Silencer : un thriller à la hauteur

Notre avis : Le duo de choc Shô Fumimura / Yuka Nagate (respectivement auteur de Ken le Survivant et Gift) signent ensemble Silencer, un thriller coup de poing à la justice expéditive.

Silencer présente une policière appelée Shizuka. Elle est aussi belle et intelligente qu’elle est douée avec son arme. Elle revient au Japon deux ans après un stage aux États-Unis. Dès son retour, l’ambiance est glaciale. Elle est directement affectée à un service qui s’occupe d’affaires plus que mineures. Pour ne rien arranger, son partenaire est à la fois sexiste, ripou et son supérieur. Mais avec une tête brûlée comme Shizuka, son service ne va pas tarder à se mêler d’affaires qui ne la concernent pas. Entre traite des femmes, sociétés-écrans louches et tensions avec la Corée du Nord, notre héroïne ne va pas hésiter à user de son célèbre pistolet équipé d’un silencieux qui lui vaut son doux surnom.

Shô Fumimura, scénariste de Ken le Survivant, et Yuka Nagate, auteure de Gift, signent ce thriller sous haute tension, choc et nerveux aux éditions Komikku, éditeur de Rafnas et de Vatican Miracle Examiner.

  • Silencer tome 1
  • Scénariste : Shô Fumimura
  • Dessinatrice : Yuka Nagate
  • Editeur : Komikku éditions
  • Parution : 26 avril 2018
  • Prix : 8,50 €
  • ISBN : 9782372873703

Résumé de l’éditeur : Shizuka est une policière aussi intelligente que douée avec un revolver. Son prénom qui signifie “silence” en japonais et son habilité à manier son silencieux lui ont valu le surnom de “Silencer”. Après un stage de deux ans dans la police américaine, elle revient au Japon. Mais elle y est mise au placard à cause de sa personnalité trop forte et internationale. Elle est ainsi transférée au Bureau annexe de la sécurité aux personnes, un département sans intérêt qui s’occupe des chats perdus et des personnes âgées. Elle y a pour partenaire un flic ripou et sexiste du nom d’Iba. Le seul intérêt de ce dernier est le nombre de contacts qu’il a dans la pègre. Malgré une position humiliante, elle fait son devoir. Au cours d’une enquête banale, Shizuka et Iba sont témoins d’un meurtre. Ils ne le savent pas encore, mais ils vont au-devant d’une terrible menace !

Gitans

Après Manouches et Tsiganes, Kkrist Mirror poursuit sa trilogie gitane avec Gitans. Il emmène son lectorat vers Les Saintes-Marie-de-la-Mer et son célèbre pèlerinage.

Tous les ans pendant plusieurs semaines, des milliers de gitans se retrouvent aux Saintes-Marie-de-la-Mer pour communier. Prières, processions, fêtes et musique rythment ces jours de grande allégresse. Depuis 1448, cette petite ville de Camargue accueille ces pèlerins venus de toute la France. Ces femmes, ces enfants et ces hommes vouent un culte à deux saintes : Marie Jacobé et Marie Salomé, deux femmes proches de Marie et Jésus.

Ce brassage culturel rassemble les plus pauvre comme les plus riches, sans distinction. Leur seul point commun étant la foi.

Ce témoignage graphique de Kkrist Mirror est intense par ses protagonistes anonymes. L’auteur de Tsiganes n’oublie pas de mentionner les différences entre ces peuples. Ainsi : « Les Roms, eux, viennent de l’Est, Russie, Roumanie… Roms, Manouches (venus d’Allemagne), Gitans (Espagne, Afrique du Nord)… ont chacun leurs traditions et leurs coutumes ».

Pour rendre ces moments vivants, quasi pris sur l’instant présent, Kkrist Mirror réalise des planches à la mine de plomb. Pour accentuer le mouvement, il frotte alors ces passages charbonneux.

Le réalisateur Tony Gatlif le confie dans la préface de l’album : « Le peuple gitan n’a pas de patrie, pas de pays, mais il a ce cap qui le pousse à ne jamais renoncer à sa liberté profonde et sa spiritualité ».

Avec Gitans, l’auteur poursuit son très joli travail de mémoire et de réhabilitation de ces peuples souvent mis au ban de la société, martyrisés voire exterminés pendant la Seconde guerre mondiale (entre 500 000 et un million de victimes).

Pour prolonger ce thème, parcourez les chroniques de deux superbes albums :

  • Gitans
  • Auteur : Kkrist Mirror
  • Editeur : Steinkis
  • Parution : 18 avril 2018
  • Prix : 17€
  • ISBN : 9782368461747

Résumé de l’éditeur : Tous les ans, à la fin du mois de mai, les gens du voyage se retrouvent aux Saintes-Maries-de-la-Mer pour un grand pèlerinage. Ce roman graphique est le témoignage de l’auteur qui s’y est rendu plusieurs fois pour saisir sur le vif ces instants.

RANMA 1/2 tome 3

Notre avis : 30 ans après, la saga Ranma 1/2 plait toujours autant, que ce soit auprès des grands nostalgiques, que des petits curieux. Un véritable plaisir de lecture.

Pour ceux qui ne connaissent pas, Ranma est un jeune lycéen doué pour les arts martiaux. Son père et la famille Tendo ont arrangé un mariage entre lui et une des filles Tendo, pour unir leurs écoles et perdurer le dojo familial. Une situation des plus simples, mais Rumiko Takahashi en a décidé autrement. L’auteure se fait un malin plaisir de rajouter une particularité. Lorsqu’un des protagonistes touche de l’eau froide, il se transforme ! En humain ou en animal, cela donne des situations plutôt coquasses qui nous gardent en haleine pour savoir si la situation va évoluer dans le bon ou le mauvais sens.

Dans le tome 3, on continue dans le décalé. Akané, la fiancée de Ranma, l’a complètement oubliée suite à son duel avec Shampoo. Ranma va devoir chercher une solution pour lui raviver sa mémoire grâce… à un shampooing spécial vendu uniquement en Chine

Non seulement le synopsis est drôle, mais toutes les péripéties qui l’accompagne en font un manga des plus sympathiques !

Retrouvez le tome 3 de Ranma 1/2 aux éditions Glénat Manga, éditeur de Artiste, un chef d’exception et de Dr Stone.

  • Ranma 1/2 tome 3
  • Auteure : Rumika Takahashi
  • Editeur : Glénat Manga
  • Parution : 18 avril 2018
  • Prix : 10,75 €
  • ISBN : 9782344027622

Résumé de l’éditeur : À l’issue de son duel avec Shampoo, Akané a complètement oublié Ranma ! Pour qu’Akané recouvre la mémoire, Ranma va devoir se procurer un shampooing spécial qui ne se vend qu’en Chine. Comment va-t-il faire pour retourner là-bas tout seul ? À moins que Shampoo ne détienne ce fameux mélange capillaire…

Brindille, tome 1 : les chasseurs d’ombre

Ayant perdu la mémoire, une jeune fille se réveille dans un village peuplé de créatures fantastiques. Elle tente de la recouvrer dans le premier volume de Brindille, une belle série jeunesse de Frédéric Brrémaud et Federico Bertolucci.

Poursuivie par les flammes d’un incendie, une jeune femme court à travers une forêt. Ayant perdu connaissance, elle se réveille alors dans un lit scrutée par une famille de créatures fantastiques. Attentionnés, les membres de la maisonnée tentent de savoir qui elle est. En vain. Elle ne se souvient plus de rien, y compris de son nom.

Débarque le chef de la petite communauté qui décèle en elle une once d’aristocratie. Il demande alors à ce qu’elle soit vêtue puisqu’elle est nue.

Plus tard, elle le retrouve en haut d’un arbre. Le chef est étonné parce qu’elle a des étincelles constamment au-dessus de sa tête et lui explique qu’elle devra s’occuper des tâches ménagères si elle veut s’intégrer à son nouveau peuple. Ce qui motive la jeune fille c’est de connaître la vérité sur son passé, son parcours et son prénom. Pour cela, elle sort du village à la recherche d’indices…

Nous apprécions beaucoup le travail de Frédéric Brrémaud, notamment sur ses séries jeunesse (Léonid, Deux ans de vacances). C’est encore le cas avec Brindille, très jolie série fantastique, rythmée. La perte de mémoire en bande dessinée n’est pas une idée neuve pourtant le scénariste de Alix & Arsénou imagine un récit à hauteur d’enfant, sympathique et accrocheur. Brindille – puisque c’est le prénom qu’on donne à la jeune héroïne – est téméraire et ne reste pas en place. Au mépris du danger, elle tente de connaître qui elle est. Le peu d’indices (elle a de bonnes manières, elle ne veut pas s’occuper de tâches dédiées aux femmes, elle est véloce et sportive) tient en haleine le lecteur. Surtout que la deuxième partie de l’album se mue en road-trip aventureux, une vraie course-poursuite contre les chasseurs d’ombre qui en veulent à sa vie.

La partie graphique de Federico Bertolucci est très belle. Le deux auteurs avaient déjà travaillé ensemble sur Love ou encore Petites histoires de la savane (la version anglaise est nommée aux Eisner Awards 2018 dans la catégorie BD jusqu’à 8 ans !) et poursuivent avec Brindille. Ses planches de combats sont impressionnantes et ses décors naturels superbes. Il suffit de regarder le cahier graphique adossé à l’album pour se rendre compte que l’auteur italien a énormément de talent.

Brindille : un début prometteur pour cette belle histoire fantastique jeunesse.

  • Brindille, tome 1 : Les chasseurs d’ombre
  • Scénariste : Frédéric Brrémaud
  • Dessinateur : Federico Bertolucci
  • Editeur : Vents d’ouest
  • Prix : 17.50€
  • Parution : 25 avril 2018
  • IBAN : 9782352413332

Résumé de l’éditeur : « Qui es-tu, jolie créature ? ». Une jeune femme se réveille dans un village du petit peuple. Elle ne se souvient de rien, ni de son nom, ni de comment elle est arrivée ici. Alors qu’elle tente de retrouver la mémoire et découvre les habitants de ce monde, elle s’éveille peu à peu à des pouvoirs qu’elle ne contrôle pas. Est-elle une fée ? Une jeune fille ordinaire ? Une sorcière ? Les réponses à toutes ces questions se situent sans doute dans cette mystérieuse forêt qui entoure le village. Trouvera-t-elle le courage de se rendre là où personne n’a le droit d’aller ? Les auteurs de la très belle série animalière Love nous plongent dans une aventure féérique où nous suivons le parcours initiatique d’une jeune héroïne dans sa quête d’identité. Le premier volume d’un diptyque onirique et voilé de mystère, au dessin magistral.

Brother auto spot

Jin pousse la porte d’une boutique de tatouage et laisse le propriétaire aller à son envie pour dessiner sur sa peau. Noici Mucuro imagine leur relation dans Brother auto spot, un très bon manga yaoi chez Taifu Comics.

Seina attend de pied ferme Toki et Anji, deux de ses potes un peu branleurs. Alors qu’il leur fait la moral, Jin – un nouveau client – entre dans sa boutique de tatouage. Avant d’en choisir un, il lui montre de nombreuses cicatrices sur son dos à cause d’essais infructueux de tatoueurs. En effectuant un dessin, le client pense qu’il pourra masquer toutes ces défauts.

Étonnamment, Jin laisse Seina (Sena son nom d’artiste) choisir à sa place le dessin qu’il devra effectuer sur son corps. Il lui explique qu’il n’y a pas de limite tant que son style lui plait. Le tatoueur prend des clichés de son dos et débute un dessin sur une partie de son bras…

Thématique peu utilisée en manga – sauf  notamment dans Sex & Fury de Bonten Taro, Burning tattoo de Manu Nhieu ou Atomic (s)trip de Atsushi Kaneko – le tatouage est donc au centre de Brother auto spot. Noici Micuro imagine une histoire simple mais accrocheuse par la psychologie de ses personnages qu’elle a particulièrement soigné. Jin et Seina ne sont pas ceux que l’on croit au première abord. Le patron tatoué s’avèrera plus sensible et tendre que ses muscles ou ses tatouages ne le laissent penser, tandis que Jin est plus fort qu’il n’y paraît. Leur relation passe de client/patron à amis pour terminer en amour.

Pour pimenter son récit, la mangaka glisse dans les pattes de Jin, deux potes un peu lourdauds mais sympathiques, ainsi qu’un secret rapidement éventé.

Il y a de la force dans le dessin de Noici Micuro – elle avait déjà travaillé sur des yaoi chez Boy’s love – notamment par le soin apporté aux tatouages mais aussi au style vestimentaire de ses protagonistes. Très « à la mode », les 4 garçons ont des vêtements et des coupes de cheveux d’une belle modernité.

Brother auto spot : une belle romance très soft, tout en douceur, entre deux personnages sympathiques sur une toile de fond (le tatouage) très originale.

  • Brother auto spot
  • Autrice : Noici Micuro
  • Editeur : Taifu Comics
  • Parution : 26 avril 2018
  • Prix : 8.99€
  • ISBN : 9782375060841

Résumé de l’éditeur : Seina est tatoueur. Un jour, un dénommé Jin entre dans son salon et lui demande un tatouage dont le design serait imaginé par lui-même. Surpris par cette étrange requête, mais heureux de voir son talent reconnu, il décide de relever le dé qui lui est donné. A n d’échanger sur le futur dessin, Jin rend souvent visite à Seina. Au l de ces rencontres, une amitié commence ainsi à se nouer entre les deux garçons. Pour Seina, qui n’a pas vu ses parents et son grand frère depuis 7 ans, Jin est comme ce grand frère, er et attentionné, qu’il n’a jamais eu. Malheureusement, Seina va découvrir le secret que lui cache Jin. Leur rencontre était-elle vraiment le fruit du destin ? Cette vérité dévoilée risque de bouleverser la vie de notre jeune tatoueur.

 

Tine & Junior, tome 2 : Les géants de pierre

Après un premier volet qui nous avait vraiment emballé, Tine & Junior s’offrent une deuxième aventure aussi agréable. Ingrid Chabbert et Brice Follet dévoilent Les géants de pierre chez Frimousse.

Tine et Junior sont en vacances à la montagne avec leur grand père et Léonard leur cousin, Monsieur-je-sais-tout parfois pénible.

Après une bonne fondue, papi s’assoupit dans son fauteuil. Alors qu’ils rangent, Tine tente de le réveiller, sans succès. Alors que le téléphone ne capte pas, il n’y a pas d’autre solution que d’aller chercher les secours. Les trois enfants grimpent dans le traineau tiré par quatre chiens, mais une tempête s’annonce…

Le premier tome faisait voyager les jeunes lecteurs jusqu’à New-York, pour le deuxième Ingrid Chabbert (Ecumes, En attendant Bojangles ou Lulu et son dragon) a choisi la montagne et plus particulièrement le Tibet. Cette belle aventure fantastique est menée tambour-battant. Folklore tibétain et monstres de pierre sont aussi au coeur de ce deuxième volet.

Nous sommes toujours autant charmé par le trait dynamique de Brice Follet. Rondeur du dessin, découpage vif et belles couleurs lui permettent de réaliser de superbes planches.

Allez hop, on court à la bibliothèque ou chez son libraire pour tenir entre ses mains et lire Tine & Junior !

  • Tine & Junior, tome 2 : Les géants de pierre
  • Scénariste : Ingrid Chabbert
  • Dessinateur : Brice Follet
  • Editeur : Frimousse, collection BD Mousse
  • Prix : 13.50€
  • Parution : 1er mars 2018
  • IBAN : 9782352413332

Résumé de l’éditeur : Tine, Junior et un cousin sont de nouveau avec leur Grand-père. Cette fois, ils sont dans les Alpes, entourés des montagnes enneigées. Après une arrivée en traineau, ils se préparent un bon repas chaud. A la fin du souper, Grand-père s’allonge sur le canapé. Eglantine s’approche, pensant que son grand-père s’est endormi. Mais elle s’aperçoit vite qu’il se passe quelque chose d’anormal. Papi ne répond pas. Les trois enfants doivent trouver de l’aide et vite ! Ils décident donc de reprendre le traineau pour aller au village le plus proche. L’équipée part à toute allure ! Ils sont pris dans un tourbillon qui les transportent… au Tibet ! Un sherpa est là et va les aider. Mais en déplaçant des pierres malencontreusement, ils vont réveiller les géants de pierre. Sacrilège ! Les géants sont très en colère ! Après des excuses appuyées, les enfants expliquent ce qui les amène. Les géants semblent détenir un elixir qui devrait les aider. Après leur avoir donné la potion, ils attrapent les enfants, les envoie dans les airs. Ils atterrissent à côté de leur traineau. Ils se hâtent de rentrer soigner leur grand-père. Quelques gouttes de la gourde… et il reprend vie… Ils regarde les enfants avec suspicion… « – Oh, vous, vous avez fait une bêtise !?  » OUF ! Les enfants ont réussi ! Ils ont en plus la tête pleine de souvenirs…très encombrants !

Mon voisin Raymond

Raymond habite de l’autre côté d’un bois où se situe la maison de l’auteur Troubs. Il raconte son attachante relation qu’il a avec ce vieil homme dans Mon voisin Raymond aux éditions Futuropolis.

Dordogne. Troubs – auteur de Humains la Roya est un fleuve, Sables noirs, La longue marche des éléphants et Chemins de pierres – habite une jolie maison au milieu de la campagne. De l’autre côté du bois, vit Raymond, un vieil homme encore bon pied, bon œil. Fréquemment, l’artiste lui rend visite pour discuter autour d’un café ou pour l’aider comme le ferait un gentil voisin : tailler ses vignes, arracher un arbre, débiter du bois pour sa cheminée… Tous ces petits moments qui entretiennent la solidarité, l’amitié et la bonne humeur.

Alors que le lecteur pourrait s’ennuyer en observant ces petites saynètes du quotidien, Troubs réalise 96 pages d’une grande intensité. L’intensité de l’amitié ! La magie des relations humaines sont magnifiées par ces petits riens et par deux êtres d’une grande bonté. Ils ne font pas le même métier (l’un est retraité, l’autre est auteur de BD), ne sont pas du même univers, ne pas de la même génération pourtant beaucoup de choses les unissent. Les saisons passent, la vie aussi mais on se plait à suivre ces vies simples et belles. Il y a aussi beaucoup de philosophie dans les propose de ce Raymond que l’on aimerait adopter comme grand-père !

Troubs est un auteur que l’on apprécie énormément. Il prouve encore une fois qu’il sait embellir des moments simples du quotidien et les relations entre les hommes.

  • Mon voisin Raymond
  • Auteur : Troubs
  • Editeur : Futuropolis
  • Parution : 08 mars 2018
  • Prix : 17€
  • ISBN : 9782754820639

Résumé de l’éditeur : Troubs habite une petite ferme au coeur de la Dordogne. Il faut traverser un petit bois pour retrouver son voisin le plus proche, Raymond. Raymond est octogénaire. Il a longtemps vécu dans le village à côté. Sa vie s’est déroulée ici. Aujourd’hui, au fil des jours et des saisons, il cultive son petit bout de jardin, discute avec quelques amis de son âge ou le facteur, prépare la soupe du soir, en attendant la fin. Avec Troubs, il entretient des rapports particuliers. Le dessinateur l’aide dans les travaux les plus pénibles : couper du bois et le ranger, retourner la terre… En contrepartie, Raymond apprend à son ami artiste des rudiments de jardinage, la taille des arbres fruitiers, les cycles des saisons, de la nature… Raymond est un homme simple, comme il y en a des milliers. Son mode de vie ressemble à celui de ses parents, de ses grands-parents, qui lui ont transmis ses savoirs, qu’aujourd’hui il partage avec Troubs et les lecteurs.

Talli, fille de la lune

Notre avis : Le nouveau manga de Sourya, Talli, fille de la Lune, est une belle histoire chevaleresque, sur fond de fantastique et de magie.

Jolie fille un peu maniérée, Talli est une princesse pas comme les autres. Un véritable mystère entourent ces origines, et beaucoup de monde la recherchent activement, quitte à tuer. Lors d’un affrontement, son père délègue un de ses chevaliers à sa protection et le charge de l’emmener en lieu sûr. C’est ainsi que commence un road-trip moyenâgeux, dans lequel Talli doit fuir ses oppresseurs, accompagné du valeureux Alan. Sur leur route, ils vont croiser deux marchands, qui vont s’avérer très utile pour passer incognito, mais aussi par leur bravoure.

Véritable hommage aux jeux de rôles japonais, Talli, fille de la lune, est grandement inspiré par cet univers tant sur le plan graphique, que sur l’histoire ou sur la musique qui semblent englober cette histoire fantastique. Sourya (Freaks’ squeele, Shiganai) rend ainsi hommage à l’adolescent qui tous les soirs rêvait de créer sa propre aventure en dessins. Pari réussi pour cette sympathique saga, prévue en trois tomes, à découvrir aux éditions Ankama.

  • Talli, fille de la lune tome 1
  • Auteur : Sourya Sihachakr
  • Editeur : Ankama
  • Parution : 2 février 2018
  • Prix : 11,90€
  • ISBN : 9791033505327

Résumé de l’éditeur :« Si ses pouvoirs sont les mêmes que ceux de sa mère… elle ne doit pas rester en liberté. Nous risquons une nouvelle guerre des Chimères… »

Gleipnir tome 2 : à la poursuite des autres monstres

Notre avis : Gleipnir tome 2 est la suite explosive d’une saga qui s’annonce à la fois dark, complexe mais terriblement addictive.

Le tome 1 prenait déjà un départ absolument incroyable, et le tome 2 est tout autant sympathique ! Dans le tome 1 on apprenait que Shûichi pouvait se transformer en un monstre qui ressemble à une mascotte, à la fois pour se protéger du danger ou pour attaquer. Il rencontre Claire lorsqu’il lui sauve la vie sous son apparence de monstre. Mais il commet une imprudence, et laisse tomber son téléphone ce qui permet à Claire de le retrouver en tant qu’humain. Mais contre toute attente, elle n’est pas surprise ni même effrayée. Elle lui propose une collaboration. Claire recherche sa sœur qui peut, elle aussi, se transformer en monstre. Une façon bien facile de la retrouver, est qu’un autre monstre la piste. C’est là qu’intervient Shûichi.

Ensemble, ils vont tenter de retrouver la sœur de Claire. Et par ensemble, je veux bien dire entièrement fusionnel. Lorsque Shûichi se transforme en monstre, quelqu’un a la possibilité de… Rentrer dans son corps par une fermeture éclair dans son dos. Et c’est ce que va faire Claire. Ensemble, ils ne font plus qu’un, pour vivre des aventures complètement folles. Sans oublier de mystérieuses médailles qui attirent bon nombre de créatures déjantées et qui n’aiment pas qu’on se mette en travers de leur chemin…

Sun Takeda est aux manettes de cette superbe série. Gleipnir tome 2 est à retrouver aux éditions Kana (Smokin’ parade, Ryle et Louis).

  • Gleipnir tome 2
  • Auteur : Sun Takeda
  • Editeur : Kana collection Dark
  • Parution : 6 avril 2018
  • Prix : 7,45 €
  • ISBN : 9782505069973

Résumé de l’éditeur : Shûichi Kagaya, un lycéen jusqu’ici sans histoires devient subitement capable de se transformer en un gigantesque « monstre » aux capacités hors normes. Il sauve ainsi la vie de Claire coincée dans une maison en feu. Mais Claire découvre son secret et également qu’elle a la possibilité de se faufiler, par le biais d’une fermeture éclair, dans la mascotte incarnée par Shuîchi. Et si Shuîchi n’était pas le seul dans ce cas !? Qu’est-ce qui attend ces deux lycéens désormais liés par le destin !? Leur plus grand combat est sur le point de commencer !! Ne faisons plus qu’un… à la vie, à la mort !

Versipelle, tome 2/2 : Eté

Caché dans un petit village, Harding attend que deux places se libèrent sur un bateau pour fuir. Il faut souligner qu’il est pris en chasse par Sigurd et ses hommes. Second très joli tome de Versipelle par Isabelle Bauthian et Anne-Catherine Ott.

Pour (re)découvrir le volume précédent de Versipelle, c’est ici.

Marqué à vie par la peau du versipelle, Harding se sent de plus en plus mal. Si sa femme tente de le réconforter, ce n’est pas toujours simple pour elle. Cachés dans un petit village côtier, ils attendent patiemment que deux places se libèrent sur le prochain bateau et fuir le plus loin possible Sigurd et ses sbires. Il faut dire que ce dernier tente de retrouver l’assassin de son père – Harding – et récupérer ainsi la toison magique…

Aventure enlevé et accrocheuse, la seconde partie de l’histoire de Versipelle est aussi prenante que la première. Très documenté et excellemment écrit, le récit de Isabelle Bauthian (Alyssa & Effleurés) est construit comme une fable teinté de légendes de la mythologie nordique. En plus des loup-garous, elle met en scène le Draugr – créature vampirique – mais aussi l’Ulfhednar – un puissant guerrier loup – ou encore les Nornes – déesses tisseuses de vie comparables aux 3 Moires chez les Grecs antiques.

A cela, elle ajoute des passages de romance entre Randi, une loeknir et Sigurd plus jeunes, souvent bouleversés par les esprits, revenant ainsi sur le passé de l’un de ses personnages.

Comme pour le premier volet de cette belle saga, nous sommes impressionnés par la partie graphique de Anne-Catherine Ott. Ses planches sont d’une grande élégance et d’une belle vitalité. Par son trait doux, elle donne énormément de mouvement à ses personnages. Les décors naturels et les couleurs apportent beaucoup à l’ambiance fantastique du récit.

Versipelle : Après Havre, Bauthian et Ott transforment leur essai avec cette très jolie série fantastique portée par un dessin de haut-vol. Deux autrices à suivre de près…

  • Versipelle, tome 2/2 : Ete
  • Scénariste : Isabelle Bauthian
  • Dessinatrice : Anne-Catherine Ott
  • Editeur : Akileos
  • Prix : 16€
  • Parution : 28 mars 2018
  • IBAN : 9782355742989

Résumé de l’éditeur : Maudit par la peau du Versipelle, Harding a trouvé refuge dans un port et cherche un embarquement qui lui permettra de s’éloigner de ses démons et de la vengeance de Sigurd. Mais il doit faire vite, car ce dernier, toujours accompagné de sa meute, de Randi et du draugr de Folker, se rapproche plus chaque jour…

Geisha ou le jeu du shamisen, volume 2

Après un premier volume qui nous avait enchanté, Geisha ou le jeu du shamisen s’offre un second tome toujours aussi séduisant, une très belle série signée Christian Perrissin et Christian Durieux aux éditions Futurpolis.

Setsuko a maintenant 18 ans, elle est plus aguerrie; elle est geisha. Pourtant sa vie n’est pas aussi rose qu’elle le voudrait. Notamment la santé déclinante de Mme Tsushima (Okaa- San) la patronne de l’okiya. Pour soulager la femme malade, La Renarde joue des mélodies sur son shamisen.

Côté travail, Setsuko devient la favorite de Morita, un homme marié et fortuné. Côté shamisen, elle fait d’énormes progrès…

Ce second volet de Geisha ou le jeu du shamisen est toujours aussi accrocheur que le premier. L’histoire imaginée par Christian Perrissin (Là où nait la brume) pique notre curiosité par son dépaysement et ses sujets qui font encore écho actuellement : geisha, place de la femme dans la société japonaise, patriarcat oppressant, musique et développement économique du pays.

Très documenté pour rendre le récit réaliste, Geisha ou le jeu du shamisen met aussi en lumière les changements forts dans cette période au Japon. Un changement d’ère, de société. La transmission des traditions (shamisen, travail des geishas), deuil ou amours impossibles sont aussi au cœur de cette merveilleuse fresque historique.

Ce superbe portrait de femme bénéficie de l’élégance du trait de Christian Durieux. S’inspirant des estampes ou des peintures du pays du Soleil Levant, l’auteur de Le captivé (avec Christophe Dabitch) réalise merveille sur merveille.

  • Geisha ou le jeu du shamisen, volume 2/2
  • Scénariste : Christian Perrissin
  • Dessinateur : Christian Durieux
  • Editeur : Futuropolis
  • Parution : 12 avril 2018
  • Prix : 18€
  • ISBN : 9782754822855

Résumé de l’éditeur : À 18 ans, Setsuko Tsuda est devenue une geisha, son apprentissage terminé. Elle a surtout perfectionné son jeu du shamisen, cette guitare à trois cordes qui accompagne le chant des geisha et dont la mélopée peut s’avérer des plus envoûtantes quand on en joue divinement. Mais pour le moment c’est à la montagne qu’elle exerce son art. Elle accompagne Okaa-san, la geisha qui l’a formée, gravement malade et contagieuse, qui tente de se remettre de son mal. Loin de l’okiya, Setsuko fait le point sur sa jeune existence. Car elle traverse une mauvaise passe depuis quelque temps. Elle ne progresse plus au shamisen, les clients la trouvent distante et elle a moins d’engagement. Est-elle déjà lasse de son métier ? À l’auberge où elle réside, elle rencontre Shuji Ariyoshi, étudiant en littérature française à Tokyo, qui veut devenir écrivain, dont la fantaisie et la joie de vivre la fascine.

 

International Iron Man, volume 1 : En quête de vérité

Apprenant que Maria et Howard Stark ne sont pas ses parents, Tony alias Iron Man se met en quête de retrouver ses vrais géniteurs. Brian Michael Bendis et Alex Maleev révèlent enfin la vérité dans International Iron Man, en quête de vérité.

Quelle très beau dessin de Alex Maleev ! Elégantes et légèrement rétro par ses couleurs – signées Paul Mounts – les planches du dessinateur de Infamous Iron Man apportent beaucoup dans le récit de Brian Michael Bendis. Son trait réaliste anguleux convient parfaitement pour dépeindre la vie de Tony Stark. Il réussit aussi – avec un dessin stylisé et élégant – à rendre crédible les scènes d’action et de combats.

Quant à l’histoire de Brian M. Bendis, elle navigue entre l’époque où Iron Man est en fâcheuse posture en Bulgarie (contre les robots de l’armée soviétique) et 20 ans plus tôt. Le scénariste de Secret Wars : Old man Logan, Hellspawn intégrale ou Jessica Jones révèle avec parcimonie le passé de son personnage principal. Comme bon nombre de super-héros, Tony Stark est aussi un enfant abandonné ou orphelin, élevé par une famille d’accueil (Spider-Man, Batman…). Sans trop en dévoiler, le lecteur comprendra les liens parfois distendus avec Howard, le vendeur d’armes milliardaire mais aussi pourquoi Maria n’eut pas la chance de porter un bébé.

International Iron Man : une enquête passionnante sur le passé du super-héros. A lire pour découvrir un peu de sa vie très riche.

  • International Iron Man, en quête de vérité
  • Scénariste : Brian Michael Bendis
  • Dessinateur : Alex Maleev
  • Coloriste : Paul Mounts
  • Editeur : Marvel
  • Parution : 18 avril 2018
  • Prix : 18€
  • ISBN : 9782809469806

Résumé de l’éditeur : Tony Stark a appris que ses parents l’avait adopté mais une question reste encore sans réponse : qui sont les parents biologiques du millionnaire aventurier ? Iron Man mène l’enquête.