Une touche de couleur

Élevé par ses grands-parents, l’auteur de bande dessinée Jarrett J. Krosoczka n’a pas eu une enfance comme les autres. Il la raconte dans Une touche de couleur aux éditions Delcourt.

Son père, Jarrett ne le connait pas, il a disparu de sa vie. Sa mère, il la voit très peu parce qu’elle passe sa vie dans des centres de désintoxication à cause de ses addictions à la drogue et l’alcool. Tout petit, il a été confié à ses grands-parents, Shirley et Joe.

Jarrett J. Krosoczka raconte cette enfance un peu particulière, de sa naissance à la fin de son adolescence. Le futur auteur de bande dessinée en profite pour parler de ceux qui l’ont accueilli avec douceur, avec amour et bienveillance. Il raconte leur rencontre au lycée et leurs retrouvailles après la Seconde guerre mondiale.

Une touche de couleur, c’est son message d’amour à ces deux êtres pourtant âgés qui l’ont protégé, élevé avec leurs difficultés et leurs joies. S’il n’a pas envie de jouer au football, il préfère le dessin. C’est ce qui le fera grandir, cette bulle de douceur.

Mais sa mère revient sans cesse dans cette vie particulière. Elle débarque avec ses trop pleins : trop de paroles, trop de mensonges et trop d’extravagances. Elle lui dit qu’elle va changer et qu’ils seront de nouveau ensemble. En vain.

Prix Harvey de l’album de l’année en 2018, Une touche de couleur n’est pas une autobiographie dessinée comme les autres. Si elle semble classique dans son approche, elle possède des qualités qui attire l’œil et suscite la curiosité. Tout d’abord, cette manière douce et chaleureuse pour raconter tous les moments qui ont jalonné sa vie.

Les flash-backs dans les années 1940 autour de Shirley et Joe sont forts et poignants. Elle était issue d’une famille suédoise protestante, tandis que celle de son époux était issue de l’immigration polonaise catholique. La rencontre, la guerre, Leslie la mère de Jarrett, tout cela est mis devant nous, simplement, sans fard.

Cette femme alcoolique confie son enfant, non pas à ses parents, mais à son père seulement. Il faut dire qu’elles ne se sont jamais entendues.

Dans une vraie résilience, sans aucune envie de vengeance, Jarrett J. Krosoczka s’est construit petit à petit aux côtés de ceux qui l’ont élevé comme leur fils.

Une touche de couleur : un récit de vie simple, empli d’amour pour deux êtres au grand cœur, porté par un dessin moderne et en mouvement.

  • Une touche de couleur
  • Auteur : Jarrett J. Krosoczka
  • Éditeur : Boîte à Bulles, collection Hors champ
  • Prix : 23.95 €
  • Parution : 12 février 2020
  • ISBN : 9782413022244

Résumé de l’éditeur : Un jour, l’enseignant de Jarrett veut qu’il dessine sa famille : une maman et un papa. Sauf que sa mère, toxicomane et alcoolique, passe son temps en centre de désintoxication et son père, il ne le connaît pas. Ce petit garçon a été élevé par ses grands-parents : deux personnalités très imposantes mais qui vont l’aimer. Sa passion pour le dessin lui permettra de surmonter cette enfance, faite de secrets et de non-dits.

Viva l’anarchie !

Bruno Loth raconte les années de lutte commune de Buenaventura Durruti et Nestor Makhno, deux anarchistes dans Viva l’anarchie ! aux éditions La boîte à bulles.

Bruno Loth est l’auteur de bande dessinée du peuple, des peuples, des luttes sociales et ouvrières, des grands idéaux, du pouvoir par et pour les peuples, celui des combats des petites gens pour leur autodétermination; et c’est pour cela qu’on apprécie fortement son œuvre. La force du collectif pour un monde meilleur sont au cœur notamment de Mémoires d’un ouvrier, Les fantômes de Ermo mais aussi Guernica. Il la raconte avec simplicité, avec force, sans artifice, avec ses espoirs, ses désillusions, ses prisonniers ou ses morts.

Comme avec ses précédentes publications, il a choisi de nouveau de nous parler d’Histoire. Avec Viva l’anarchie, il nous raconte l’histoire commune de Buenaventura Durruti et Nestor Makhno, deux anarchistes qui ont compté dans les luttes pour les peuples en Europe.

Paris, 1927. P’tit Louis est heureux, il part rejoindre ses amis anarchistes à la librairie Le libertaire. Malgré la liesse de la fête de ce 14 juillet, ses camarades, eux, préfèrent accueillir Nestor Makhno, un opposant à la dictature bolchevique en Ukraine. Il y a là, Buenaventura Durreti, tout juste libéré de prison après sa tentative de coup d’état contre le roi d’Espagne.

Les deux anarchistes se découvrent et deviennent amis. S’ils viennent d’horizons différents, leurs combats pour le peuple est commun. C’est autour d’une table qu’ils se souviennent de leur passé, de leurs débuts dans la lutte…

Si parfois les informations sont très nombreuses, les lecteurs plongent dans ces années 1920-1930 avec délectation. Il faut dire que l’histoire de l’anarchisme est très (trop) peu connue voire développée dans les cours au lycée. Nous, Français, nous méconnaissons ces moments de luttes collectives. S’il nous reste de vagues souvenirs de Blanqui, où sont les Kropotkine et autres Proudhon. Viva l’anarchie ! a aussi cet aspect positif, celui de raconter une autre histoire, celle des plus petits, des gens du peuple à l’image de Révolution, l’album Fauve d’or 2020 à Angoulême, signé Graouzel et Locard.

Accompagné aux couleurs par Corentin, son fils, Bruno Loth nous enchante de nouveau par une partie graphique simple et très belle.

  • Viva l’anarchie ! la rencontre de Makhno et Durreti
  • Auteur : Bruno Loth
  • Coloriste : Corentin Loth
  • Éditeur : Boîte à Bulles, collection Hors champ
  • Prix : 18 €
  • Parution : 05 février 2020
  • ISBN : 9782849533161

Résumé de l’éditeur : Dans ce nouvel album, Bruno Loth retrace les principaux événements qui ont marqué la vie des deux anarchistes Buenaventura Durruti et Nestor Makhno qui ont en commun d’avoir réussi à mettre en pratique l’anarchie sur tout un territoire (Catalogne – Ukraine). En 1927, après une tentative de coup d’État contre le roi d’Espagne Alphonse XIII, Durutti est emprisonné en France. Finalement libéré, il échappera à l’extradition vers l’Argentine, mais aura 10 jours pour quitter la France. C’est à Paris, dans la clandestinité, que Durrutti rencontre Nestor Makhno, figure de l’anarchisme ukrainien, communiste libertaire et fondateur de l’armée révolutionnaire insurrectionnelle Makhnovchtchina. Cette rencontre sera pour eux l’occasion de confronter leurs expériences et leurs idéaux…

Le joli Coco

Avec Le joli Coco, on tient l’album le plus fou-drôle-décalé-badass de l’année 2020 ! Imaginé par Capucine et Boulet, il en surprendra et déstabilisera plus d’un ! Jouissif !

Comment résumer Le joli Coco sans dévoiler l’intrigue ? Nous ne le ferons pas sinon nous vous gâcherons votre plaisir de lecture ! Faite-nous confiance, plus d’un s’est fait avoir par cette histoire mignonne et drôle.

« Qu’il est beau, qu’il est gentil le Coco tout rose comme une rose, tout rond et tout mignon. C’est le plus beau ! »

Coco est un joli oiseau rond et tout rose à qui il arrive d’étranges aventures. Capucine et Boulet sont au sommet de leur art avec ce petit album de format carré. Courrez acheter Le joli Coco, vous ne serez pas déçus !

  • Le joli Coco
  • Auteurs : Capucine et Boulet
  • Éditeur : Lapin
  • Prix : 10 €
  • Parution : 28 février 2020
  • ISBN : 9782377540815

Résumé de l’éditeur : Ce livre n’est pas pour les enfants. Le Joli Coco, c’est un petit volatile tout rond, tout mignon. C’est aussi celui qui a sué sa race lors des entrainements militaires, botté des culs sur le champ de bataille et versé son sang dans des rituels satanistes. Le Joli coco, c’est ce qui arrive quand on laisse un poème mignon et innocemment écrit par Capucine enfant se faire illustré par Boulet.

Gibus, tome 1 : A fond la caisse

Les éditions BD Kids dévoilent le premier volume de Gibus, une très jolie série jeunesse humoristique signée Olivier Lhote et Sylvain Frécon.

Gibus conte les aventures humoristiques d’un jeune adolescent prénommé Gibus dans un Moyen-Age fantasmé et très décalé.

Il est le fils de Drogon, un seigneur provincial, et de Francine. Il a une petite sœur Giboulette et des amis Malbroute, Brunissende et Tranchelar.

Véritable tornade, Giboulette est de retour au château au grand désespoir de son grand frère. Comme une catastrophe est si vite arrivée, Gibus enterre tous ses jouets car la fillette a tendance à tout casser. Il faut souligner qu’ellefracasse tout sur son passage et que la note du pensionnat où elle étudie en est très élevée.

Pire, elle ne rêve que de devenir chasseuse. Elle supplie son père de l’y emmener. Gibus est furieux, lui l’anti-chasse, et tente de s’interposer. En vain. Sur Sicorde, son mouton, Giboulette, part en forêt avec Drogon

Gibus : voilà une très sympathique série. Drôle par ses personnages haut en couleur ou les anachronismes, elle fait le bonheur des lecteurs de J’aime Lire Max !

Composé de cinq courts récits, ce premier recueil est une vraie parodie des histoires médiévales avec des chevaliers et des princesses.

Après l’excellent Glouton de B-Gnet, les éditions BD Kids ont eu le nez creux en acceptant de publier le projet. Nous apprécions énormément la galerie de personnages imaginée par Olivier Lhote. S’ils sont caricaturaux, c’est pour apporter un maximum d’humour. Le scénariste n’hésite pas à les fourvoyer dans des situations plus cocasses les unes que les autres. C’est aussi le prétexte pour lui de parler des relations familiales, les relations sœur/frère, d’amitié et de camaraderie.

Olivier Lhote a bien choisi son partenaire de jeu. Le trait de Sylvain Frécon est idéal pour les enfants : moderne et tout en rondeur, ce qui apporte aussi son lot d’humour et de la chaleur aux mini-récits.

Gibus : une très jolie surprise, un recueil d’histoires distrayantes et drôles. Chapeau au duo d’auteurs !

  • Gibus, tome 1 : A fond la caisse
  • Scénariste : Olivier Lhote
  • Dessinateur : Sylvain Frécon
  • Éditeur : BD Kids
  • Prix : 9.95 €
  • Parution : 04 mars 2020
  • ISBN : 9791036314902

Résumé de l’éditeur : Saviez-vous que l’amitié, les bêtises et les joies de l’adolescence n’avaient pas d’âge ? Car Gibus et sa bande d’amis, venus tout droit du Moyen Âge, ont les mêmes préoccupations que les jeunes lecteurs… les téléphones et les ordinateurs en moins ! Le père de Gibus est un seigneur en guerre contre les Anglois, lui veut passer son permis monture pour conduire un cheval et son animal de compagnie est un mouton… que son père aimerait faire cuire quand la famine menace. La routine, quoi ! Au temps de Gibus, rien n’est grave, et tout est prétexte à de grands éclats de rire.

En proie au silence, tome 1

Les éditions Akata frappent fort en ce début d’année 2020 avec la publication de En proie au silence, un manga d’Akane Torikai.

On le sait depuis le début de l’aventure éditoriale d’Akata, cette maison d’édition manga ne fait rien comme les autres. Elle mise sur la publications d’œuvres fortes, intrigantes et parfois dérangeantes, comme La vie devant toi, Saltiness, La virginité passée 30 ans ou encore Eclat(s) d’âme.

Encore une fois, les dirigeants de la structure nous bluffent avec En proie au silence, un manga à la thématique moderne, actuelle et ô combien cruciale des violences faites aux femmes.

Pour son premier manga publié, Akane Torikai s’attaque donc à un sujet tabou et sensible, très actuel après #metoo. Si elle ne dessine pas exclusivement pour les femmes, elle veut leur donner la parole dans En proie au silence.

Pour cela, elle met en scène Misuzu, jeune professeure dans un lycée. Cachant un lourd secret, blessée dans sa chair et son être, elle se désintéresse de son métier.

La force de cette série complète en huit volumes, c’est sa galaxie de personnages, souvent cabossés par la vie, doutant et souffrant en silence. Les adolescents draguent à tout va et Misuzu n’en peut plus.

Avec un million d’exemplaires vendus au Japon, En proie au silence est un manga coup de poing qui interroge sur la place de la femme au pays du soleil levant, sur les relations femme/homme, sur la domination patriarcale et sur les violences subies par les femmes.

  • En proie au silence, tome 1
  • Autrice : Akane Torikai
  • Éditeur : Akata, collection Large
  • Prix : 8.05 €
  • Parution : 09 janvier 2020
  • ISBN : 9782369747680

Résumé de l’éditeur : Misuzu exerce ce que certains appellent le meilleur métier du monde… Mais entre le désintérêt de ses élèves, et surtout la blessure qu’elle porte, la jeune femme tente tant bien que mal de mener son existence, la tête haute. En effet, autrefois violée par le conjoint de sa meilleure « amie », cette professeure désabusée porte un regard cynique sur la société. Comment trouver son équilibre dans un monde aussi injuste et inégal, de surcroît quant on est une femme ?

Philby, naissance d’un agent double

Kim Philby est l’agent double le plus célèbre du monde. Entre MI6 et KGB, il fit un choix audacieux. Pierre Boisserie et Christophe Gaultier racontent ses années d’espionnage dans Philby naissance d’un agent double. Passionnant.

Moscou, le 11 mai 1988. Un homme aborde Kim Philby. Les deux s’assoient sur un banc de la Place rouge. Le célèbre agent double commence alors le récit de sa vie : comment il a réussi à infiltrer le Mi6 – contre espionnage britannique – pour le compte du KGB et de la Russie.

Étonnamment, Kim fut élevé dans une famille de la grande bourgeoisie anglaise mais embrassa rapidement les idées communistes. Son père voyageait beaucoup au Proche-orient pour son travail. Il aimait à lui rapporter toute sorte de livres, notamment ceux de Kipling se déroulant en Inde.

En pension au Trinity College, il fit la connaissance de Guy et Blunt, deux étudiants aux idées révolutionnaires communistes. Ils échafaudent un plan : se faire embaucher par le MI6 afin de récolter des informations top secrètes pour les transmettre à l’ennemi, la Russie…

Les Arènes BD aiment publier des albums aux accents historiques. Après La fantaisie des dieux, Morts par la France ou La tragédie brune, elles dévoilent Philby. Comme pour ce dernier, c’est Christophe Gaultier qui a la charge du dessin.

Si le récit de Pierre Boisserie est plus classique et moins prenant que La tragédie brune, le héros – Philby – est tout autant flamboyant et romanesque que Xavier de Hauteclocque, journaliste assassiné par les Nazis.

Dans une ambiance ressemblant au Cercle des poètes disparus pour les scènes du pensionnat, le lecteur découvrent les motivations et le stratagème des trois amis. Complots, secrets, assassinats politiques ou voyages sont au cœur de ce bel album.

Comixtrip apprécie au plus haut point le travail de Christophe Gaultier. Son talent est éblouissant. Néanmoins sur Philby son dessin est plus lisse qu’à l’accoutumée. Est-ce du aux couleurs de Marie Galopin ? Il suffit de regarder la force de la couverture pour être persuadé du talent du dessinateur d’une version de Robinson Crusoé.

  • Philby, naissance d’un agent double
  • Scénariste : Pierre Boisserie
  • Dessinateur : Christophe Gaultier
  • Coloriste : Marie Galopin
  • Éditeur : Les Arènes BD
  • Prix : 20 €
  • Parution : 18 mars 2020
  • ISBN : 9782711201921

Résumé de l’éditeur : Moscou, 1988. Exilé en Russie loin de son Angleterre natale, Kim Philby retrouve un vieil ami : il lui raconte comment est né sa vocation pour l’espionnage.

Enfant timide issu d’une famille bourgeoise, diplômé de Cambridge, rien ne le prédestinait en effet à trahir son pays pour la cause soviétique.

Tout commence en 1930. Alors que Hitler est en pleine ascension, Philby s’engage dans la lutte contre le fascisme. Devenu communiste, il est recruté par les services de renseignements russes et sera désormais prêt à tout pour défendre ses convictions…

Trappeurs de rien : La mine des anciens

Ambiance western et fond de mine pour ce nouvel opus de Trappeurs de rien. Encore une très jolie histoire avec Georgie, Croquette et Mike, signée Olivier Pog et Thomas Priou.

Gadoue City. Les trois Trappeurs de rien sont en ville. Ils croisent la route d’un vieux mineur cul-de-jatte. Ils l’aident à traverser la rue pour ne pas s’embourber et en contrepartie, le loup leur offre une boisson dans le saloon.

Puis, il leur propose de le suivre dans l’ancienne mine abandonnée. A l’intérieur, un éboulement de grosses pierres bouche le passage. Georgie, Mike et Croquette se retroussent alors les manches…

Après quatre volumes enchanteurs, Trappeurs de rien est de retour plus en forme que jamais. Olivier Pog a concocté une histoire digne d’un scénario de western spaghetti : chercheurs d’or, méchants vraiment méchants, suspense et armes à feu. Georgie, Croquette et Mike font de nouveau preuve de solidarité et d’entraide face au trio de frères détestables.

Le scénariste de Mulo utilise avec habileté les flash-back qui permettent découvrir le passé des ascendants de Croquette. Il n’oublie ni le thème de l’inclusion avec le vieux loup handicapé, ni l’humour par ses trois personnages attachants.

Ce cinquième album est composé de plus de pages ce qui permet à Olivier Pog de construire une intrigue plus complexe et de laisser à son comparse Thomas Priou plus de liberté dans son dessin. Si l’on apprécie les récit des Trappeurs de rien, on aime beaucoup sa partie graphique. Aidé aux couleurs par l’excellent Christian Lerolle – qui a succédé à Johann Corgié – le dessinateur d’Alexandrine montre encore une fois que les univers jeunesse sont idéaux pour son trait. C’est rond, c’est chaleureux et c’est beau. Le duo Priou/ Lerolle est sans aucun doute une belle trouvaille.

  • Trappeurs de rien, tome 5 : La mine des anciens
  • Scénariste : Olivier Pog
  • Dessinateur : Thomas Priou
  • Coloriste : Christian Lerolle
  • Éditeur : La Gouttière
  • Prix : 13.70 €
  • Parution : 21 février 2020
  • ISBN : 9791092111996

Résumé de l’éditeur : Croquette, Mike et Georgie débarquent en ville, bien décidés à redorer leur image de trappeurs infaillibles. Ça tombe bien, un vieux loup mal en point a besoin de leur aide ! Les trois amis se retrouvent lancés sur les rails d’une nouvelle aventure. Au fond de la mine, il suffit de quelques coups de pioche pour déterrer bien des secrets…

Files

A la suite d’une enquête, Kikuchi perd son emploi. Il tente de se faire embaucher par le détective ayant eu en main son dossier. Les éditions Taifu dévoilent Files, un manga yaoi de Tsubame Sato.

Depuis un certain temps, Kikuchi entretient une liaison avec la femme de son patron. Ce dernier engage Yoshino, un détective privé pour constater les faits. L’amant est alors viré de son entreprise. Il débarque chez l’enquêteur pour lui signifier qu’il est mécontent.

Ce qu’il aimerait au fond de lui, c’est être embauché par le très beau détective. Arrive alors le propriétaire d’appartements qui soupçonne une de ses locataires de tourner des films pornographiques dans son logement. Kikuchi saute sur l’occasion pour que Yoshino le prenne en tant qu’assistant…

Prépublié dans la revue Canna des éditions Printemps Shuppan au Japon en 2017, Files est traduit en français par les éditions Taifu. Tsubame Sato imagine la relations entre deux hommes dans ce yaoi agréable à la lecture mais qui ne révolutionne pas le genre.

Au départ Yoshino et Kikuchi ne sont pas attirés l’un par l’autre. Ils ont des caractères très opposés pour que cela puisse être envisageable. De plus, ce dernier est hétérosexuel, en aucun cas, il pourrait tomber amoureux d’un autre homme. Sans jamais voir les scènes de vie du futur couple, la mangaka décrit la montée du désire entre eux. C’est donc de manière subtile qu’elle fait avancer son intrigue, il est vrai un peu mince. Les lecteurs regretteront parfois la vitesse des scènes. Sato ne prend pas le temps de s’appesantir sur certains aspects de leur relation. Restent les planches très réussies de la mangaka. Ses visages sont doux et d’une belle lisibilité.

  • Files
  • Autrice : Tsubame Sato
  • Éditeur : Taifu Comics
  • Prix : 8.99€
  • Parution : 29 janvier 2020
  • ISBN : 9782375061800

Résumé de l’éditeur : Kikuchi de´barque un jour dans le bureau de Yoshino, un de´tective prive´, en lui demandant d’e^tre embauche´ pour se faire pardonner. En effet, Kikuchi, qui couchait avec la femme de son patron, s’est fait licencier suite a` une enque^te de Yoshino. Cette ide´e est loin d’enchanter ce dernier mais il en faut plus pour de´courager Kikuchi qui de´cide de venir a` son bureau tous les jours. Et me^me si son caracte`re intempestif cache un grand coeur, ce dernier n’appre´cie pas Yoshino, un homme au passe´ trouble qui ne parle jamais de lui. Malgre´ tout, il l’intrigue et va chercher a` en apprendre plus sur lui.

Bernadette fait du ski

Après Bernadette au camping, Bernadette fait du ski. Les lecteurs retrouvent la jeune femme très libérée dans des aventures montagnardes. Un album humoristico-érotique signé El don Guillermo aux éditions Les requins marteaux.

Bernadette, la gérante du camping du Dauphin vert, a délaissé son paradis de luxure pour la station de ski du Pingouin bleu. Elle tient Bernie, une boutique de matériel de ski. Elle passe d’ailleurs son temps à aider les beaux touristes à trouver chaussure à leurs pieds.

Fumant un petit pet au soleil, elle est surprise par l’arrivée de Nadine, une bonne copine du camping. Elle est venue dans la station pour retrouver Marco. C’est le début de la débauche…

Bernadette fait du ski, c’est un peu la version érotique des Bronzés font du ski. Ça pine dans tous les sens, avec tout le monde et dans tous les coins. Après Déesse, Bite fighter, La villa S ou L’odyssée du vice, les éditions Les requins marteaux laissent les clefs à El don Guillermo pour une deuxième aventure sexe de Bernadette dans leur collection BD Cul.

La grande force de l’auteur de Dame un beso, c’est de glisser de l’humour dans toutes ses planches. Parce qu’un énième récit porno aurait vite ennuyé les lecteurs. Il imagine des situations cocasses, des étrangères courtes vêtues mais également du décalage entre les dialogues et les dessins de certaines scènes. Ce récit porno soft est donc d’une belle force humoristique. On s’attache – au sens propre comme figuré – à cette Bernadette, femme libre et libérée. Le dessin de El don Guillermo est cru et cash mais toujours dans un style humoristique.

  • Bernadette fait du ski
  • Auteur : El don Guillermo
  • Éditeur : Les requins marteaux, collection BD Cul
  • Prix : 14 €
  • Parution : 7 février 2020
  • ISBN : 9782849612583

Résumé de l’éditeur : Vous souvenez-vous de Bernadette, l’inépuisable égérie du camping du « Dauphin Vert » ? Elle est de retour pour la saison d’hiver à la station de ski du « Pingouin Bleu », où elle a troqué son moule-bites contre des moonboobs. Avec elle, impossible de se cailler les miches, dans sa boutrique de location de matériel ou lors de descentes en hors-piste dans des forêts de sapinettes. Au creux d’une vallée alpine, vous ne sucerez pas que des glaçons, car la station du « Pingouin Bleu » regorge d’une avalanche d’activités, du tire-fesses aux balades en raquéquettes. Vous y retrouverez Nadine, ancienne ingénue, suivant les cours très particuliers de Jörgen, le beau moniteur de ski suédois, mais aussi Marco, Fifi, Gégé, les jumelles hollandaises et tous les pensionnaires du « Dauphin Vert » venus planter leurs bâtons dans la poudreuse et se dégeler la serrure ! Ce sera aussi l’occasion de découvrir ce que renferme la mystérieuse piste rose, et le secret que cache Pingoui, la mascotte de la station. Suivez Bernadette en « tout choune » jusqu’en aval(e) des pistes, et si vous pensiez que le réchauffement climatique était le vrai responsable de la fonte des glaciers, demandez plutôt à Bernadette…

Thérapie de groupe #1

« Je m’appelle Jean-Eudes de Cageot-Goujon. Mais vous me connaissez sans doute mieux sous le nom de de Manu Larcenet ». Star internationale de la bédé.«  Présentations faites, sur fond de coupure de presse élogieuses, rien ne semble résister à la période faste du dessinateur. Rien sauf une chose : la panne de l’inspiration. Et c’est précisément ce qui arrive à Jean-Eudes. Au moment même où il est à son apogée. L’auteur à l’ego démesuré (les médias l’aident bien à le maintenir dans cette suffisance), se retrouve soudainement confronté au « trou noir sur la page blanche ».  Ce premier tome de Thérapie de groupe plonge ainsi dans la détresse la plus éloquente un artiste à la recherche d’une simple idée pour redémarrer sa carrière.

Comment passer d’un Prix Nobel de littérature avec un livre d’images, au vide total ? Comment prétendre qu’on mérite deux légions d’honneur alors qu’aujourd’hui, seul le néant sort de la pointe du crayon. Jean-Eudes est victime de tout ce qu’un auteur redoute un jour. Plus rien ne lui vient en tête. Paradoxalement, le dessinateur complètement abattu va tout mettre en oeuvre pour trouver l’idée du siècle.

Il ira ainsi chercher chercher de l’aide auprès de ses (lointains) pairs. Qui de mieux que ces artistes de la Préhistoire ou ces célèbres peintres de la Renaissance pouvaient donner le chemin à suivre ? Malgré ces artistes de grand talent, quand on passe sa vie à dessiner des mammouths laineux ou que l’on peint ce que Dieu vous ordonne, difficile d’en exhumer l’illumination tant attendue.

Et même quand Léonard de Vincy ou autre Paul Cézanne tentent de lui prodiguer leurs précieux conseils, Jean-Eudes n’arrive toujours pas à réveiller Manu Larcenet. Alors pourquoi aller chercher si loin ? La famille ne serait-elle pas la meilleure critique pour approuver ou (pas) un éventuel nouveau projet salvateur ?

Dans ce premier tome de Thérapie de Groupe, Manu Larcenet fait une nouvelle fois éclat de tout son talent. Le dessinateur des inoubliables Blast et Rapport de Brodeck s’empare ici d’un sujet sensible pour chaque artiste par une dose d’humour telle qu’on en oublie presque que son héros est au paroxysme de sa détresse morale.

Et peu importe si Manu parle du réel état dépressif de Larcenet. Peu importe si certaines planches insérées feront penser à un hommage à Fabcaro pour les uns ou L. Trondheim pour les autres. Peu importe si, en fin de compte, le syndrome de la page blanche est un sentiment très égoïste puisque inaccessible pour celles et ceux qui n’ont pas l’âme créative. Thérapie de groupe se lit avec le sourire aux lèvres du début à la fin. Et pas uniquement pour ses situations qui tournent à la dérision. Mais aussi par toute la poésie, l’acharnement, la maladresse touchante qui émanent du héros de Larcenet.

En ajoutant une riche variété graphique issue de l’utilisation inédite de la palette, Manu Larcenet donne à Thérapie de groupe une véritable immersion dans la conscience chaotique de Jean-Eudes de Cageot-Goujon. Il ne nous reste plus qu’à le suivre jusqu’à ce qu’il atteigne l’étoile qui danse.

  • Thérapie de groupe #1 : L’étoile qui danse
  • Scénariste : Manu Larcenet
  • Dessinateur : Manu Larcenet
  • Éditeur : Dargaud
  • Prix : 15,90 €
  • Parution : janvier 2020
  • ISBN : 978-2205084047

Résumé de l’éditeur : « Thérapie de Groupe » met en scène de façon éblouissante un auteur de bande dessinée à la recherche de l’inspiration. Dans une quête inlassable il parcourt l’univers de la création. Il remonte l’Histoire, fait appel aux plus grands peintres, interpelle Boileau, Nietzsche ou Dieu Lui-même. Faire rimer humour et désarroi n’est pas à la portée de tous les poètes. Avec cet album drôle et émouvant, cultivé et percutant, c’est pourtant l’exploit que réalise l’auteur. Ce voyage aux sources de la création est l’occasion pour le lecteur de constater l’extraordinaire talent graphique de Larcenet et l’ampleur de sa palette. Mais aussi d’entrevoir la douleur d’un artiste se cognant aux murs de l’incompréhension et de la solitude. Au bout du voyage, à chaque fois, l’impasse de la souffrance. Avec une lucidité féroce, l’auteur ne s’épargne jamais et dépeint de façon poignante un artiste à la dérive. Sauf que cet artiste, Manu Larcenet, est aussi le maître de l’autodérision. Et qu’il réussit à rendre chaque dessin, chaque page, chaque échec, aussi hilarants que bouleversants. Face à l’angoisse de la création, sans artifice ni dissimulation, il se met à nu dans une exploration d’une richesse et d’une profondeur rare et d’une vérité souvent déchirante. Et d’une drôlerie surprenante. Dialogues ciselés, mise en scène au cordeau, dessin incroyablement abouti, le dernier avatar d’une oeuvre originale et dense, « Thérapie de Groupe » enchantera évidemment la cohorte des fidèles de Larcenet. Et sera un vrai choc pour ceux qui le découvrent.

Détective Khan

Policier en culotte courte, Détective Khan est un fin limier, toujours prêt pour résoudre des affaires épineuses. Min-seok Ha imagine ses enquêtes dans un recueil décalé et drôle chez Misma.

Lorsque plus aucun policier adulte ne peut résoudre les énigmes, le chef Kong fait appel au Détective Khan. Très jeune garçon, il vit encore chez sa mère. D’ailleurs, à chaque fois qu’il est appelé, elle se demande où il peut bien aller.

Cette double vie lui fait arpenter la ville de long en large. Grand chapeau rouge sur la tête, il est accompagné de Nabalius, un chat masqué qui conduit leur étonnante voiture et qui est un spécialiste des arts martiaux.

De L’affaire des billes au Crime parfait, en passant par La mort du catcheur ou Le secret du lézard bleu, tout est fait pour passer un bon moment et faire sourire les lecteurs.

Min-seok Ha imagine de courts récits, autant d’enquêtes décalées. A l’image de Détective Conan, Détective Khan est un fin limier qui arrive toujours à ses fins.

Pour ne pas perdre le lecteur, l’auteur sud-coréen n’hésite pas à faire revenir des personnages secondaires – souvent des méchants – dans d’autres histoires.

Le dessin de Min-seok Ha est très géométrique, ce qui apporte de la lisibilité. Les dialogues sont souvent courts pour faire plus de place à l’action dans les vignettes.

  • Détective Khan
  • Auteur : Min-seok Ha
  • Éditeur : Misma
  • Prix : 19 €
  • Parution : 07 février 2020
  • ISBN : 9782916254722

Résumé de l’éditeur : DRIIIIING DRIIIIING ! Le téléphone jaune sur le bureau du Détective Kahn s’agite dans tous les sens. L’inspecteur en chef Kong est à l’autre bout de la ligne. Il a une nouvelle mission à confier à notre Sherlock Holmes en culotte courte. C’est lui qu’on appelle quand les adultes n’arrivent pas à résoudre un mystère ou piétinent sur une affaire. Au volant de sa voiture-capsule, il fonce sur les lieux et mène l’enquête en compagnie de son fidèle assistant, le chat Nibalius. D’une simple histoire de vol de billes au grand complot planétaire, Détective Kahn devra contrecarrer les plans de vilains criminels en tous genres. Mais attention, il faudra s’assurer d’être rentré pour l’heure du goûter… Que voulez-vous ? C’est un enfant après tout ! Avec ses intrigues prenantes et ses drôles de personnages hauts en couleurs, DÉTECTIVE KAHN se lit comme on regarde un dessin animé à la télé. Une fois commencé, impossible de décrocher ! L’inspecteur à l’imper’ rose et son chat à chapeau pointu vert ne manquent pas d’artifices pour venir à bout des énigmes les plus farfelues. Action, humour et fantaisie, voilà les ingrédients des nombreux épisodes de cet Inspecteur Gadget à la coréenne imaginé par Min-seok Ha.

 

Ne regarde pas derrière toi

Les éditions çà et là dévoilent Ne regarde pas derrière toi, une très jolie histoire qui flirte avec le fantastique signée Anabel Colazo.

Jeune orpheline, Blanca croit voir des fantômes. Parfois, sur la plage, elle aperçoit au loin une silhouette massive très sombre. Ses amis sont circonspects et ne la croient pas.

Peu importe, la jeune femme poursuit sa petite vie. Les week-ends, elle travaille dans un bar. Son amie Sam, quant à elle, est poussée par ses parents pour préparer le conservatoire…

Ne regarde pas derrière toi est un album surprenant. Ancré dans le réel, il flirte avec le surnaturel. Le récit d’Anabel Colazo est d’une belle justesse, proche de l’adolescence. Ce fantôme énigmatique est un prétexte pour parler de cette période charnière. Si l’histoire aborde les choses avec un rythme très lent, c’est pour mettre le focus sur les relations entre Blanca et ses ami.e.s.

Pour pimenter son récit, la jeune autrice de Proches rencontres s’inspire des creepypastas, des légendes urbaines qui circulent sur les internets. C’est simple, c’est juste et c’est très beau.

  • Ne regarde pas derrière toi
  • Autrice : Anabel Colazo
  • Éditeur : çà et là
  • Prix : 14 €
  • Parution : 21 février 2020
  • ISBN : 9782369902805

Résumé de l’éditeur : Blanca sait que les fantômes n’existent pas. Ni les extraterrestres. Rien de tout ça n’existe. En revanche, ses amis sont bien réels. Eric, Sam, qu’elle n’a pas vue depuis trois ans, et Cookiefire, une youtubeuse fan de mangas à l’eau de rose. Blanca distingue très bien ce qui est réel et ce qui ne l’est pas, mais il y a cet être étrange qui apparaît et que personne ne peut voir, sauf elle. Serait-ce une sorte d’avertissement ? Pour le moment, ce qui semblait devoir être un jour comme les autres s’est terminé par une nouvelle apparition mystérieuse suivie d’une découverte macabre : le cadavre d’une fille sur la plage. Cet événement replonge Blanca dans ses souvenirs du terrible accident qui s’est déroulé des années auparavant… Après Proches Rencontres qui abordait le thème des victimes d’enlèvements par des extraterrestres, Anabel Colazo continue d’explorer les mythes de la pop culture, dans un récit inspiré des « creepypastas » , ces légendes urbaines qui circulent sur internet. Comme dans son précédent livre, Anabel Colazo pratique les faux semblants : le dessin crayonné, les personnages aux traits enfantins et les couleurs explosives dissimulent en réalité de sombres secrets.