yeux de son jeune lectorat, et c’est cela l’essentiel !

  • Empreintes
  • Auteur : Mathieu Siam
  • Éditeur : Comme une orange
  • Prix : 10 €
  • Parution : 1er juillet 2020
  • ISBN : 9782919703319

Résumé de l’éditeur : « Empreintes » relate la balade d’un peintre. Partout où il passe, il voit des traces. Il les empreinte.

Comme une bête (ou comment je suis devenu végétarien)

Jeune quadra urbain, Richard se remet en question et devient alors végétarien. Cédric Taling imagine son cheminement dans Comme une bête (ou comment je suis devenu végétarien) édité par Rue de l’échiquier.

Après un premier album que nous avions bien apprécié, Thoreau et moi, Cédric Taling poursuit sa réflexion autour des thématiques environnementales avec Comme une bête (ou comment je suis devenu végétarien). Si sa précédente publication portait sur le transcendentaliste Henry David Thoreau, cet album suit le cheminement de Richard vers le végétarisme.

Un peu intéressé par les questions sur l’environnement, Richard, quadra urbain, découvre le monde du végétarisme par sa nièce adolescente, Camille. Quant à sa compagne, elle aime renifler les pattes de Violette, leur chien. Que se passe-t-il autour de lui pour que les personnes qu’il aime soit si proches des animaux ?

Comédien, il mesure petit à petit l’impact de la souffrance animale. Les animaux lui parlent dans son supermarché et son esprit vacille. Malgré des moments plus compliqués où il craque, il diminue drastiquement sa consommation de viande…

Comme une bête (ou comment je suis devenu végétarien) suit l’évolution lente mais incroyable d’un homme vers sa transition végétarienne. Et ce n’est pas un long fleuve tranquille. Il se pose de nombreuses questions physiologiques mais forcément aussi éthiques et philosophiques. Les lecteurs découvrent ainsi les différentes étapes de la transformation de ce quadragénaire. Il est tourmenté par des images obsédantes et fortes d’animaux qui souffrent : élevages intensifs ou corrida, tout est là, sans filtre.

Plus globalement, le récit de Cédric Taling aborde des questions sur le progrès scientifique en matière d’alimentation ou sur le règne du vivant. Il parle aussi forcément de nourrir les 6 milliards de personnes sur terre ou les enjeux écologiques, ainsi que les combats des jeunes générations pour préserver ce qui peut encore l’être. Un joli album !

  • Comme une bête (ou comment je suis devenu végétarien)
  • Auteur : Cédric Taling
  • Éditeur : Rue de l’échiquier
  • Prix : 17.90 €
  • Parution : 18 juin 2020
  • ISBN : 9782374252254

Résumé de l’éditeur : Acteur quadra de la région parisienne, Richard entretient une relation filiale avec sa filleule Camille, 13 ans. Quand il découvre, lors d’un barbecue, qu’elle a décidé de devenir végétarienne, cela déclenche chez lui une profonde remise en question. En tant qu’adulte, il est ébranlé par les choix radicaux et cohérents de l’adolescente, d’autant plus que Camille est très au fait des enjeux climatiques liés à nos pratiques alimentaires et au sujet de la maltraitance des animaux. Au fil des pages, Richard va peu à peu s’intéresser et s’éveiller à l’antispécisme, au végétarisme et au vivant en général. En discutant avec Camille, son véritable guide, il sent poindre en lui le désir de devenir végétarien à son tour. Mais parviendra-t-il à changer son mode de vie et à se défaire de ses automatismes ? Auteur de Thoreau et moi (Rue de l’échiquier, 2019), adaptation en bande dessinée de la pensée du philosophe Henry David Thoreau, Cédric Taling explore ici la question de l’alimentation, avec l’originalité et l’humour qui lui sont propres. Dans Comme une bête (ou comment je suis devenu végétarien), il fait la chronique des grandes étapes du passage à une alimentation végétarienne, en décrivant les relations passionnantes qu’ont d’autres cultures non européennes au monde animal et en rendant accessibles les toutes dernières découvertes scientifiques sur le règne végétal. Cette bande dessinée montre également comment l’alimentation, et plus généralement les enjeux écologiques, peuvent être le terrain de confrontations entre deux générations qui ne partagent pas la même vision du monde.

Demon Tune T2

Dans le tome 2 de Demon Tune, nous sommes de retour dans la sombre Wizard City. Le terrible Bogeyman, l’être qui fait trembler les malfrats autant que les citoyens, fait tourner en bourrique le MBI, l’agence qui enquête sur les délits magiques. Koyukimaru n’est plus tout seul face à ses poursuivants. Le MBI l’embarque et sous la houlette de 3 agents tordus, il participe aux opérations.

Car l’objectif du Bogeyman est de s’emparer du « rouleau du cataclysme » dont seul Koyukimaru connaît l’emplacement. Cette confrontation, c’est avant tout la compétition de celui qui piègera l’autre le premier.

Koyukimaru se tient toujours dans cette équilibre entre l’enfant et le ninja. Devant sauver son père, son professionnalisme domine, mais l’enfant garde des étincelles dans les yeux à la vue de la magitech, un technologie qui utilise la magie.

De nouveaux protagonistes entre en scène. Et il y en a bien un dont l’histoire ce serait passée, car il ne décolle pas de son archétype. Le gros point noir de ce tome 2, c’est que Yuki Kodama nous explique son plan et ça casse le rythme. Car en soit, on avait pas besoin de l’explication pour comprendre. Ce qui rend le récit plus enfantin.

Ça reste cependant une histoire agréable à lire, habité par des personnages sympathiques et des enjeux frissonnants. C’est une série courte qui évolue rapidement, peut-être même un peu trop.

 

  • Demon Tune T2
  • Auteur : Yuki Kodama
  • Editeur : Kurokawa
  • Parution : 9 juillet 2020
  • Prix : 6,80€
  • ISBN : 9782368529751

Résumé de l’éditeur : Koyukimaru et Fran ont décidé de travailler avec le MBI afin de retrouver le Bogeyman, source de tous les crimes de Wizard City et creature maléfique qui a jeté un sort au père de Koyukimaru. Mais avant d’être autorisé à participer à l’enquête du MBI, Koyukimaru doit prouver qu’il est digne d’utiliser un  » Magitech « , un appareil permettant de contrôler les pouvoirs démoniaques. Pour ne rien arranger, dès sa première mission avec Alex, il tombe dans un piège meurtrier…

Le temps des mitaines 2

Après une première vie aux éditions Didier Jeunesse, Le temps des mitaines est de retour dans une nouvelle version chez Dargaud. Anne Montel et Loïc Clément poursuivent les aventures d’Arthur et ses amis. Réjouissant !

Pour vous rafraichir la mémoire, vous pouvez parcourir la chronique du premier opus (sur trois) du Temps des mitaines.

Le coupable des kidnappings des enfants démasqué, Arthur est devenu un héros. Un chouette moment pour ce petit ourson qui jusqu’à ce moment n’avait pas encore « trouvé » son don surnaturel. Mais, voilà, l’enquête bouclée, l’ego d’Arthur a enflé, au point de déplaire à Kitsune, son amie la renarde.

En plus, arrive à grand pas, le stage en entreprise des élèves. Si Willo se retrouve aux archives de la ville, Gonzague suit la tournée d’un facteur, Pélagie aide la maman d’Arthur dans sa boutique, ce dernier et Kitsune travaillent chez un pépiniériste. La renarde n’en peut plus du côté hautain du jeune ours…

Comme le premier volume du Temps des mitaines, cet opus n’est pas une histoire inédite, édité tout d’abord chez Didier Jeunesse. En signant cette série chez Dargaud, elle est mieux exposée et connait une deuxième jeunesse. Il faut dire que l’univers magique imaginé par Loïc Clément et Anne Montel est sympathique et beau. Mais pour accrocher le jeune lectorat, cela ne suffit pas. Le scénariste glisse des thématiques universelles et très contemporaines dans son récit : l’amitié, l’entraide, les premiers émois ou encore le passage de l’enfance à l’adolescence. Pour corser le tout, il n’hésite pas à mettre des obstacles et des « méchants » sur la route de la petite bande.

Loïc Clément et Anne Montel se connaissent très bien. En plus du Temps des mitaines, ensemble ils ont réalisé Les jours sucrés, Chaussette, Chroniques de l’île perdue et Miss Charity. Ce duo fonctionne à merveille. Le dessin de l’autrice est toujours aussi tendre, poétique et charmant. Ses couleurs à l’aquarelle apportent de la chaleur à cette aventure fantastique très réussie.

Nous avons hâte de découvrir le troisième tome du Temps des mitaines (récit inédit), tant cette série reste l’un de nos coups de cœur jeunesse.

  • Le temps des mitaines, tome 2 : Cœur de renard
  • Scénariste : Loïc Clément
  • Dessinatrice : Anne Montel
  • Editeur : Dargaud
  • Parution : 10 juillet 2020
  • Prix : 7,99 €
  • ISBN : 9782205083057

Résumé de l’éditeur : C’est l’été au village des Mitaines et l’ambiance n’est plus ce qu’elle était au sein du petit groupe d’amis. Il faut dire qu’en découvrant son super pouvoir, le candide Arthur est devenu très imbu de lui-même. Personne ne peut plus le supporter, surtout Kitsu, la jolie renarde, avec qui il fait son stage chez des horticulteurs, au bord de la faillite. Réussiront-ils à mettre leurs différents de côté pour les sauver ? Un deuxième tome rythmé et déjanté, sur fond de chronique sociale, pour en connaître encore davantage sur l’univers des Mitaines.

Anonyme !

Anonyme ! est le nouveau thriller psychologique des éditions Soleil. Avec Kimizuka au scénario et Hioka au dessin, la pression monte au fils des pages.

Takashi est un collégien de 13 ans et tout va bien dans sa vie. Il vient d’entrer dans l’équipe de base-ball et la fille qu’il aime, Sasaki, vient d’accepter d’être sa copine. Mais tout bascule lorsqu’un professeur se met à abuser d’elle. Le jour où Takashi en est témoin, il intervient à coup de batte de base-ball.

Condamné sans que Sasaki ne dévoile la raison du meurtre, Takashi est désormais appelé « le collégien X », connu pour avoir assassiné sauvagement un prof. Trois ans plus tard, il doit reconstruire sa vie et celle de sa famille, ailleurs, sous un autre nom. Mais que ce passerait-il si ses nouveaux camarades apprenaient qui il est ?

Ce manga aborde la douloureuse question de la culpabilité des victimes. Les doutes des personnages instaure une tension angoissante au fils des pages. L’incompréhension et les non-dits cohabitent avec la peur diffusée pas les réseaux sociaux. Si Takashi est un personnage attachant, chargé d’espoir, l’ensemble du manga est chargé de malaise. Elle pose la question franchement abstraite : et moi, je ferai quoi si j’apprends que mon voisin de 16 ans a tué quelqu’un ?

La psychose collective frappe le récit. Nous emportant irrésistiblement dans un trou noir social. Malgré tout une lumière subsiste. Takashi, avec sa douceur d’esprit, faible mais toujours vivace, nous fait tout de même espérer un happy end.

Anonyme ! m’a replongé dans les frissons que seul les thrillers psychologiques de Tonogai m’avaient fait sentir (Secret, Judge, Doubt). Dans la catégorie Seinen Anonyme ! s’attaque à des questions violentes mais avec une certaine pudeur qui le rend accessible.

  • Anonyme !
  • Scénariste : Chikara Kimizuka
  • Dessinateur : Yen Hioka
  • Editeur : Soleil
  • Parution : 3 juin 2020
  • Prix : 7,99 €
  • ISBN : 9782302081802

Résumé de l’éditeur : Takashi vit la meilleure période de sa jeunesse. Il va intégrer l’équipe de base-ball de son collège et la fille qu’il aime, Sasaki, a accepté d’être sa copine. Mais lorsqu’il surprend son professeur abusant d’elle, il intervient à coups de batte. Obligé d’adopter une nouvelle vie ailleurs, la vie reprend son cours. Mais le passé revient le hanter. Un mystérieux informateur décide de mettre tout le monde au courant…

 

Les compagnons de la libération : Romain Gary

Si l’on connait tous l’oeuvre littéraire de Romain Gary, on ignore souvent le rôle important qu’il a joué pendant la Seconde Guerre mondiale. Catherine Valenti et Claude Plumail rétablissent cet oubli dans le troisième volume de la série Les compagnons de la libération.

Alors que Les taxis de la Marne mais surtout les quatre volumes de Charles de Gaulle, nous avaient bien plu, nous sommes moins convaincu par cette biographie de Romain Gary. La faute à un scénario faible et très décousu. Là où Jean-Yves Le Naour (historien) a parfaitement intégré les codes de la narration en bande dessinée, sa consœur, Catherine Valenti, est moins à l’aise. Le récit n’est pas de plus engageant, notamment à cause de cette cascade d’informations. En effet, il manque du liant et des enchaînements.

Reste la partie graphique de Claude Plumail plutôt bonne. Même si on l’a connu plus inspiré, notamment sur la série De Gaulle, il réalise de planches sobres et très lisibles. Son trait réaliste plait par sa fluidité.

  • Les compagnons de la libération : Romain Gary
  • Scénariste : Catherine Valenti
  • Dessinateur : Claude Plumail
  • Éditeur : Grand Angle
  • Prix : 12.90 €
  • Parution : 26 août 2020
  • ISBN : 9782818976982

Résumé de l’éditeur : Si on connaît Romain Gary comme l’un des plus grands écrivains du XXe siècle, on ignore souvent le rôle important qu’il a joué pendant la Seconde Guerre mondiale. Incorporé dans l’armée de l’air en 1938, Gary se distingue par sa bravoure. En Angleterre, il intègre les Forces aériennes françaises libres pour combattre l’ennemi nazi. Le 25 janvier 1944, il réussit à bombarder des rampes de lancement de V1 allemands au sud de Saint-Omer, et bien que blessé, parvient à ramener son équipage sain et sauf. Ce fait d’armes lui vaut de recevoir le titre de Compagnon de la Libération.

 

BL métamorphose 4

Madame Ichinoi convainc Urara de créer son propre manga. Entre la peur de mal faire et une convention de bande dessinée, Kaori Tsuratani dévoile le quatrième opus de BL métamorphose, une très belle série chez Ki oon.

Après un premier volume qui nous avait charmé et un deuxième tome enchanteur, Kaori Tsuratni poursuit les aventures amicales et très humaines de Yuki et Urara.

La jeune adolescente est à la croisée des chemins. Elle ne travaille plus dans la librairie, doit se préoccuper de son avenir d’étudiante et doit aussi commencer d’écrire un manga. Il faut souligner que Yuki Ichinoise, la vieille dame son amie, la pousse en ce sens. Elle lui fait livrer du matériel en cela, ancien, mais qui fonctionne encore. Urara est tétanisée par l’enjeu. Elle n’a pas d’idée et pense qu’elle ne sait pas dessiner. La convention manga arrive à grands pas, elle doit donc s’activer, soutenue par son amie…

Encore un nouveau tome de BL métamophose aussi bons que les précédents. On suit avec bonheur et délice les pérégrinations de ces deux femmes au caractère et à la vie opposée mais liées par leur amour du manga et plus particulièrement des boy’s love. Si Urara ne sait plus trop où elle en est, l’histoire n’est jamais plombante, toujours optimiste. C’est rafraichissant et drôle.

  • BL métamorphose 4
  • Autrice : Kaori Tsurutani
  • Éditeur : Ki oon, collection seinen
  • Prix : 7.90 €
  • Parution : 18 juin 2020
  • ISBN : 9791032706091

Résumé de l’éditeur : Yuki, vieille dame au quotidien un peu monotone, et Urara, adolescente rêveuse, se sont découvert une passion commune : le boy’s love. D’abord un peu gênées de passer du temps ensemble, les deux lectrices ont petit à petit appris à se connaître, si bien que la lycéenne a proposé à sa nouvelle amie de se rendre à une convention spécialisée ! Entre la foule et la profusion de stands, la journée promet d’être éprouvante… mais la septuagénaire est bien décidée à voir de quoi il retourne ! Est-ce qu’Urara parviendra à remplir sa mission de guide, elle qui n’était encore jamais allée à ce genre d’événement ? BL Métamorphose fait voler en éclats tous les a priori sur les séniors et les jeunes ! Quand il s’agit de partager une même passion, l’âge importe peu. Ce récit touchant, drôle et d’une justesse incroyable est un véritable appel à l’échange intergénérationnel. À faire passer entre toutes les mains… même celles de sa grand-mère !

Midnight Rain

Entre un homme criblé de dettes et un autre qui aime se battre nait un belle histoire d’amour. CTK imagine leur rencontre dans Midnight Rain, un yaoi édité par Taifu.

Comme à leur habitude, les éditions Taifu proposent des yaois avec un peu de fond. Si les intrigues ont toujours le même schéma : deux hommes à la vie opposée tombent amoureux, les histoires sont intéressantes par leurs toiles de fond. Ici, les deux protagonistes ont de sacrés démons en eux. D’habitude, il n’y en a qu’un, là c’est une totale. C’est ce côté non-manichéen d’Ethan et Mike qui plait dans Midnight Rain. L’un est au bord du suicide, l’autre aime se battre mais est à la rue. Ce dernier pensait qu’il ne pourrait pas tomber amoureux d’un homme et aimer le sexe gay.

Si l’on survole un peu le passé des deux personnages (pour un second tome ?), ce yaoi publié par Libre au Japon en 2017 est plutôt sympathique. Les dessins sont franchement réussis.

  • Midnight Rain
  • Autrice : CTK
  • Éditeur : Taifu
  • Prix : 8.99 €
  • Parution : 10 juillet 2020
  • ISBN : 9782375062036

Résumé de l’éditeur : Ethan lutte depuis des années pour rembourser des dettes et vit pauvrement dans un petit appartement décrépit. Un jour, à la laverie du coin, il rencontre Mike, un homme farouche habitué aux combats de rue. Peu après, alors qu’Ethan se décide à abandonner la vie, Mike frappe à sa porte, gravement blessé, avant de s’évanouir dans ses bras.

Blue Flag 5

Qu’est-ce qu’on aime cette série ! Drôle, inventive, juste sur l’adolescence et avec de multiples histoires d’amour : Blue Flag de Kaito est sympathique. Encore un volume réussi !

Après un tome 2 génial et un opus 4 formidable, Kaito revient avec un cinquième tome vraiment bon. La rédaction Comixtrip aime ce titre, ses personnages et ses intrigues qui apportent une fraicheur dans le monde du manga. ça ne se prend pas la tête, c’est toujours drôle, toujours positif et bienveillant. Et surtout, on passe toujours un excellent moment de lecture. A la fin de chaque tome, on est toujours triste de quitter cette belle bande d’amis et de se dire que l’on doit attendre la sortie d’un nouvel opus.

Dans ce cinquième volume, tout est chamboulé et les amis aussi. Ils sont tous amoureux – pas toujours heureux – et cela complique parfois leurs relations. Taichi – qui semblait attiré par Tôma – sort avec Futaba. Mais, il est aussi troublé par Mami, qui se rapproche de lui. Ces révélations vont-elle mettre à mal le petit groupe ?

Nous n’en dévoilerons pas plus pour ne pas gâcher votre plaisir de lecture. Sachez que les rebondissements sont encore nombreux dans ce 5e tome. Le pauvre Taichi ne sait plus sur quel pied danser et c’est de nouveau ce qui apporte de l’humour à Blue Flag.

Blue Flag : si vous ne connaissez pas, précipitez-vous chez votre libraire pour découvrir ce petit bijou de manga. Sans trop en faire et sans artifice, il rafraichira votre bibliothèque.

  • Blue Flag, tome 5
  • Autrice : Kaito
  • Éditeur : Kurokawa
  • Prix : 12.99 €
  • Parution : 25 juin 2020
  • ISBN : 9782368529638

Résumé de l’éditeur : Fin, drôle et pudique, Blue Flag est une fenêtre sur la tolérance. En ce début d’automne, les nuits se teintent d’une couleur rouge garance. Taichi et Futaba commencent à sortir ensemble au début du deuxième trimestre, leur relation évolue petit à petit de l’amitié vers l’amour. Au même moment, Mami se rapproche de Taichi sans crier gare, et Futaba n’arrive pas à cacher son inquiétude. Comment va réagir Taichi, lui qui ne comprend pas les réelles intentions de Mami ? Chacun y mettra son grain de sel et cette nouvelle dynamique va perturber les relations de tout notre petit groupe. – Prix Jap’in Tarn 2019 (organisé par les médiathèques de Castres – Mazamet) – Nominé au Prix Konishi 2020 (récompensé la meilleure traduction française de mangas japonais)

Asana n’est pas hétéro

Auteur de manga, Asana Sakuma raconte sa vie d’homosexuel japonais dans Asana n’est pas hétéro, un album sympathique aux éditions Akata.

Après Le mari de mon frère, Our Colorful Days, Eclat(s) d’âme ou Mes yeux rivés sur toi, les éditions Akata poursuivent leur travail autour des thématiques LGBT avec Asana n’est pas hétéro de Sakuma Asana, une autobiographie dessinée agréable.

A travers une vingtaine de courts chapitres, le mangaka raconte sa vie de jeune homosexuel au Japon. Très didactique dans les premiers, cela peut ralentir la plongée dans l’album. Dans ces pages, il peut parfois tomber dans certains clichés, ce qui n’est pas des plus agréables. Asana Sakuma parle de son enfance, de son adolescence et de sa vie d’adulte.

Tous les questionnements sont mis sur la table, avec franchise, sans fard et avec beaucoup de recul. Faisant montre de beaucoup d’autodérision, Sakuma Asana brosse le portrait d’un jeune gay au pays du soleil levant. Si l’on peut dire qu’il n’a jamais trop connu les remarques et autres humiliations et que sa sexualité est bien acceptée par les gens qui l’entourent, il sait que ce n’est pas le cas pour tout le monde. Ce petit guide est destiné forcément aux plus jeunes et adolescents.

C’est souvent drôle et c’est bienveillant. Le dessin en couleur joue sur les trames et autres attitudes kawaï.

  • Asana n’est pas hétéro
  • Auteur : Sakuma Asana
  • Éditeur : Akata
  • Prix : 12.99 €
  • Parution : 25 juin 2020
  • ISBN : 9782369748380

Résumé de l’éditeur : « Asana n’est pas hétéro », c’est un ouvrage tout en couleur, à mi-chemin entre manga et bande-dessinée. Prépubliées intégralement sur internet, comme un blog, les scènes quotidiennes de la vie d’Asana ont rencontré un tel succès qu’un éditeur a décidé d’en proposer une version intégrale en papier. Dans un Japon pas toujours très ouvert, ce jeune artiste livre, façon blog, ses annectodes quotidiennes sur la vie, l’amour, le travail… Avec humour et légèreté, il porte pourtant un regard très juste sur ses compatriotes… et lui-même ! N’attendez pas pour vous plonger dans cet ouvrage bourré d’humour et de joie de vivre, qui parle avec simplicité de tout ce qui fait la vie d’un individu…