Memento Mori

L’autrice de Moi, Mikko et Annikki, Tiiki Takalo fut victime d’une hémorragie cérébrale. Elle raconte ce moment douloureux dans Memento Mori aux éditions Sarbacane.

Pour Tiitu la soirée commençait bien et allait être belle… mais d’un seul coup une immense douleur, impossible de bouger, elle téléphone aux urgences, on la fait patienter, les douleurs ne s’arrêtent pas, elle vomit…. Enfin, au second appel, avec réticence, elle est transférée à l’hôpital… Ce n’est pas rien .. Elle vient de faire une hémorragie cérébrale. Elle aurait pu mourir… Prise en charge opérée.. La guérison va être longue…

Parfois les médecins n’ont pas de réponse et à 37 ans, elle ne sait pas pourquoi ça lui est arrivé. En nous parlant de son histoire personnelle, elle se met totalement à nue. Elle aborde plusieurs sujets, la prise en charge par les services médicaux d’urgence, le vide, les doutes, la peur ne pas revivre normalement, la peur de mourir et la dépression mais pas seulement. Ce combat, son combat est celui de nombreuses personnes qui parfois, ne peuvent plus revivre comme avant. Ce soir là elle aurait pu mourir… Mais ce jour là n’est que le début d’un long chemin pour retrouver une vie « normale ».

Whaouuuu, Memento Mori de Tiitu Takalo met en image un récit prenant, fort, douloureux, intense et elle nous la donne avec toute sa sincérité ainsi que tout le chemin qu’elle a dû parcourir pour pouvoir écrire à nouveau. C’est une vraie leçon de vie. Terriblement touchant, on ressent l’urgence de vivre après cette lecture.

  • Memento Mori
  • Autrice : Tiiki Takalo
  • Éditeur : Sarbacane
  • Prix : 25 €
  • Parution : 03 mars 2021
  • ISBN : 9782377316151

Résumé de l’éditeur : La fureur de vivre… Le 4 décembre 2015 avait tout d’une belle soirée. Un projet d’exposition sur le point d’être finalisé, un bon film entre amis, quelques mots doux échangés avec son amoureux… Quand Tiitu s’endort paisiblement dans son appartement de Tampere, elle est loin de se douter que sa vie est sur le point de basculer, qu’une hémorragie cérébrale va la conduire, à 37 ans et en l’espace d’une nuit, au bord du précipice. Et pourtant, tout ne fait que commencer. Tiitu a survécu et elle doit désormais réapprendre à vivre, pas à pas, au rythme des soins infirmiers et d’opérations lourdes, grâce aux deux amours de sa vie, Mikko et le dessin…

La nouvelle est une alien

Lorsque les quatre détectives du cagibi pensent que Lily, la nouvelle, est une alien, cela donne La nouvelle est une alien, le joli album jeunesse de Tanja Esch.

Sacha arrive au collège. Tout de suite, l’adolescent est attiré par la vue d’un couple un peu étrange. Ce sont les parents de Lily, la nouvelle camarade du garçon.

Il n’en fallait pas plus pour que Sacha en parle à Rita, Nils et Théo, les autres membres du Club des détectives du cagibi.

Les quatre adolescents décident d’enquêter sur cette famille bizarre. Ils en arrivent à la conclusion que Lily est une alien…

Extrapolation et exagération des informations sont au cœur de La nouvelle est une alien. Tanja Esch imagine une très jolie enquête à la lisère du fantastique. Cette aventure est teintée de suspense et emplie de tensions.

Pour cet album, l’autrice de Super cool aborde aussi les thématiques de la peur, de la méfiance de l’étranger, celui différent de nous. En surinterprétant les faits et gestes de la famille de Lily, on sombre dans une bêtise et parfois même un malaise. Qui sont-ils pour espionner ce couple et ses enfants ? Pourquoi font-ils cela ? La curiosité ? L’ignorance ? Un jeu ?

Sans jamais être moralisatrice, Tanja Esch pose simplement les faits, aux lecteurs de se forger leur opinion. Pour désamorcer ce thème un peu fort, l’autrice allemande n’hésite pas à avoir recours à l’humour. Rire de la situation pour la faire comprendre.

Le trait de Tanja Esch est très rond, ce qui apporte beaucoup de lisibilité aux cases et à l’action.

  • Les détectives du cagibi : La nouvelle est une alien
  • Autrice : Tanja Esch
  • Éditeur : Biscoto
  • Prix : 17 €
  • Parution : 17 janvier 2021
  • ISBN : 9782379620294

Résumé de l’éditeur : Nils, Rita, Sacha et Théo, les quatre Détectives du Cagibi, résolvent des enquêtes de toutes sortes. Enfin… ils aimeraient bien ! Mais dans le quartier, il ne se passe RIEN, pas le moindre petit mystère, pas le moindre comportement étrange… jusqu’à l’arrivée de Lily, la nouvelle de l’école. Elle est super bizarre ! Vraiment suspecte ! Si on cherche bien, on devrait trouver quelques indices troublants, non ? En deux mots : Un groupe de jeunes détectives prêts à tout, une enquête haletante qui prend des virages de plus en plus étranges à mesure que le récit progresse, des dessins dynamiques… Tanja Esch propose à ses jeunes lecteurs une aventure pleine de tension mêlant enquête policière… et science-fiction. Une bande dessinée qui pose des questions essentielles : jusqu’où la pression du groupe, mais aussi la méfiance et la peur de ce qui nous est étranger, peuvent-elles nous mener ?

Trajectoire de femme

A travers Trajectoire de femme, Erin Williams raconte sa vie, celle d’une femme violée, alcoolique et mère d’une fille. Cette poignante autobiographie est éditée par Massot.

Erin vient d’avoir une fille qui, le soir lorsqu’elle rentre du travail, gazouille de joie. Mais avant d’en arriver là, sa vie était un vrai cahot. Elle a été violée, plusieurs fois, elle était alcoolique (l’un est lié l’autre, l’autre est lié à l’un), son corps et son esprit étaient un champ de ruines maintes fois piétiné… Mais un jour, elle a su qu’elle devait arrêter de boire, pas pour avoir un enfant, mais parce qu’elle ne voulait pas mourir…

L’autrice nous raconte sa vie, à travers une journée, de son réveil, son départ au travail jusqu’à son retour à la maison… une journée où elle nous décrit sa vie sous la forme de flash-back. Ses rencontres, ses viols, son alcoolisme, sa résilience, son combat pour la vie. Un journal intime fort, intense, douloureux … Je ne m’attendais pas à ça… pas sous cette forme là. Je n’étais pas attiré par le graphisme au premier coup d’œil, mais l’histoire me semblait NÉCESSAIRE.

Dans Trajectoire de femme, Erin Williams nous met une claque, elle nous bouscule, elle nous exhorte à réagir. Elle parle aux hommes, ceux qui se sont servis sans demander, ceux qui on dit « tu n’as pas dit non » ceux qui se pensent tout permis. Elle se parle à elle-même… Elle nous parle à tous. Un cri de vérité un message hurlé et un message apaisé dans cette reconstruction. Une lecture qui vous retourne vous tord les boyaux, une lecture qui va rester… Une lecture à partager pour qu’un jour on n’en ait plus besoin.

  • Trajectoire de femme
  • Autrice : Erin Williams
  • Éditeur : Massot
  • Prix : 26 €
  • Parution : 04 mars 2021
  • ISBN : 9782380352269

Résumé de l’éditeur : Il s’agit d’une bande-dessinée autobiographique écrite et dessinée par Erin Williams. L’autrice, qui vit à New-York, raconte son trajet quotidien dans le train qui l’amène de sa banlieue à Manhattan. Au-delà de cet itinéraire à travers la ville, elle raconte son itinéraire personnel. Elle parle des combats qu’elle a menés : les viols dont elle a été victime, sa lutte contre l’alcoolisme, son accouchement difficile. Les dessins, principalement en noir et blanc, sont d’une sobriété troublante et empreints de poésie aussi, avec notamment des planches de New-York superbes. Sincère sans être sombre, le « mémoire graphique » d’Erin Williams est avant tout l’histoire d’une renaissance. La jeune femme tombe amoureuse puis enceinte, arrête de boire, reprend ses études, et réapprend progressivement à vivre.

Les oiseaux

Les oiseaux, c’est le nouveau très bel album de Troubs, entre écologie et rêve, aux éditions Futuropolis.

La nature, l’Homme et les rapports entre les deux sont toujours le cœur des albums de Troubs. L’auteur originaire de Bordeaux aime raconter ce lien qui se distend parfois mais peut aussi rapprocher les êtres vivants.

Ainsi après La longue marche des éléphants, Mon voisin Raymond, Chemins de pierres, Humains la Roya est un fleuve et Cuisine centrale, Troubs continue d’interroger le monde qui l’entoure toujours avec conviction et force. Pour ce nouvel album, c’est à travers les oiseaux qu’il le fait.

Pour cela, il met en scène le narrateur (lui-même) dans les forêts apaisantes de Dordogne mais également le bouillonnement de Beyrouth. Il faut souligner que Troubs connait la capitale libanaise pour y avoir séjourné plusieurs fois.

Le héros interagit avec les oiseaux qu’il croise. Tous lui parlent. Entre rêve et réalité, il tente de mettre en lumière les rôles essentiels des volatiles sur Terre.

De leur bec et leurs paroles, ils mettent en garde les Hommes contre l’effet dévastateur de leurs gestes sur la nature.

Les oiseaux : c’est beau, c’est touchant, c’est fort. Un vrai hymne et un message à la nature et aux oiseaux sur terre.

  • Les oiseaux
  • Auteur : Troubs
  • Éditeur : Futuropolis
  • Prix : 17 €
  • Parution : 10 février 2021
  • ISBN : 9782754827492

Résumé de l’éditeur : Troubs entame un voyage philosophique et écologique entre sa Dordogne et Beyrouth et dialogue avec les tourterelles et les passereaux qui lui parlent du réchauffement climatique. En France, les oiseaux disparaissent de nos campagnes, alors qu’au Liban, malgré les guerres et les destructions, la nature arrive à s’adapter et même parfois à reprendre ses droits. Mais pour combien de temps ? Suite improbable de Mon voisin Raymond, par les lieux parcourus, les contacts humains et un art particulier de la contemplation, Les Oiseaux est une réflexion sur l’écologie et la négligence des hommes. Une oeuvre salvatrice, pleine de poésie, et même d’espoir.

 

Dunce

Présenté comme le renouveau du comic strip, Dunce de Jens K débarque en France aux éditions 404 Comics.

Jens K est auteur norvégien très connu dans son pays. Il est en effet le créateur de la série Dunce, un comic strip publié dans 15 journaux et deux mensuels.

C’est en 2016 que Jens K décide de mettre en image Dunce, équivalent  en français du mot anglais d’imbécile, idiot. Mais pourquoi affubler ce nom à ses personnages ? Tout simplement parce qu’ils rivalisent de bêtises, d’à peu près, d’a priori et autres quiproquos.

Dunce, c’est l’histoire de Jens, un homme coiffé d’une bonnet pointu jaune et d’une bouche surdimensionnée lorsqu’il se met en colère. Serait-ce le double de papier de Jens K ? Qui sait ? En tout cas, si c’est son alter ego, il ne se donne jamais le beau rôle.

Ses collègues : aussi fous que lui ! Ses enfants : toujours les meilleurs en réparties et autres punchlines. Reste Brego, le chien doué de parole, qui semble être le plus « normal » de la famille.

A travers 176 pages, Jens K rivalise d’imagination pour mettre ses héros dans des situations plus invraisemblables les unes que les autres.

L’éditeur Nicolas Beaujouan parle même de Dunce comme d’un nouveau Calvin & Hobbes, Pogo ou Peanuts. Nous n’irons pas jusque-là. La faute à quelques strips dont on ne saisit pas toutes les subtilités contrairement aux illustres anciens nommés ci-dessus. La traduction ? Les références ? Les deux ?

Restent des mini-récits amusants et bien campés, ainsi qu’un dessin moderne et très lisible. Jens K aime Astérix, The Spirit, Tintin, Tank Girl ou Cul de sac. En espérant pour lui qu’il puisse un jour atteindre un peu de notoriété comme on pu goûter Goscinny & Uderzo, Will Eisner, Hergé ou Thompson.

  • Dunce, En roue libre
  • Auteur : Jens K
  • Éditeur : 404 Comics
  • Prix : 19,90 €
  • Parution : 1er avril 2021
  • ISBN : 9791032404102

Résumé de l’éditeur : Le nouveau phénomène du comic strip venu de Norvège ! Faites la connaissance de Jens, Gustave, Brego et leurs amis dans leurs aventures septentrionales. Entre un espace de co-working branché où personne ne fait rien mais développe une application smartphone pour cela, une dépression d’automne qui s’installe, Brego, le chien, qui aide Gustav pour son exposé scolaire sur les oiseaux puisqu’il est lui-même un caboiseau ou les sessions de camping en intérieur… Dans ce premier tome composé entre 2018 et 2019, plus de 270 strips sont compilés, témoignage de la naissance d’une série marquante et d’un auteur terriblement attachant. Depuis le nord du cercle polaire arctique, on n’a jamais aussi bien mis en lumière la bêtise navrante, touchante, simplement humaine qui compose notre quotidien. Dans la plus pure tradition du comic strip (Calvin & Hobbes, Snoopy, Bones, Garfield…) Jens K. Styve arrive à être à la fois drôle, faussement naïf et le plus souvent clairvoyant. Autobiographie passée par le miroir déformant d’un humour caustique, qui prend pour acteurs les membres de sa propre famille, ses collègues et son chien. Dunce frappe droit au coeur !

Elya et sa tribu

Après Migali, les éditions Auzou proposent Elya et sa tribu, une série jeunesse sympathique signée Milena.

Vers -12 000 de notre ère. Les hommes de la tribu sont partis à la chasse au mammouth. Pour débusquer le gros animal, ils utilisent Léo, leur hyaenodon. Rapide, le petit félin est très rusé. Il appartient à Elya, la fille de Key et Noa.

Ce soir-là, le dîner est un moment particulier : c’est le dernier dans la tribu pour la famille d’Elya. Le lendemain, les trois et Léo partiront vers le sud pour s’y installer. Finie la neige, bonjour les grosses chaleurs. Cette migration est le début d’une aventure pour Elya et sa tribu

Née en 1991 à Tours, Milena n’est pas une inconnue dans le monde de l’illustration et de la bande dessinée. Après des études aux beaux-arts de Quimper, à l’Académie royale de beaux-arts de Bruxelles et à l’école Saint-Luc de Liège, elle publie Les enfants de l’été son premier album.

C’est après avoir visionné un film d’animation sur la Préhistoire que la jeune autrice a l’idée de créer Elya et sa tribu.

Si elle s’autorise quelques entorses à la véracité historique, ce premier volume est plaisant et suit les aventures familiales de la petite fille, de ses parents et de Léo.

Comme le montre Le carnet de Léo, dossier de 18 pages en fin d’album, Milena a néanmoins utilisé des animaux préhistoriques ayant véritablement existé.

Les jeunes lecteurs apprécient l’enthousiasme et l’humour de ce premier opus apportent de la modernité et de la fraicheur à Elya et sa tribu.

Pour pimenter son récit, l’autrice tourangelle n’hésite pas à glisser des obstacles dans les pattes des protagonistes (gros oiseaux). L’amitié et l’entraide sont aussi le cœur de cet album. Milena tisse un vrai lien sympathique entre Léo et Elya.

  • Elya et sa tribu, tome 1 : Les oiseaux de terreur
  • Autrice : Milena
  • Éditeur : Auzou BD
  • Prix : 10,95 €
  • Parution : 04 mars 2021
  • ISBN : 9782733881643

Résumé de l’éditeur :

Nowhere Girl

A 11 ans, Magali aime John, Paul, George et Ringo, le célèbre quatuor formant les Beatles. Magali Le Huche dévoile Nowhere Girl, une sympathique autobiographie chez Dargaud, autour de la phobie scolaire.

Magali est une jeune fille heureuse et bientôt, elle entre en 6e avec la volonté de s’intégrer. Elle a même décidé qu’elle serait une super bonne élève, même si ça n’a pas toujours été le cas. Mais très vite, elle ressent un réel malaise, de plus en plus présent, jusqu’au jour où elle en fait véritablement un en classe. Les jours qui suivent sont de plus en plus durs avec une incapacité à revenir au collège. Bien entourée par sa famille, suivie par une spécialiste, le diagnostic est là : phobie scolaire… Accompagnée par une psychologue et par les Beatles elle va trouver les clefs qui lui permettent aujourd’hui d’être cette autrice que l’on connaît.

Aborder la phobie scolaire avec sérieux et légèreté n’est pas chose aisée et pourtant en racontant sa propre histoire Magali Le Huche y arrive avec brio. Aux côtés de John, Paul, George et Ringo, qu’elle nous fait découvrir à sa manière, elle nous livre une bande dessinée sensible et drôle avec énormément de pep’s dans le graphisme.

Nowhere Girl est une vraie merveille et qui plus plus est, d’une fraîcheur exquise. Un trouble méconnu, difficilement compréhensible, souvent mal interprété (il/elle a pas envie.. c’est de la comédie) et pourtant un trouble bien réel. Merci pour cette lecture d’une bienveillance remarquable. Une lecture positive et musicale. Un album qui s’inscrit dans ces derniers mois très musicaux dans le monde du 9e art : Les amants d’Hérouville, Leonard Cohen sur un fil et Une histoire du Velvet Underground.

  • Nowhere Girl
  • Autrice : Magali Le Huche
  • Editeur : Dargaud
  • Prix : 19,99 €
  • Parution : 05 mars 2021
  • ISBN : 9782205085037

Résumé de l’éditeur : Magali a 11 ans. Elle aime les Beatles, dans la catégorie « passionnément » ou « à la folie ». Ce qu’elle aime moins, c’est l’école, surtout depuis qu’elle est au collège. Elle qui pensait être une élève comme les autres éprouve soudainement une peur panique à l’idée d’aller au collège. Telle une « Alice au pays des merveilles », elle se réfugie alors dans l’univers parallèle des Beatles nourri de leur musique et de couleurs éclatantes. Une bande dessinée autobiographique, sensible et drôle, en dépit de la gravité du sujet, la phobie scolaire.

De l’autre côté de l’horizon

Miyake est salaryman à Tokyo. Il travaille assidument. Jusqu’au Burn out. S’offre alors à lui l’opportunité de commencer une nouvelle vie. Hinata Nakamura, à travers « De l’autre côté de l’horizon » nous raconte un virage à 90° degré.

C’était le projet de trop. Tous les jours, sa pile de livre à lire s’agrandit, sa liste de film à voir s’allonge, sa carte des lieux à visiter s’efface derrière sa charge de travail. Il n’a plus le temps de rien, coincé entre ses heures sup’ et les moments où il s’endort d’épuisement. Un matin, il s’effondre simplement. C’est finit, il rend les armes. Et le boulot avec.

Le voilà au chômage, sans projet en perspective. Alors qu’il constate sa situation pour le moins Flou dans un bar avec des amis, un homme à lunettes lui propose un poste de directeur dans un relais postal sur la petite île de Tsukinowa. A la clef, un rythme de vie radicalement opposé à ce qu’il connaissait.

Il accepte et voit ses habitudes bousculées par du temps, du vent, du calme et le bruit des vagues. Il rencontre Hiyoko, un lycéenne qui est également sa collègue et la fille du propriétaire du local du relais postal. Qui est aussi un café. C’est une respiration totale, pleine d’apaisement même si quelques doutes persistes ; comme dans tout changement brutal de vie.

Miyake n’est pas sûr de son choix, mais il décide de suivre son cœur. Advienne que pourra.

A chacun ses interprétations. Ici, j’aime à penser que le titre « De l’autre côté de l’horizon » (nous parlerons que de la traduction française) fait référence autant à l’île au-delà de Tokyo, qu’à la vie au-delà du modèle salariale des métropoles. Ce qu’il y a derrière l’horizon bouchée par la frénésie, comme si les yeux s’ouvraient pour la première fois.

De l’autre côté de l’horizon est édité – en trois tomes – chez Delcourt/Tonkam dans la collection Moonlight. Une collection qui met à l’honneur les tranches de vie qui retournent les conventions. Tout en préservant une douceur d’esprit, une ambiance légère entre la sérénité et la mélancolie. Le manga de Hinata Nakamura se glisse joyeusement dans ce domaine. Parmi les mangas qui, d’une part, font réfléchir et qui, en plus, font du bien.

Une lecture agréable et qui donne des envies d’océan, de livre et de printemps.

  • De l’autre côté de l’horizon
  • Autrice : Hinata Nakamura
  • Editeur : Delcourt/Tonkam, collection Moonlight
  • Prix : 7,99 €
  • Parution : 17 février 2021
  • ISBN : 9782413038252

Résumé de l’éditeur : Miyake, jeune salaryman tokyoïte, ne supporte plus sa vie d’employé surmené. Il décide, du jour au lendemain, de tout quitter pour rejoindre l’île de Tsukinowa où il va gérer un petit bureau de Poste. La crainte de laisser derrière lui son quotidien bien rangé va se muer en une véritable redécouverte de soi. Une nouvelle vie, en harmonie avec celui qu’il souhaite réellement être, s’ouvre à lui…

Corps Solitaires

Michi a 32 ans. Mariée depuis 5 ans, elle a un problème très embêtant : depuis 2 ans son mari et elle n’ont plus de relation sexuelle. Haru Haruno nous emmène dans l’intimité d’un couple plus si jeune. 

Michi pensait être seule à avoir ce type de problème. Depuis 2 ans son mari, , n’a accepté aucune relation sexuelle. Elle ne sait pas pourquoi. Pourtant elle n’a pas envie d’aller voir ailleurs. Et apparemment non plus…

Elle aime et ce qu’elle veut, ce n’est pas juste du sexe. C’est bel est bien faire l’amour avec son conjoint.

Sauf qu’après deux ans, Michi arrive à bout. A partir de maintenant, c’est leur relation qui va en pâtir. Alors comment faire ? Tandis qu’elle boit un verre avec un collègue de travail, Makoto Niina, elle se surprend à raconter ses histoires de couple. Et Niina lui répond que lui non plus n’a pas eu de relation sexuelle avec sa femme depuis un moment.

Corps solitaires nous immerge dans les troubles d’un couple de façon intimiste mais sans être indiscret non plus. Il aborde autant les doutes et les attentes de Michi que les incertitudes et les sentiments de . Dans ce conflit bourré d’incompréhension, Niina est un soutien bienvenu. Il apporte une respiration apaisante aussi bien à Michi qu’à nous, lecteur. Il amène un certain nombre de réponses mais aussi de nouvelles questions.

Corps Solitaires, édité chez Kana est un recueil de relation humaine. Parce-ce que le couple, ce n’est jamais comme dans les contes de fée. Il y a ceux qui s’entêtent, ceux qui passent, ceux qui se taisent et ceux qui discutent… Le manga dépeint plusieurs relations possibles parmi la multitude qui existe.  Il sort du cadre de la jolie histoire et brise les tabous. Un manga moderne à mettre sur ses étagères au côté de Just not Married, Tokyo Tarareba Girls ou encore Our colorfull days.

  • Corps Solitaire
  • Autrice : Haru Haruno
  • Editeur : Kana, collection Big Kana
  • Prix : 7,45 €
  • Parution : 02 octobre 2020
  • ISBN :9782505084662

Résumé de l’éditeur : Michi a 32 ans. Sa relation avec son mari n’est pas mauvaise mais une seule chose fait défaut : cela fait 2 ans qu’ils n’ont plus de relations sexuelles.
Lors d’une soirée entre collègues, elle se confie à l’un deux. Makoto a le même problème mais c’est sa femme qui ne semble plus avoir de désir pour lui… Pouvoir en parler permet à Michi de reprendre espoir et de se lancer dans la reconquête de son mari…

Blue Period T2

Blue Period. Yatora s’est engagé dans la voie de l’art. Son but ? Entrer dans la prestigieuse Université d’art de Tokyo. Mais il a qu’un an pour être à niveau. Tsubasa Yamaguchi conjugue une nouvelle fois shônen et cours de dessin.

Maintenant qu’il a fait son choix, Yatora doit être à la hauteur et surtout : convaincre ses parents que ça vaut le coup. L’université de Tokyo est la moins chère de toutes, mais aussi la plus prisée. Pour y entrer, le lycéen tout juste passionné par le dessin, va devoir redoubler de persévérance.

Mais pas seulement pour maîtriser toutes les techniques de dessin… L’art est avant tout une question d’émotions, quelque chose de sensible et qui, de fait, n’appartient qu’à soi. Yatora doit apprendre non seulement la technique, mais aussi éduquer ses sens dans l’univers gigantesque qu’est l’art. Et surtout : il doit apprendre ce qu’il aime lui-même.

Le tome 2 de Blue Period – édité chez Pika édition – est une farandole de confrontations. De Yatora envers lui-même, envers ses parents, ses camarades, ses futurs adversaires, ses professeurs. Envers sa vision de l’art, construite puis déconstruite, encore et encore. Le jeune homme se rend compte peu à peu de la montagne qu’il s’est engagé à gravir. Et ça ne va pas être qu’une partie de plaisir.

C’est précisément parce-que Tsubasa Yamaguchi arrive à nous faire comprendre la taille de cette montagne que Blue Period est passionnant. Ce tome 2 reprend les enjeux du tome 1 et augmente toutes les difficultés. C’est un Seinen construit comme un Shônen.

Le lecteur s’enfonce un peu plus loin dans le domaine des artistes. D’une part dans la connaissance du milieu et d’autre part dans les cours de dessin. Tsubasa Yamaguchi continue de nous enseigner les techniques et les astuces des dessinateurs. Cela donne définitivement envie de se mettre ou se remettre au dessin.

Blue Period est une addiction positive : elle enseigne et motive, autant qu’elle nous divertie.

  • Blue Period T2
  • Autrice : Tsubasa Yamaguchi
  • Editeur : Pika Edition
  • Prix : 7,50€
  • Parution : 17 mars 2021
  • ISBN : 9782811660284

Résumé de l’éditeur : Yatora avait décidé de poursuivre des études prestigieuses pour répondre aux exigences de son entourage. Mais pour assouvir la frénésie dévorante du désir qu’il ressent en dessinant, il vise d’intégrer la prestigieuse université des Arts de Tokyo. Est-il prêt à sortir de sa zone de confort, à se confronter au regard des autres, à des talents accablants et, surtout, à surmonter sa peur d’échouer ?

Shy

Un jour, les supers-héros sont apparu. Un par pays. Shy est la super-héroïne du Japon. Et comme son nom l’indique, sa principale caractéristique c’est d’être terriblement timide. Comment sauver le monde quand tu voudrais tout simplement disparaître dans un trou de souris ?

Voilà l’histoire que nous raconte Bukimi Miki, aux éditions Kana. Shy est super-héroïne au besoin et collégienne maladivement timide au quotidien. Elle n’est pas héroïne depuis longtemps, donc ses pouvoirs ne sont encore développés. Elle n’a pas confiance en elle et tergiverse souvent avant de se mettre en action. La petite collégienne a donc du chemin à faire avant de pouvoir sauver le monde.

Pourtant, c’est la seule héroïne qui a su bien s’en sortir face à la nouvelle menace. Un adversaire vicieux, puissant et mystérieux vient d’apparaître sur Terre. Les héros ne savent pas encore comment l’affronter ni ce qu’il veut vraiment. Mais une chose est sûr : ça va aller de mal en pis.

Heureusement, le monde compte un paquet de super-héros. Avec des pouvoirs et des caractères différents, mais toujours un point commun : L’envie d’aider son prochain. Ou plus souvent appelé, la gentillesse.

Shy, c’est plus une histoire de confiance en soi que de super-héros. Parce qu’après tout, les super-héros sont confrontés tous les jours au plus terrible adversaire de tous : être sûr de soi quand la moindre action a des répercutions la (sur)vie d’autrui et la société en général.

Shy est une lecture sympathique, très appréciable car elle fait un léger pas de côté dans la vaste bibliothèque des mangas de super-héros. Elle vient parfaitement compléter les thématiques abordées par d’autres comme One Punch Man ou My Hero Academia. Et même si Shy et Deku ont nombre de points communs (la timidité mais également la persévérance et l’abnégation) l’univers dans lequel évolue la jeune héroïne timide a des accents très différent.

L’humain aime beaucoup les supers-héros. Tout en n’étant pas tendre avec eux, mais en reconnaissant son humanité. Si Shy, la grande timide peut être à la hauteur pour sauver tout le monde, peut-être que le courage n’est pas quelque chose d’innée ?

  • Shy T1 & T2
  • Auteur : Bukimi Miki
  • Editeur : Kana
  • Prix : 6.85€
  • Parution : 22 janvier 2021
  • ISBN : 9782505089841

Résumé de l’éditeur : Dans chaque pays, il existe un héros prêt à sauver le Monde.

L’héroïne du Japon est une grande timide et n’est pas très populaire. Pourtant, Shy fait de nombreux efforts et elle est prête à risquer sa vie pour sauver toute personne qui se trouverait en danger !

Mais Shy devra surtout trouver la confiance en elle nécessaire pour affronter la plus grande menace qui pèse sur la planète…

Elles #1

La nouvelle(s) est le titre du premier opus d’Elles, la série jeunesse de Kid Toussaint et Aveline Stokart aux éditions Le Lombard.

Elle est la nouvelle dans le lycée et très vite, elle trouve un petit groupe d’amis. Il y a Maëlys, Otis, Linotte et Farid. Mais un jour, un enchaînement de petites choses change la donne : Elle n’est plus la même… Pourquoi est-elle si différente du jour au lendemain ? Qui est vraiment Elle ?… ou plutôt : Elles ?

Dans cette lecture jeunesse, on suit la jeune héroïne qui change de comportement à chaque fois qu’elle est en situation de stress. Plongée dans cette histoire où l’amitié va avoir un rôle clef, Elle va découvrir en compagnie de Maëlys qu’elle n’est peut être pas celle qu’elle semble être. Côté graphisme (Aveline Stokart) et scénario (Kid Toussaint), on est dans une ambiance similaire à « Dans les yeux de Lya » et ça tombe bien car cette série est géniale.

Mais au-delà de cette impression Elles a son propre univers et l’idée des personnalités multiples est vraiment bien traitée. Vous pouvez la mettre entre toutes les mains on n’est pas dans le film « Split » de Night Shyamalan.

Une très belle lecture jeunesse, j’ai passé un très bon moment et j’ai très envie d’en découvrir plus sur l’histoire de cette jeune fille. Ce premier tome est prometteur.

  • Elles, tome 1 : La nouvelle(s)
  • Scénariste : Kid Toussaint
  • Dessinatrice : Aveline Stokart
  • Editeur : Le Lombard
  • Prix : 12,45 €
  • Parution : 26 mars 2021
  • ISBN : 9782754829298

Résumé de l’éditeur : Elle, c’est une fille un peu comme tout le monde mais pas tout à fait comme les autres. Jeune fille pétillante et équilibrée, c’est tout naturellement qu’elle est intégrée dans une joyeuse bande d’amis dès son arrivée au collège Mercury. Mais se doutent-ils qu’Elle n’est pas seule ? Elle serait même plutôt cinq… Cinq personnalités hautes en couleurs et pas toujours amicales. Qui est Elle, réellement ?