Brèves d’école

Enseignant, Guillaume Guedre, raconte son quotidien dans son établissement dans Brèves d’école, un recueil de scènes drôle édité par Lapin.

La pédagagie est un art souligne Guillaume Guedre à plusieurs reprises dans son album. Et il a entièrement raison ! Pourquoi ? Il suffit de lire les mésaventures de ce professeur des écoles pour comprendre en quoi cela n’est jamais simple d’être enseignant.

Et encore plus de nos jours lorsque quelques parents, leur hiérarchie voir leur ministre de tutelle dénigrent leur travail. Non soutenus et mal compris, ils font l’objet de reproches incessants de la part de personne qui méconnaissent leur profession.

C’est pour cela qu’il faut lire Brèves d’école pour en dérider certains qui seraient à même de poursuivre leur travail de sape. Oui cela est exagéré, oui cela est amplifié, oui cela parfois est absurde mais cela repose avant tout sur des constats et des faits que Guillaume Guedre a vécu ou a observé. Le taser est de sortie, attention les récalcitrants !

  • Brèves d’école, tome 1 : La pédagogie est un art
  • Auteur : Guillaume Guedre
  • Éditeur : Lapin
  • Prix : 13 €
  • Parution : 13 janvier 2020
  • ISBN : 9782377540679

Résumé de l’éditeur : Infilté depuis plusieurs années dans l’Éducation nationale, Guillaume a su faire ressortir le pire et le meilleur des enfants dans ses planches où il raconte son quotidien de professeur des écoles avec humour.

Ragnafall

Quand deux apprentis forgerons tentent de réparer une de leurs grosses bêtises, cela donne le premier volume de Ragnafall, un manga fantasy de Marujirushi et Shizuha chez Kurokawa.

Petite bourgade pleine de charme et de vie, Lynir s’apprête à accueillir le Sommer Solstice, un grand rassemblement ayant lieu tous les neuf ans.

Le maître forgeron Tarjei presse ses apprentis pour que les objets à produire soient terminés avant trois lunes. Hammer, le plus chevronné, forge un bouclier qui servira d’écrin au minerald poli par Astrid. Non loin de là, Adalrik l’observe avec les yeux de l’amour.

Énervé parce que son subordonné ne fait rien, Hammer le violente. Résultat : le bouclier percute et casse le minerald. La jeune fille est effondrée. Tarjei ne leur laisse pas le choix : ils doivent aller chercher un nouveau minerald. Pour cela, ils n’ont que deux lunes. Est-ce que cela sera suffisant ?

Avec Imperium Circus, Ragnafall est l’un des premiers titres de Kurotsume, la nouvelle collection des éditions Kurokawa. Pour leur série, Marujirushi et Shizuha misent avant tout sur l’aventure et l’action. Mâtinée d’un humour proche du shônen, l’histoire est une jolie quête d’héroïc-fantasy. Sans révolutionner le genre, le récit plait par une intrigue simple mais bien maîtrisée.

Marujirushi sait y faire pour capter l’attention de son (jeune) lectorat. Les codes et les ficelles du genre sont bien exposés et parfaitement exécutés.

Les deux héros – antagonistes – sont bien campés. Si leur statut professionnel est bien défini, leur caractère aussi, ils formeront une équipe forte et complémentaire. Cette quête initiatique débute parfaitement.

Le trait de Shizuha est d’une belle lisibilité. les cadrages sont souvent serrés ou en buste pour montrer les émotions des protagonistes.

  • Ragnafall, volume 1
  • Scénariste : Marujirushi
  • Dessinateur : Shizuha
  • Éditeur : Kurokawa, collection Kurotsume
  • Prix : 7.65 €
  • Parution : 09 janvier 2020
  • ISBN : 9782368527481

Résumé de l’éditeur : Affrontez la colère des dieux ! Le Minerald brisé. Lynir est en effervescence, la ville accueille pour la première fois le Sommer Solstice, événement majeur du Midgard. Adalrik et Hammer, deux apprentis forgerons incapables de travailler ensemble, mettent en péril le succès de la fête. Les voilà lancés dans une course au Minerald afin de réparer leur erreur. Mais quelle est donc cette ombre qui plane sur Lynir ?

The Quintessential Quintuplets

Lorsqu’un étudiant vient donner des cours de soutien à cinq adolescentes, cela donne The Quintessential Quintuplets, un manga sympathique de Negi Haruba chez Pika.

Fûtaro est un élève brillant. Un peu maladroit avec les autres, il se doit de trouver des petits jobs pour payer son année scolaire. Fauché, il doit compter le moindre yen. Il est d’ailleurs moqué par ce fait et pour sa timidité. Son père lui trouve alors un job bien rémunéré : donner des cours de soutien à d’autres élèves.

Arrive Itsuki, une nouvelle camarade de classe, très riche. C’est à elle que Fûtaro doit donner des cours. Leurs premiers échanges font des étincelles. C’était sans compter sur les quatre sœurs de la jeune adolescente, elles aussi à aider dans leurs révisions. Et de cela, le jeune garçon n’en savait rien. Un choc…

The Quintessential Quintuplets est un petit manga sans prétention. Son seul but : divertir les lecteurs. Et de ce point de vue, c’est une réussite. Jouant sur le schéma simple de la dualité des personnalités, Negi Haruba parvient à ses fins : faire sourire ou rire son lectorat. En choisissant de confronter Fûtaro, un étudiant intelligent, timide, très gauche dans ses gestes et avec les filles, à ces cinq adolescentes, on savait que cela ferait des étincelles.

Le mangaka peut aussi aborder des thèmes très actuels comme la précarité, la place des étudiants pauvres au Japon, les relations entre adolescents et la pression sociale sur les lycéens pour leur réussite scolaire.

  • The Quintessential Quintuplets, tome 1
  • Auteur : Negi Haruba
  • Éditeur : Pika
  • Prix : 7.20 €
  • Parution : 05 février 2020
  • ISBN :  9782811653224

Résumé de l’éditeur : Fûtarô, un lycéen brillant mais fauché, décroche un petit boulot de rêve : professeur particulier pour une famille fortunée. Or, le garçon déchante lorsqu’il réalise que ce n’est pas un élève qu’il va devoir gérer, mais des quintuplées aussi belles que cancres à souhait… Entre Ichika la désordonnée, Nino la protectrice, Miku la réservée, Yotsuba la joviale et Itsuki la susceptible, Fûtarô va devoir prendre son courage à deux mains pour relever le défi que représentent les sœurs Nakano !

Surfside Girls 2 : Le mystère du ranch

Le mystère du ranch est le deuxième volume de Surfside Girls, la très jolie série de Kim Dwinell chez Jungle.

Après un premier tome qui nous avait séduit, Kim Dwinell poursuit les aventures de Samantha et Jade avec leurs amis les fantômes. Dans le volume précédent, les deux copines découvraient avec amusement l’existence de ces êtres surnaturels et dans cette histoire, elles sont de nouveau embarquées dans une enquête prenante : Maria, la jeune adolescente fantôme, aimerait connaître la vérité sur la disparition de Papito, son père.

Armées de leur carnet, elles consignent les éléments qui leur permettront de lever ce mystère…

Surfside Girls est une sympathique série, très moderne et rafraichissante. Dans l’air du temps, elle permet à son autrice Kim Dwinell d’aborder des thèmes universels tels que l’amour, l’absence ou le deuil. Pour pimenter son intrigue, cette ancienne sauveteuse de plage, imagine un concours de surf où Sam et Jade sont bénévoles et où elles peuvent regarder les beaux garçons s’affronter.

On apprécie Surfside Girls, une série idéale pour les adolescents entre premiers émois et polar.

  • Surfside Girls, tome 2 : Les mystère du ranch
  • Autrice : Kim Dwinell
  • Éditeur : Jungle
  • Prix : 13.95 €
  • Parution : 16 janvier 2020
  • ISBN : 9782822228305

Résumé de l’éditeur : Samantha et Jade sont de retour ! Préparez-vous pour des mystères, de belles plages et des garçons mignons ! Quand l’un des fantômes de Danger Point est… effrayé, il est temps pour Samantha et Jade de passer à l’action ! En essayant de résoudre un mystère vieux de 200 ans, les filles arpentent toute leur ville mais aussi l’au-delà. Ajoutez à cela un jeune surfeur mignon, un mystérieux moustachu avec une guitare et une Samantha très jalouse, est-ce que nos détectives surfeuses peuvent encore sauver la journée ?

Les inséparables : Juliette se fait harceler

La pauvre Juliette est le souffre-douleur de ses camarades d’école. N’osant pas en parler aux adultes, elle déprime. Nathalie Dargent et Yannick Thomé dévoilent le 7e volet de leur série Les inséparables.

Après Les parents de Lucas divorcent dans le 4e tome, Nathalie Dargent et Yannick Thomé abordent le thème délicat et encore très tabou – malheureusement – du harcèlement scolaire. A l’image de Seule à la récré, Les croques ou Chaque jour Dracula, ils font subir de graves tourments à leur héroïne Juliette.

Alors que ses amis sont partis en classe de mer, la petite fille se retrouve seule à l’école. Une proie idéale pour les petites pestes de l’établissement. D’un seul coup, sans savoir d’où cela vient, du jour au lendemain, Juliette subit les insultes à son égard : « T’es moche. T’es sale et tu pues. » Elle se renferme et accepte même de donner des objets lui appartenant pour que les plus âgées arrêtent de l’embêter…

Si la deuxième partie de l’album peut parfois sembler un peu simpliste et caricatural vis-à-vis de ce thème, le récit à le mérite de l’aborder pour les plus jeunes (à partir de 8 ans).

La première partie est quant à elle, est très réussie, prenante et intelligente. Les causes, les symptômes et les conséquences sont décrits avec subtilité. Ce message fonctionne bien et atteint sa cible.

L’on apprécie aussi le dessin de Yannick Thomé. Tout en rondeur et faites de grands aplats, les planches sont très  lisibles, parfaites pour délivrer le message.

  • Les Inséparables, tome 7 : Juliette se fait harceler
  • Scénariste : Nathalie Dargent
  • Dessinateur : Yannick Thomé
  • Éditeur : BD Kids
  • Prix : 7.95 €
  • Parution : 22 janvier 2020
  • ISBN : 9782408014568

Résumé de l’éditeur : Cette semaine, tous les copains de Juliette sont partis en classe découverte. Quand Armande la prend en grippe à la suite des félicitations de la maîtresse, elle se retrouve bien seule… Pour la jeune élève timide, c’est même le début d’un douloureux calvaire : Armande et les copains de sa soeur, des grands, vont commencer à la harceler. Insultes, moqueries, pressions physiques et racket, la pauvre Juliette est dévastée. Mais le retour de ses amis signera la fin de cette dure épreuve. Grâce à leur soutien, elle trouvera la force d’aller demander de l’aide aux adultes, qui sauront réagir et arranger la situation. Ce nouveau tome des « Inspérables » permet d’aborder avec les jeunes lecteurs la problématique du harcèlement, les questions qu’elle soulève et les solutions à la disposition des victimes comme des témoins. Un sujet tristement actuel, traité avec bienveillance.

 

Green Class 2 : L’alpha

L’alpha est le deuxième volume de Green Class, l’excellente série d’anticipation signée Jérôme Hamon et David Tako.

Après un premier volet qui nous avait beaucoup attiré et énormément enchanté, ce deuxième tome est de la même trempe : singulier, intelligent, rythmé et empli de suspense.

Le duo Tako/Hamon est en forme et cela ravit les lecteurs. Ce dernier (Nils, Emma et Capucine) sait tenir en haleine son lectorat. Il distille une ambiance pesante et quasi post-apocalyptique (rehaussé par le travail admirable de son comparse) qui plombe le moral de ses personnages.

Encore moins sereins que dans le précédent volume, les héros sont sur le qui-vive. N’ayant presque plus à manger, sentant les monstres végétaux tout proche et ne sachant pas où est Noah (atteint du virus) et Naïa sa soeur, ils essaient de trouver une zone safe et sécurisée…

Le récit fantastique fantastique de Jérôme Hamon est très réaliste et très ancré dans notre temps. Cette série lui permet d’aborder des thèmes universels et contemporains avec aisance : écologie, précarité, estime de soi et des autres, construction de l’identité, premiers émois et solidarité. Parce qu’il ne faut pas oublier que ses personnages sont des adolescents. Il en parlait ainsi dans une interview à Comixtrip lors de la sortie du premier tome : « Ils sont en pleine construction. L’évolution est forcément plus grande et les arcs narratifs plus variés qu’avec des adultes. En plus, ils font des choix surprenants. C’est le carrefour d’une vie. C’est un moment où l’on peut facilement faire le bien ou le mal. »

Green Class bénéficie d’une partie graphique de haut-vol. Pour sa première série bande dessinée, David Tako manie avec habileté le découpage. Son trait unique, entre manga et comics, nous subjugue. Les couleurs sont lumineuses malgré le propos sombre du récit et finissent de nous convaincre de l’efficacité de cette série.

  • Green Class, tome 2 : L’alpha
  • Scénariste : Jérôme Hamon
  • Dessinateur : David Tako
  • Éditeur : Le Lombard
  • Prix : 12.45 €
  • Parution : 14 février 2020
  • ISBN : 9782803673094

Résumé de l’éditeur : Le géant végétal a brisé le mur qui isolait la région. La quarantaine est rompue et nos héros peuvent découvrir le monde extérieur. Leur déception est terrible, la contamination s’est étendue à tout le pays. Mais Lucas, Beth, Linda et Sato n’ont pas le temps d’y penser. Le géant a emmené Naïa et Noah, et il est urgent de les retrouver.

Harley Quinn et les sirènes de Gotham

Harley Quinn, Poison Ivy et Catwoman décident de s’allier après la disparition de Batman. Harley Quinn et les sirènes de Gotham est un album signé Paul Dini et un collectif de dessinateur chez Urban Comics.

Développé en 2010 par Paul Dini, Harley Quinn et les sirènes de Gotham est un album composé de 10 chapitres autour de Harley Quinn, Poison Ivy et Catwoman, les héroïnes badass de l’univers de Batman. Alors que Birds of Prey est sur le point de débarquer sur les écrans, les éditions Urban Comics en profite pour dévoiler cette histoire de 256 planches.

Si le casting fait rêver – les 3 personnages principaux sont rejointes par 3 autres – on ne peut pas dire que nous sommes emballés. La faute à une intrigue qui tarde à démarrer. Les trois copines pourtant sont déjà fortes – seules –  donc ensemble, le lecteur pouvait s’attendre à des étincelles. Alors oui, il y a de l’action, oui elles sont borderline et oui elles se mettent en colocation mais tout cela ne fait pas une bonne histoire.

Néanmoins Paul Dini (Dark Night : une histoire vraie, Justice League Icones) connait toutes les ficelles pour garder son lectorat sous tension. Il aime à torturer psychologiquement Poison Ivy, Harley Quinn et Catwoman et cela engendre des interactions entre elles souvent savoureuses.

Guillem March, David Lopez et Andres Guinaldo font vraiment bien le travail. C’est simple, beau et très lisible.

  • Harley Quinn et les sirènes de Gotham
  • Scénaristes : Paul Dini, Scott Lobdell et Guillem March
  • Dessinateurs : Guillem March, David Lopez et Andres Guinaldo
  • Éditeur : Urban Comics, collection DC Classiques
  • Prix : 22.50 €
  • Parution : 17 janvier 2020
  • ISBN : 9791026818090

Résumé de l’éditeur : Splendides, envoûtantes et dangereuses. Catwoman, Poison Ivy et Harley Quinn en ont assez de suivre les ordres, et elles sont prêtes à s’emparer d’une Gotham qui leur tend les bras depuis la disparition du Chevalier Noir, perdu dans les méandres du temps. C’est l’occasion pour elle de faire cause commune… mais pour combien de temps ? Contenu vo : Gotham Sirens #1-10

Tank Girl Action Alley

L’héroïne créée par Jamie Hewlett et Alan Martin, Tank Girl, est de retour dans une nouvelle très bonne aventure, Action Alley, mise en image par Brett Parson chez Ankama.

Booga emmène clandestinement un kangourou dans la maison de Tank Girl. Les deux tourtereaux fêtent leur anniversaire de leur concubinage. Au menu : barbecue pour tout le monde. Il y a là Sub Girl, Jet Girl et Barney. Débarque alors Dobson et son Tankmaster, un char d’assaut alimenté par un réacteur nucléaire.

Quelques jours plus tard, Tank Girl reçoit un message inquiétant de sa mère adoptive qui se meurt. La bande embarque dans le Tankmaster. Un chemin semé d’embûches…

Les lecteurs apprécieront vraiment Tank Girl Action Alley. Il y a tous les ingrédients pour passer un excellent moment : action, humour et héros pieds nickelés. Ce road-trip à travers l’Australie est déjanté, parfois bordélique et c’est ce que l’on aime.

Alan Martin – aux manettes depuis la création de Tank Girl – n’oublie pas de faire évoluer ses personnages; en premier lieu son héroïne. En choisissant de faire s’éteindre sa mère adoptive, le lecteur découvre d’autres facettes de sa psychologie. Si en plus, il imagine les racines de Booga, l’ami intime de Tank Girl, alors les lecteurs sont aux anges.

  • Tank Girl Action Alley
  • Scénariste : Alan Martin
  • Dessinateur : Brett Parson
  • Éditeur : Ankama, Label 619
  • Prix : 13.90 €
  • Parution : 17 janvier 2020
  • ISBN : 9791033511397

Résumé de l’éditeur : Lorsque Tank Girl apprend que sa mère (adoptive) est souffrante, elle et son gang se lancent à travers le pays pour la rejoindre. Mais leur périple à bord de leur nouveau bolide le « Tankmaster » les emmène droit à Action Alley, un lieu truffé de créatures sauvages démentes et d’obscures forces maléfiques…

Les Spectaculaires dépassent les bornes

Embarqués dans une course automobile entre Paris et Amsterdam, Les spectaculaires sont de retour dans une quatrième aventure sur les chapeaux de roue. Régis Hautière et Arnaud Poitevin sont toujours les pilotes de cette très jolie série grand public de qualité.

Ce que l’on apprécie au plus haut point chez Les spectaculaires, c’est le côté aventure « à l’ancienne », dans la veine des récits de Spirou de la grande époque.

Régis Hautière et Arnaud Poitevin voulaient créer une série grand public et c’est plus que réussit. Populaire – au sens noble du terme – ces aventures sont distrayantes, se lisent avec aisance, sont drôles et intelligentes. De ce côté-là, on peut dire que le duo a atteint ses objectifs.

Alors que les trois premières histoires étaient indépendantes, ce quatrième opus ne se termine pas à la 54e page. Comme dans les précédentes publications, Régis Hautière s’amuse avec cette bande de pieds nicklés, mais ô combien attachante.

Après Sarah Bernardt ou la Seine en furie, Les spectaculaires se retrouvent embarqués dans une course automobile mémorable. Missionnés par Aristide Briand et Armand Fallières, le président de la république en personne, ils doivent arrêter le gentleman cambrioleur Arsène Lapin.

Les spectaculaires dépassent les bornes est un très bel hommage aux récits de Raymond Leblanc, voire la série télévisée Arsène Lupin avec Georges Descrières mais aussi à la série Les fous du volant de Hanna et Barbera. Aussi drôle et rythmé qu’un épisode de Satanas et Diabolo, l’histoire plaira à toute la famille. Suspense, quiproquos, situations cocasses et dialogues savoureux complètent ce quatrième volume.

« Régis comme moi, nous avons voulu créer une bande dessinée que nous aurions aimer lire quand on était gosses »

Arnaud Poitevin est le dessinateur idéal pour Les spectaculaires. Son dessin est souple, très humoristique et tellement beau. Comme il l’expliquait dans un entretien à Comixtrip, c’est une série dont il rêvait depuis très longtemps. On le comprend.

  • Les Spectaculaires dépassent les bornes
  • Scénariste : Régis Hautière
  • Dessinateur : Arnaud Poitevin
  • Éditeur : Rue de Sèvres
  • Prix : 14 €
  • Parution : 22 janvier 2020
  • ISBN : 9782369818991

Résumé de l’éditeur : Décembre 1910. Le Palais de l’Elysée est victime d’un cambriolage. Le Président Fallières découvre son coffre-fort pillé : bijoux et liasses de billets ont disparu, mais plus important encore, des documents ultraconfidentiels, susceptibles de mettre en péril la sécurité du pays, ont été dérobés. Seule une carte de visite avec un lapin dessiné, est retrouvée dans le coffre-fort. Plus de doute, il s’agit de l’oeuvre d’Arsène Lapin, gentleman cambrioleur. Les Spectaculaires se voient alors confier une curieuse mission : pour récupérer ces précieux papiers, la joyeuse troupe doit remporter, sans tricher, la grande course automobile qui reliera Paris à Berlin, au printemps prochain ! Sans quoi Arsène Lapin menace de divulguer ces documents aux rédactions des plus grands journaux d’Europe…L’enjeu est de taille pour notre fine équipe, embarquée contre leur gré dans une folle aventure qui les conduit de Paris à Bruxelles, Amsterdam et Berlin. Parviendront-ils à remporter la grande course ? Attention, ça risque de décoiffer !

Django main de feu

Django Reinhardt était un musicien de grand talent. Salva Rubio et Efa dévoilent sa jeunesse dans Django main de feu. Passionnant !

Comme le dit Thomas Dutronc dans la préface de Django main de feu : « Django était un dieu, Django est un dieu. » Inventeur du jazz manouche, il vécut une existence digne de grands romans du XIXe et XXe siècle.

Salva Rubio et Efa se penchent sur sa jeunesse et ses débuts dans le music-hall. Cette tranche de vie est étonnante, surprenante mais ô combien accrocheuse. Elle permet de comprendre le futur grand musicien.

L’album s’ouvre à Liberchies près de Charleroi en Belgique en 1910. La grande famille de gitans de Django est aux anges : le petit vient de naître.

Quelques pages plus loin, les lecteurs retrouvent les Reinhardt à Paris. Ils suivent le jeune garçon bagarreur qui reçoit un banjo de sa mère. Alors qu’il rêvait d’une guitare, il devra se contenter de cet instrument à cordes tout droit venu des États-Unis.

Au fil de Django main de feu, le jeune adolescent grandit, fait des prouesses avec ses mains et devient un musicien que tout le monde s’arrache. Il rencontre Naguine, sa future épouse mais sa vie bascule avec l’incendie de sa roulotte dans lequel il perd l’usage de ses doigts. De cette tragédie, il renforcera sa technique de guitariste.

Cette biographie dessinée est contée simplement, sans artifice et c’est ce qui plait. Le résultat est accrocheur. On se plait à suivre la vie de Django.

Peut-être que le duo Rubio/Efa poursuivra cette biographie avec un tome 2 pour montrer les moments de gloire de Django.

Le trait du dessinateur de Alter Ego nous charme. Les couleurs pastel sépia apportent de la douceur et de la chaleur au récit.

  • Django main de feu
  • Scénariste : Salva Rubio
  • Dessinateur : Efa
  • Éditeur : Dupuis / Aire Libre
  • Prix : 17,50 €
  • Parution : 24 janvier 2020
  • ISBN : 9791034731244

Résumé de l’éditeur : Django Reinhardt est une légende. Mais Django ? « celui qui réveille » ? est aussi né deux fois. Une première fois dans la neige, durant l’hiver 1910 dans une famille de nomades stationnée à Liberchies, en Belgique. La seconde à Saint-Ouen, près de Paris, à l’automne 1928, quand l’incendie de sa caravane lui mutila la main gauche. Le scénariste Salva Rubio et le dessinateur Efa avaient déjà signé ensemble un remarquable biopic sur Monet en 2017, rendant hommage à l’obsession du peintre pour la lumière. De même, ce biopic consacré à la jeunesse du musicien prodige met en scène la passion et l’obstination de celui qui s’est toujours considéré comme le plus grand guitariste du monde. Dans ce récit- partition, en découpant les cases comme des accords, le dessinateur anime la romance d’une vie en vibrations aquarellées pour mieux accompagner le cheminement musical et technique de l’inventeur du jazz manouche. De la musette au jazz, du violon au banjo puis à la guitare, la destinée de Django est celle de sa main de feu, habitée par le « duende » qui brûle dans l’âme du musicien manouche. Celle d’un miraculé qui renaît de ses cendres, plus éblouissant que jamais. Musique ! Cet ouvrage est préfacé par Thomas Dutronc et contient un dossier documenté de 16 pages.

Les aventures de Wafwaf et Captain Miaou

Lorsque deux pirates s’embarquent sur un bateau sans savoir où aller, cela donne Les aventures de Wafwaf et Captain Miaou, un recueil d’histoires loufoques signé B-gnet aux éditions Lapin.

Captain Miaou n’est pas un chat mais un pingouin. Wafwaf n’est pas un chien mais une espèce d’œuf jaune sur patte. B-Gnet veut embrouiller ses lecteurs qu’il ne s’y prendrait pas mieux.

Parodie d’aventures pirates – à l’image de RatafiaLes aventures de Wafwaf et Captain Miaou est un album complètement absurde. Publié un toute première fois chez BD Kids, il renait de ses cendres chez Lapin.

L’auteur du génial Glouton nous embarque dans une histoire à l’intrigue farfelue. Wafwaf et Miaou sont de véritables pieds nicklés qui multiplient les bêtises, engendrent des quiproquos et c’est drôle !

Chercher un bateau pour partir, ne pas connaître la destination, se faire attaquer par d’autres pirates ou se faire emprisonner, tout est bon pour faire rire les lecteurs.

Les aventures de Wafwaf et Captain Miaou : c’est bête mais c’est très tellement drôle !

  • Les aventures de Wafwaf et Captain Miaou
  • Auteur : B-gnet
  • Éditeur : Lapin
  • Prix : 14.56 €
  • Parution : 13 janvier 2020
  • ISBN : 9782377540761

Résumé de l’éditeur : Retrouvez Captain Miaou (un chat ? Non. Un pingouin barbu) et son matelot Wafwaf (un chien ? Non. Un truc jaune) dans des aventures complètement folles. Avec leur équipage de bras cassés, ils prennent le large.Mais ils ne savent pas où ils vont ni pourquoi.

Wolcano, la sorcière du cul

Quand une sorcière du cul est radiée de l’ordre, cela est décoiffant. Les exploits humoristiques de cette créature magique sont contés dans Walcano, un album de Shyle Zalewski chez Delcourt.

Complètement décalé, parfois très drôle, Wolcano plaira aux amateurs d’humour axé sur le sexe. Shyle Zalewski  imagine cette sorcière portée sur la chose.

Avec sa langue de vice du dragon, elle multiplie les plans. Après sa 666e conquête, Ox vient lui expliquer qu’elle est radiée de l’ordre des sorcières. Accompagnée par son dernier amant, elle part à l’aventure.

Ce périple fantastique est fou et drôle. L’auteur ne s’interdit rien en humour. Il aborde le sexe – cela est juste suggéré en dessin – et cela lui permet de parler de la place des femmes, de leur liberté dans leur corps et de domination masculine.

Le dessin numérique accentue l’humour des dialogues savoureux. Ce n’est pas révolutionnaire mais cela permet de passer un bon moment de lecture.

  • Wolcano, la sorcière du cul
  • Auteur : Shyle Zalewski
  • Éditeur : Delcourt, collection Shampooing
  • Prix : 14.5 €
  • Parution : 29 janvier 2020
  • ISBN : 9782413021889

Résumé de l’éditeur : Wolcano est une sorcière résidant à Whitetown, vivant sa vie de débauches et d’irrévérences en tous genres.Lorsque arrive sa 666e conquête amoureuse, OX, cyclope de son état, débarque lui signifier sa radiation du Pôle des Sorciers. Wolcano décide de le suivre pour venir protester en personne. S’ensuit un road-trip abracadabrantesque où chacun aura à loisir de questionner son rapport à la société.