Blue Flag 7

Depuis la révélation de Toma, tout le lycée est en émoi. Seiya ne sait plus trop quoi en penser. Kaito dévoile le 7e volume de Blue Flag, l’excellente série manga aux éditions Kurokawa.

Le dénouement approche pour Blue Flag. Ce septième volume est déjà l’avant-dernier de cette formidable série mettant en scène des lycéens.

Dans ce tome, tout est chamboulé. Toma a avoué ses sentiments à son ami Seiya. Le sportif a donc fait son coming out mais surtout n’est plus revenu au lycée depuis. Quant à Mami et Futaba, elles se posent aussi beaucoup de questions.

Seiya est lui aussi troublé. S’il essaie de se rapprocher de sa petite amie, bien avant la révélation de Toma, lui aussi ne savait plus trop comment se positionner vis-à-vis du grand gaillard. Ami, amour, tout était flou.

Dans ce 7e opus de Blue Flag, une scène est très appréciée lors de la lecture. Celle où Seiya se rend chez Kensuke et Shingo accompagné de ces deux camarades. Cette discussion, un peu longue il faut l’avouer, porte sur de nombreuses thématiques : les amours adolescentes, sur l’homosexualité et sur le positionnement des hommes vis-à-vis des femmes.

Comme à son habitude, Kaito sait mener son récit avec une grande habilité. Si jusqu’à présent des non-dits et secrets, ce volume et met tout sur la table. Rien n’est épargné à Mami, Futaba, Toma et Seiya. Leurs certitudes vacillent et leurs émotions commencent à poindre.

Grande observatrice de la période de l’adolescence, la mangaka brosse le portrait d’une génération beaucoup plus ouverte sur les questions de genre et de sexualité que ses aînées.

Pour tenir en haleine son lectorat, elle n’hésite pas à apporter beaucoup d’humour à son récit notamment par des cases où les personnages sont dessinés kawaï. Seiya est formidable dans ces petits moments très drôles.

  • Blue Flag, tome 7
  • Autrice : Kaito
  • Éditeur : Kurokawa
  • Prix : 7.65 €
  • Parution : 12 novembre 2020
  • ISBN : 9782368529652

Résumé de l’éditeur : Fin, drôle et pudique, Blue Flag est une fenêtre sur la tolérance. Une pluie glaciale se déverse à grands flots d’un ciel nébuleux. Taichi est perturbé par la rumeur qui a suivi la choquante révélation de Tôma le jour de la fête du lycée. Elle s’est répandue jusqu’à son entourage et n’a pas été sans conséquence. Confiné chez lui, Tôma se retrouve face à Seiya qui lui dit tout ce qu’il a sur le coeur. Les sentiments gardés secrets de chacun s’entrechoquent et les relations évoluent ! – Prix Jap’in Tarn 2019 (organisé par les médiathèques de Castres – Mazamet) – Nominé au Prix Konishi 2020 (récompensé la meilleure traduction française de mangas japonais).

Lambil : une vie avec Les tuniques bleues

D’un naturel discret malgré le succès immense de la série Les tuniques bleues, Willy Lambil se dévoile dans un livre d’entretiens avec Christelle et Bertrand Pissavy-Yvernault. Passionnant et éclairant.

A plus de 80 ans aujourd’hui, Willy Lambil est un auteur plutôt méconnu du grand public. Il faut souligner que Les tuniques bleues sont beaucoup plus connu que leur dessinateur. Cette biographie de 208 pages tente de réhabiliter cet immense artiste.

Willy Lambil s’est longuement confié à Christelle et Bertrand Pissavy-Yvernault, journalistes et spécialistes des biographies d’auteurs BD et autres rédactions de dossiers d’intégrales du monde du 9e art (Régis Loisel, Spirou…).

Ces questions sont précises et les réponses de Willy Lambil toujours très explicites. On y découvre un homme passionné par son art, ayant pris de la distance avec l’univers de la bande dessinée et parfois nostalgique voire déçu par ce monde du 9e art.

Willy Lambillotte en 1936, le dessinateur entre précocement dans l’univers de la bande dessinée. Lettreur pour Charlier et Hubinon, à seulement 16 ans, il déploie son talent d’illustrateur dans les pages du magazine Spirou, petit à petit.

Sandy, série autour d’un kangourou en Australie, précède Les tuniques bleues. Après le décès de Salvérius, il devient le dessinateur de Chesterfield et Blutch. Son amitié avec Raoul Cauvin est, elle, très forte. Il en parle d’ailleurs avec tendresse.

Le rythme de parution est élevé – un album par an – ne lui laisse guère le temps pour réaliser autre chose à côté. Il suffit de regarder les tableaux peints d’après la série pour être émerveillé par la patte graphique de ce maître du 9e art.

Un peu déstabilisé par l’annonce de l’arrêt en tant que scénariste de Raoul Cauvin, Willy Lambil se concentre sur le tome 64 des Tuniques bleues. N’ayant pas encore dit son intention de stopper la série, le dessinateur sait tout ce qu’il doit à cette univers plébiscité par le public depuis ses débuts.

Avec lui, les personnages ont beaucoup évolué graphiquement passant d’un style gros nez de Salvérius à un style semi-réaliste de premier plan. Et les chevaux ! Ils sont magnifiques sous ses pinceaux.

Pour découvrir Willy Lambil, prenez le temps de parcourir cette belle biographie passionnante.

  • Lambil, une vie avec Les tuniques bleues
  • Auteurs : Christelle et Bertrand Pissavy-Yvernault
  • Editeur : Dupuis
  • Parution : 06 novembre 2020
  • Prix : 39 €
  • ISBN : 9791034747580

Résumé de l’éditeur : Une série d’entretiens inédits et le témoignage exceptionnel de Willy Lambil, le dessinateur emblématique des « Tuniques Bleues ». Durant presque trois ans, C. & B. Pissavy-Yvernault ont momentanément interrompu leur enquête sur La véritable histoire de Spirou, pour se pencher sur le « cas Lambil » et écouter, au fil des entretiens, le dessinateur rassembler ses souvenirs, heureux et douloureux. Lambil se livre ici avec une sincérité absolue, touchante, acceptant le difficile exercice de la remise en question. Son témoignage est précieux : il est celui d’un homme qui a réalisé ses rêves, connu un succès remarquable, et qui, pourtant, continue d’attendre quelque chose…

Empire State

Après le magistral Demon, Jason Shiga revient avec Empire State, une histoire d’amour (ou pas). Un titre fort à propos. Surprenant et subjuguant.

Jason Shiga, c’est l’auteur indé par excellence. Intelligent dans ses propos, novateur dans sa narration et efficace dans son dessin, il a notamment publié Demon, mais également Vanille ou Chocolat ?, deux formidables albums publiés en France par Cambourakis.

Dans Empire State, les lecteurs suivent Jimmy, un jeune homme ayant toujours habité à Oakland, sa ville natale californienne. Très geek et célibataire endurci, il ne souhaite pas partir pour la grande ville. Mais voilà, le travail manque dans cette région.

A force de le seriner, Sara sa meilleure amie, le persuade de venir à New York. Là, il rencontre son petit ami qui l’aide dans la rédaction de son CV.

Empire State, c’est une belle ode à l’amour secret, un amour pur. Jimmy se prend d’amour pour Sara. Lui, le garçon introverti, apprécie cette jeune femme au fort caractère. Des personnalités opposées mais qui se retrouvent sur beaucoup de points communs.

En 100 pages, Jason Shiga imagine une jolie comédie romantique. Il réalise de très belles planches où les vignettes sont décalées pour une superbe lecture.

  • Empire State, une histoire d’amour (ou pas)
  • Auteur : Jason Shiga
  • Coloriste : John Pham
  • Traductrice : Géraldine Chognard
  • Editeur : Cambourakis
  • Prix : 18 €
  • Parution : 14 octobre 2020
  • ISBN : 9782366245233

Résumé de l’éditeur : Pur geek obstinément attaché à sa ville natale d’Oakland, – Californie, Jimmy mène une vie d’adolescent attardé, entre un job à la bibliothèque municipale et quelques tentatives de bidouilles personnelles sur le Web, à une époque où créer son propre site Internet apparaît comme une aventure pleine de promesses. Côté vie amoureuse en revanche, c’est plutôt le calme plat, jusqu’au jour où le départ vers New York de sa meilleure amie va lui faire réaliser la nature des sentiments qui le lient à Sara, une fille au caractère bien trempé, voire un peu rude… Dans un geste éminemment romantique, Jimmy envoie une lettre pour déclarer sa flamme en lui donnant rendez- vous à l’Empire State Building, au coucher du soleil… Une éducation sentimentale bourrée d’humour, d’astuces, d’autodérision et de références à la pop culture, qui fait découvrir une facette inattendue du génial Jason Shiga !

La fange

Falter City, c’est une ville sale et boueuse. Les frères Wise tentent de s’y faire une place. Pat Grant imagine leur installation dans La fange, une album original et accrocheur aux éditions Ici Même.

Nommé dans la Sélection officiellement à Angoulême, La fange est un excellent western dystopique entre maladie, mort et boue.

Se dirigeant vers le Nord, Lipton et Penn Wise tentent de rallier Falter City. A bord de leur étrange véhicule – une voiture tractée par des cyclistes – ils filent vers les marais et la fange. Plus, ils se rapprochent de la ville, plus la boue colle aux roues. Tout est désolation : les gens sont malades et les morts jonchent les sols.

Pour atteindre leur but, ils doivent embarquer sur un paquebot en piteux état. A Falter City, ça grouille de partout. Les habitant.es tentent de survivre. Les frères Wise pourtant aimeraient y faire fortune. Mais à quel prix ?

Totalement original et subjuguant, La fange est un excellent récit d’anticipation se déroulant au fin fond d’un pays fictif.

A l’image de Mad Max, les engins motorisés n’ont pas d’essence. Leur moteur, ce sont les femmes et les hommes qui pédalent pour avancer.

Entre maladie (la peste), la saleté, la vétusté des bâtiments et autres véhicules, les gens tentent de survivre. Tout est là, au raz du sol, entre marais, boue immonde et sacrés malfrats. Entre ceux qui tentent de fuir cet endroit invivable et ceux qui tentent d’y entrer pour du business, la ville attire et révulse.

Pat Grant peut ainsi aborder les thèmes de la précarité, de l’asservissement et de l’environnement-écologie.

Les trognes des personnage de l’auteur australien sont dignes des westerns ou autres rednecks américains sans pitié.

Rien n’est gratuit dans La fange, tout est pensé avec subtilité.

  • La fange, Histoire des arnaqueurs de Falter City
  • Auteur : Pat Grant
  • Traducteur : Sébastien Bonnet
  • Éditeur : Ici même
  • Prix : 28 €
  • Parution : 09 octobre 2020
  • ISBN : 9782369120575

Résumé de l’éditeur : Quiconque est prêt à se salir peut aussi s’enrichir. Dans une ville marécageuse et dystopique, deux frères découvrent le règne du profit et de l’opportunisme, au coeur d’une ruée vers la fortune impitoyable et sans vergogne. Mais de la horde qui se précipite vers les marais, ou de celle qui cherche à tout prix à les fuir, qui est le plus malin ou le moins fou ?

L’eau vive

L’eau vive relate le magnifique combat de citoyens s’élevant contre l’édification d’un barrage sur la Loire. Alain Bujak et Damien Roudeau plongent le lecteur dans ces années de lutte grâce à la rencontre de ces femmes et ces hommes ayant la nature au cœur.

Comme il avait pu le faire lors de ses précédents reportages (Le tirailleur, Kérosène), Alain Bujak a laissé traîner son appareil photo pour garder l’instantanéité de ses rencontres. Ainsi au fil de L’eau vive, le scénariste dévoile des clichés intercalés avec les magnifiques planches de Damien Roudeau.

Il est allé à la rencontre de citoyens installés non loin de la Serre de la Fare en Haute-Loire. C’est Roberto Epple qui lui sert de guide au fil de la Loire.

Dans les années 1970, dans cette sublime région, le maire de Tours, Jean Royer, appuie fortement le projet de construction d’un barrage hydraulique en amont du fleuve.

Comme de nombreux pays européens, ces immenses chantiers devaient apporter la stabilité quant aux caprices des eaux. Expulsions et bétonisation sont alors de mise. Mais voilà, le projet est rejeté de nombreux habitants qui décident de lutter contre. Une ZAD est mise en place. Entre 1986 et 2018, des citoyens se relaient en ce sens. Le combat est long et l’édification est abandonnée à ce moment-là.

Damien Roudeau réalise de très belles planches. Comme avec son précédent album Texaco, le dessinateur est à l’aise avec les décors naturels et c’est très agréable à l’œil.

  • L’eau vive, un grand combat écologique aux sources de la Loire
  • Scénariste : Alain Bujak
  • Dessinateur : Damien Roudeau
  • Éditeur : Futuropolis
  • Prix : 23 €
  • Parution : 16 septembre 2020
  • ISBN : 9782754826334

Résumé de l’éditeur : « C’est l’histoire méconnue d’un combat écologique gagné en France. Il y a trente ans, une poignée d’habitants, d’amoureux de la nature, vite surnommés les « Indiens », se sont opposés à la construction d’un barrage, dans la haute vallée de la Loire. Simples citoyens, ils ont fait face aux grands lobbies et à la puissance politique et publique pour sauver ce site naturel exceptionnel. Pendant cinq ans, été comme hiver, d’abord sous une simple tente, ensuite dans « la cabane de la Loire », ils ont occupé pacifiquement le site de Serre de la Fare où l’immense mur de béton devait être construit. Ensemble, ils vont proposer une solution pour se protéger des crues d’une Loire qui peut être dévastatrice, tout en préservant des paysages et un milieu naturel d’une rare biodiversité. Leur solution alternative, la « 4e solution », sert encore aujourd’hui de modèle dans de nombreux pays. »

Putain de salopard 2

Voici le deuxième volume de Putain de salopard, l’aventure folle signée Régis Loisel et Olivier Pont aux éditions Rue de Sèvres.

Dans le tome 2 sur 5 prévus, l’intrigue s’intensifie, on retrouve Baia l’Indienne muette et Max qui fuient dans cette forêt tropicale pour échapper à ceux qui veulent les tuer. Mais au-delà de cette course poursuite dans cet environnement hostile, l’histoire des personnages se mêle au passé plus trouble des habitants de ce village perdu au milieu de nulle part.

Une série de Régis Loisel est toujours scrutée avec un très grand intérêt par les lecteurs et celle-ci est à la hauteur des attentes. Le graphisme d’Oliver Pont est encore plus abouti dans ce second tome et j’ai pris un très grand plaisir à observer la nature qui sert de décor à l’action de l’histoire. Mais où va nous mener cette intrigue ?

J’adore cette histoire, j’ai dévoré le dessin et j’ai hâte de lire la suite. J’espère seulement qu’il ne faudra pas attendre aussi longtemps (presque 2 ans entre le 1 et le 2) pour lire le tome 3.

  • Un putain de salopard, tome 2 : O Maneta
  • Scénariste : Régis Loisel
  • Dessinateur : Olivier Pont
  • Coloriste : François Lapierre
  • Éditeur : Rue de Sèvres
  • Prix : 18 €
  • Parution : 11 novembre 2020
  • ISBN : 9782810202331

Résumé de l’éditeur : Pour échapper aux hommes de main du camp minier, Max et Baia se perdent dans la jungle. Qu’importe, Baia guide, nourrit et soigne Max. En s’enfonçant toujours davantage dans cette forêt tropicale, Baia arrive jusqu’à l’épave d’un avion écrasé il y a quelques années. A son bord, le squelette d’une enfant dont les poignets sont encore ligotés. Serait-ce l’épave de cette vieille histoire de kidnapping de la fille du patron de la mine et d’un beau magot détourné ? De leur côté, Christelle et Charlotte prennent la fuite en direction de chez Corinne. Elles quittent le dispensaire où elles abandonnent un cadavre. Recherchées, les deux infirmières pourront compter sur l’aide de Rego, un vieux flic de la région au passé douteux. Croisant malfrats, chasseurs de trésors, et vieux secrets enfouis, chaque pas dans la jungle amazonienne semble réduire les chances de survie de nos héros.

Visa Transit 2

Nicolas de Crécy poursuit son récit de voyage en Visa avec son cousin dans le deuxième volume de l’excellent Visa Transit aux éditions Gallimard.

Après avoir laissé Nicolas de Crécy et son cousin à 15 km de la frontière turque, au milieu des chars, suivis de loin par un mystérieux motard en costume noir et à la cravate rouge dans le tome 1, nous retrouvons nos deux comparses à Istanbul, la ville de toutes les beautés mais aussi de tous les dangers pour l’auteur qui s’y sent oppressé. Très vite, avec l’insouciance de la jeunesse, la route continue, vers la Biélorussie non loin de Tchernobyl au volant de la Citroën Visa qui tient le choc on ne sait trop comment.

L’auteur continue à nous parler des pays qu’il traverse comme on ne les a jamais vu, loin des circuits organisés. Mais ne vous trompez pas ce n’est pas un guide touristique, mais un voyage dans sa mémoire où l’on retrouve le périple de 1986 mais aussi celui de 1996, quand 10 ans plus tard, il nous parle de l’histoire de Chagall.

Tout au long de ce road-trip initiatique on rencontre à travers ses mots des personnalités telles que Max Jacob, Henri Michaux, Kafka et n’en doutons pas bien d’autres dans les prochains tomes.

J’aurais aimé partagé avec lui tous ces moments mais aussi ses doutes ses peurs, ses joies. On a l’impression de faire sa connaissance à travers ce périple où il nous enchante avec son magnifique graphisme. Cette suite m’a totalement séduit par sa fraîcheur et son coté spartiate, un peu comme un retour aux sources de la simplicité.

  • Visa transit, volume 2
  • Auteur : Nicolas De Crécy
  • Editeur : Gallimard
  • Parution : 14 octobre 2020
  • Prix : 22 €
  • ISBN : 9782075130974

Résumé de l’éditeur : Fin juillet 1986, à la frontière des républiques socialistes de l’Orient. Après avoir traversé l’Italie, la Yougoslavie et la Bulgarie, Nicolas de Crécy et son cousin Guy poursuivent l’aventure à bord de leur vieille Citroën Visa. Les heures passent au rythme de la route et de la musique des mots, jusqu’à la découverte d’Istanbul, ce spectaculaire passage entre deux mondes… Dans cette odyssée qui n’a pas de destination, mais doit les mener le plus loin possible, l’auteur revient sur les chemins qu’il a empruntés, notamment au coeur de la Biélorussie, convoque ses souvenirs d’enfance, mais aussi Kafka, Michaux ou Turner -et interroge par là même les ressorts intimes de la mémoire.

Mademoiselle J

Mademoiselle J, sorti le 9 octobre 2020, est la suite de Il s’appelait Ptirou, un album d’Yves Sente et Laurent Verron chez Dupuis.

Une suite mais chaque album a sa propre histoire et là c’est celle de Juliette qui coûte que coûte veut devenir grand reporter comme Spirou et s’affranchir des diktats masculins.

Alors que Ptirou se déroulait en 1929, Mademoiselle J se situe juste avant la guerre, lorsque les Nazis cherchent des solutions pour s’approvisionner en pétrole pour envahir le monde. Juliette arrivera-t-elle à devenir reporter ? Va-t-elle déjouer les pièges qu’on veut lui tendre ? Pourra-t-elle contrer les complots entre les nazis et les russes ?

J’avais vraiment aimé la première partie mais ce second tome est encore plus intéressant car il aborde plusieurs thèmes. La place de la femme dans la société, son émancipation et le machisme ambiant à cette période. Mais également les dessous de l’avant-guerre.

Romancée, mais réaliste, l’histoire est très rythmée. Je n’ai pas réussi à poser la BD avant d’avoir lu les dernières pages de cette nouvelle aventure.

Yves Sente & Laurent Verron ont su séduire mon âme de non aventurier pour me faire vivre des aventures romanesques avec Ptirou et Mademoiselle J. J’ai définitivement hâte de lire la troisième partie.

  • Mademoiselle J
  • Scénariste : Yves Sente
  • Dessinateur : Laurent Verron
  • Éditeur : Dupuis
  • Prix : 15,95 €
  • Parution : 09 octobre 2020
  • ISBN :  9791034738090

Résumé de l’éditeur : En 1937, la fille du patron de la Compagnie Générale Transatlantique, Juliette, a 22 ans, son diplôme en poche, et s’apprête à tenter de devenir grand reporter. Son père, qui a entretemps fondé sa propre compagnie de cargos, se voit proposer par Gustave Noirhomme, son associé, une offre difficile à refuser : Herr Von Riblach, homme de confiance de Hitler concernant la marine civile, voudrait entrer dans le capital de la Compagnie des Cinq Océans. Juliette, bien consciente des projets d’invasion des nazis, refuse tout net. Malgré les réticences machistes des rédacteurs en chef, Juliette n’abandonne pas son rêve de devenir grand reporter et le journal Horizon France lui donne l’occasion de montrer sa valeur en l’engageant comme stagiaire de Daniel Fraiser, journaliste aguerri mais particulièrement désagréable. Gustave Noirhomme, lui, est prêt à tout pour que Juliette cède ses parts aux nazis… Avec « Mademoiselle J », Yves Sente et Laurent Verron font du XXe siècle une passionnante épopée !

De l’importance du poil de nez

De l’importance du poil de nez est une très belle autobiographie de Noémie ayant contracté un cancer à l’âge de 18 ans. Un album poignant édité par Sarbacane.

Noémie a 18 ans lorsqu’elle apprend qu’elle a un cancer qui vient entourer son cœur. C’est alors un combat de tous les jours qu’elle va devoir mener, entourée de ceux qu’elle aime et des autres.

Bon, je sais ce que vous allez me dire : ça doit être dur, triste, poignant, touchant… Oui, c’est tout ça, mais pas seulement. À la manière d’un journal intime, elle nous livre l’évolution de sa maladie, les rendez-vous chez les médecins, les moments durs mais aussi les beaux moments : l’amour de sa famille toujours présente, même si parfois ils en deviennent envahissants, l’amour de et avec Bedou son amoureux, difficile à vivre quand on voit son corps se dégrader. Combattre, se battre, souffrir, dormir, aimer, sourire et tellement d’autres choses.

Alors oui, ce roman graphique va vous prendre aux tripes, mais il vous fera sourire et vous rendre compte de l’importance des détails comme les poils de nez.

Me connaissant et connaissant le sujet, je savais que cette lecture allait me brasser, peut-être est-ce pour ça que j’ai attendu un peu avant de la lire. Mais cette histoire n’est pas larmoyante, bien au contraire, elle est combative, forte et sincère. Merci à Noémie de s’être mise à nue pour nous offrir cette merveilleuse lecture. Un nouveau coup de cœur pour moi.

  • De l’importance du poil de nez
  • Autrice : Noémie
  • Editeur : Sarbacane
  • Prix : 25 €
  • Parution : 04 novembre 2020
  • ISBN : 9782377314812

Résumé de l’éditeur : Noémie a 18 ans quand elle tombe malade du cancer. Etudiante en arts aussi brillante que drôle, elle brûlait la vie par les deux bouts, avec joie et gourmandise… jusqu’à ce que son corps lui renvoie tout dans les dents. Un combat s’engage alors entre elle et son cancer – avec pour décor, Beyrouth, sa folie, son multiculturalisme, son caractère inimitable. De l’importance du poil de nez est un projet autobiographique unique, fourmillant de joie et d’émotion. Portrait à vif de la jeunesse libanaise, mais aussi étonnante comédie de moeurs superposant quatre générations de femmes, c’est un objet narratif inclassable… et une merveille graphique. Des planches foisonnantes au crayon de couleur, à chaque page plus inventives et hypnotiques !

Moments extraordinaires sous faux applaudissements

Moments extraordinaires sous faux applaudissements est un événement ! C’est le nouvel album de Gipi ! Un chavirement de bonheur.

Comment concilier les journées au chevet de sa mère en train de mourir et sa vie d’humoriste ? Comment ne pas se souvenir de son enfance dans ces moments là ? Comment ne pas penser à la vie quand la mort pointe son nez ? Comment ne pas se perdre quand on perd un être proche ? Comment vous décrire cette bande dessinée ?
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La sortie d’un album Gipi est toujours un évènement, cette année il a fait beaucoup de bruit avec Aldobrando en tant que scénariste alors que Luigi Critone était au dessin. Il revient avec une œuvre qu’il a construite tout seul et dès les premières pages trois histoires se croisent sans liens apparents, puis petit à petit il tire les ficelles de son esprit et de la réflexion humaine.

Alors je sais déjà que ce Gipi ne fera pas l’unanimité, que pour certains ce sera trop complexe. Il y aura même probablement des abandons en cours de lecture (j’ai failli le faire). Mais Gipie c’est aussi ça, de la réflexion profonde pas forcément simple à suivre ou à comprendre, comme dans ses albums précédents (La terre de fils). On peut se perdre dans les fils de sa narration mais quand on s’accroche, quand on continue, on perce l’intime de sa lecture on ressent l’émotion et l’amour dans le fruit de ses pensées. Aboutie, complexe et bouleversante, cette bande dessinée va probablement tourner dans ma tête, encore un long moment pour mieux en saisir tous les rouages.

  • Moments extraordinaires sous faux applaudissements
  • Auteur : Gipi
  • Editeur : Futuropolis
  • Prix : 23 €
  • Parution : 07 octobre 2020
  • ISBN : 9782754830331

Résumé de l’éditeur : Landi est un humoriste, adepte du « stand-up ». Sa mère est en train de mourir. Il essaie de concilier ses visites, la journée, à la clinique où est hospitalisée sa mère et ses prestations sur scène le soir. A sa mère mourante il ne sait trop quoi dire, à son public il raconte sa mère en train de mourir… C’est l’histoire d’un fils, habitué à faire rire son public avec ses monologues sarcastiques, qui se retrouve au chevet de sa mère, le coeur sec et ne sachant trop quoi lui dire. C’est l’histoire d’un groupe de cosmonautes, voyageant depuis des millénaires d’une planète à l’autre, qui se sont immanquablement perdus dans une immensité sombre et sans issue. C’est l’histoire d’un homme des cavernes, dont le cri, primal et inconsolable, résonne dans les oreilles et demande à être déchiffré. Les lignes narratives s’entrecroisent et les plans temporels se superposent, dans un crescendo d’émotions de plus en plus prégnantes au fil des pages. Gipi s’abreuve à cette zone obscure où se cachent les images qu’on croyait à jamais perdues, ces fragments de mémoire qu’il inscrit au coeur de son récit. Un compte-rendu en quelque sorte, limpide et captivant, corrosif et comique, d’une honnêteté impitoyable. Moments extraordinaires sous faux applaudissements est sans doute, à ce jour, l’oeuvre de Gipi la plus intense, la plus complexe, et graphiquement la plus bouleversante.

Roku

Après sa mort, Angelina s’est transformée en Roku, une puissante meurtrière. Cullen Bunn et Roman F. Bachs imaginent ses méfaits dans un one-shot qui déménage édité par Bliss.

Roku est un personnage apparu dans la série Ninjak de Matt Kindt. Cet album de 112 pages est un one-shot que tous les amateurs de comics peuvent lire. Nul besoin de connaître Ninjak pour comprendre Roku.

Anciennement Angelina Alcott, cette ex-agente du MI6 se dévoile sous les traits de Roku. Après sa mort, elle est donc devenue l’une des plus grande meurtrière de la planète. Pour cela, elle dispose d’une chevelure rousse surpuissante. Telle une pieuvre, elle s’entortille autour des victimes. Ses cheveux en grandissant arrivent même à soulever ses ennemis. Leurs bouts sont aiguisés des lames. En plus de cela, elle possède un don de psi-blockers pour faire vriller psychologiquement ses adversaires. Un jour, en plein combat, elle est stoppée par une femme, elle-même surpuissante…

Roku ça pulse et ça déménage ! Peu de temps morts dans ce récit imaginé par Cullen Bunn (Punk Mambo et Bone Parish). Si on ne connait pas vraiment les motivations de Roku (peut-être pour un futur album servant de préquel ?), on se laisse séduire par ce maître assassin.

On la pensait animée d’une vengeance et sans cœur, on la découvre attentive aux autres. Ses certitudes vacillent lorsqu’elle croise d’autres personnages. Une personnalité beaucoup plus complexe que ne le laisse entendre les premières pages.

Accompagné aux couleurs par Stéphane Paitreau, Ramon F. Bachs fait des merveilles graphiques et réalise de très belles planches !

  • Roku
  • Scénariste : Cullen Bunn
  • Dessinateur : Ramon F. Bachs
  • Coloriste : Stéphane Paitreau
  • Éditeur : Bliss Comics
  • Prix : 17 €
  • Parution : 30 octobre 2020
  • ISBN : 9782375782330

Résumé de l’éditeur : SI VOUS VOYEZ ROUGE, VOUS ÊTES DÉJÀ MORT. Il y a bien longtemps, elle était un agent du MI-6. Elle s’appelait Angelina Alcott. Mais Angelina est morte, et il ne reste plus que Roku. Aiguisée comme un rasoir et transformée par la magie noire, elle est devenue l’ultime assassin du monde du crime. Mais la femme la plus dangereuse de la planète s’apprête à attaquer une cible qu’elle-même ne peut pas tuer. Un one-shot d’action efficace, pour les amateurs de Ninjak notamment, et dans la lignée de Killers.

Capitaine Albator 3

Le dernier volume des Mémoires d’Arcadia de la série Capitaine Albator est dans les bacs. Cette saga de Jérôme Alquié est une déclinaison de l’univers de Leiji Matsumoto.

Aia. Cette planète vit dans un relatif calme. Ses habitants sont surnommés Les jardiniers de l’infini parce qu’ils cultivent de nombreuses fleurs. Leur tranquillité vole en éclat, le jour où un mal mystérieux s’abat sur la planète. Parmi les survivants, Talika tente de se cacher. Elle est découverte par Sylvidra, la cheffe des Sylvidres. Plus tard, elle est recueillie sur l’Arcadia, le vaisseau d’Albator

Jérôme Alquié est chanceux. Il a été adoubé par le grand maître Leiji Matsumoto pour décliner l’univers d’Albator. Alors que le mangaka ne dessine plus sa célèbre série depuis le milieu des années 1980, le français a lui imaginé ce triptyque de nos jours.

Si le premier volume était très fidèle aux premiers pages du manga de Leiji Matsumoto, ce volume – le dernier de la série Mémoires d’Arkadia – est un récit inédit de Jérôme Alquié.

Son trait est d’une grande qualité, ses personnages fidèles tout en étant modernisé par rapport à l’œuvre originale et ses décors fouillés. Son histoire est dessinée dans un format de BD classique et non en manga ce qui lui permet d’attirer à lui des jeunes lecteurs et ceux nostalgiques ayant connu la série animée sans être familier du genre manga.

L’intrigue, quant à elle, semble des plus classiques et pourrait ne pas convaincre les amoureux du Corsaire de l’espace.

  • Capitaine Albator, Mémoires de l’Arcadia, tome 3/3
  • Auteur : Jérôme Alquié d’après l’univers de Leiji Matsumoto
  • Editeur : Kana, collection Classics
  • Parution : 28 juin 2019
  • Prix : 12.99 €
  • ISBN : 9782505070535

Résumé de l’éditeur : Format BD. Dans cette aventure inédite du Capitaine Albator, une équipe de scientifique a découvert un mausolée de Sylvidres et des informations où il est fait mention de manipulations génétiques et d’un pouvoir destructeur terrifiant. Pouvoir capable de rendre les Sylvidres immortelles ou au contraire de provoquer leur destruction. La vague de froid extraordinaire qui frappe la planète bleue pourrait bien être liée à l’une de ces Sylvidres mutantes. Le Capitaine Albator et son équipage parviendront-ils à élucider ce mystère et sauver la Terre de ce nouveau péril ?!